FR 3.5 - La métamorphose de Nathanaël Berthon

Pour la première fois de la saison de Formula Renault 3

Pour la première fois de la saison de Formula Renault 3.5 Series, Nathanaël Berthon a obtenu un podium, le week-end dernier à Silverstone. Histoire d’une métamorphose courageuse et gagnante.

Si le dicton affirme que la nuit porte conseil, Nathanaël Berthon a mis à profit les sept semaines de sommeil de la Formula Renault 3.5 Series pendant l’été pour s’abreuver de conseils et trouver une nouvelle inspiration salvatrice. Auprès de la Fédération Française du Sport Automobile – et notamment de son préparateur physique de la FFSA, David Alaria – mais aussi de l’ancien directeur d’écuries F1, Peter Collins, Nathanaël a puisé une nouvelle force. "J’ai beaucoup travaillé sur moi cet été," reconnaît humblement l’Auvergnat qui a fait table rase d’un passé récent qui ne faisait pas honneur à son talent. "J’aurais dû courir en GP2 cette année et ma tête est restée là-bas. Mentalement et physiquement, je n’étais pas prêt à relever le défi de la FR3.5. Maintenant j’y suis bien et je commence à m’épanouir !"

Après six meetings et 8 maigres points marqués, Nathanaël s’est livré à son introspection, sans concession. "J’ai tout changé : mon approche avec Peter Collins, ma préparation physique grâce à David Alaria et enfin mon pilotage. La voiture préparée par ISR ne me convenait pas en début de saison mais on a continué à se fourvoyer. Je souffrais de sous-virage et j’ai dû accepter de modifier mon pilotage pour exploiter le plein potentiel de l’auto," poursuit Nathanaël qui a également débusqué plusieurs loups dans son package : une géométrie bancale et la présence d’eau dans ses pneus, injectée par un compresseur défaillant qui rendait formidablement versatile le comportement des pneus d’un train à l’autre.

Les résultats de ce travail de Titan ne se sont pas fait attendre avec un podium et une 4ème place à Silverstone – un total de 27 points qui jette aux oubliettes ses hésitations de début d’année et qui le propulse de la 20ème à la 12ème place au classement général. "Le plus gratifiant est d’avoir été toujours aussi rapide, et parfois plus, que mon équipier Daniel Ricciardo," souligne le membre de l’Equipe de France FFSA Circuit, auteur des 4ème et 3ème meilleurs temps des deux séances qualificatives. Pilote de Formule 1, appelé à occuper de grandes fonctions dans le dispositif Red Bull dans les années à venir, Ricciardo jouit d’une solide réputation de pilote rapide. "Sa crédibilité est immense. Le battre de deux dixièmes dans la seconde qualification est certainement la performance la plus emblématique de mon week-end," sourit Nathanaël en oubliant presque qu’il a fait montre de rapidité, d’opportunisme et d’intelligence de course pour s’octroyer les 4ème et 3ème places des deux courses disputées sur le circuit du Comté de Northampton. Samedi, il s’installait à la 4ème place dès le départ et ne la quittait plus jusqu’au drapeau à damier malgré une touchette provoquée par Albert Costa qui aurait pu avoir de sérieuses conséquences sur la santé de sa monture. "C’était la course la plus dure de toute l’année… mais on a fait le spectacle et je suis content pour le public, pour les organisateurs et pour moi ! Mais je dois avouer que lorsque j’ai vu qu’il restait 20 tours je me suis dit que Costa allait finir par me passer."

Mais dans sa nouvelle boîte à outils, Nathanaël a pioché dans l’intelligence de course et le sang-froid. "J’ai remarqué que j’étais plus rapide dans les bouts droits et je me suis appliqué à profiter au maximum de ma vitesse de pointe et à le déstabiliser dans les virages en changeant de trajectoire. J’ai également soigné mes pneus et en fin de course j’étais plus à l’aise que lui."

Le lendemain, Nathanaël était pris en tenaille entre Ricciardo et Costa et chutait au 5ème rang au premier virage. Mais contrairement à tous les passagers de la locomotive de tête – dont l’autre membre de l’Equipe de France FFSA Circuit – Jean-Eric Vergne, alors 2ème dans les roues de Robert Wickens, Nathanaël retardait son arrêt aux stands obligatoire à la fin de la fenêtre réservée à cet effet. "Après la course la plus dure la veille, c’était la meilleure de ma saison !" jubile le pilote ISR. "Je me suis retrouvé en tête et j’ai constaté avec surprise que les pilotes qui avaient changé de pneus étaient moins rapides que moi. Sur les conseils de mon ingénieur, j’ai donc poursuivi ma route. J’ai fait une très bonne entrée dans les stands et un très bon pit stop. Stratégie gagnante !"

Nathanaël retrouvait la piste de Silverstone en s’immisçant dans le duel qui opposait Daniel Ricciardo et Jean-Eric Vergne, lequel expérimentait le paroxysme de la frustration. Relégué en fond de peloton samedi à la suite d’un hoquet de sa boîte de vitesses sur la grille de départ, le natif de Pontoise avait habilement avancé son pit stop par rapport au leader, Robert Wickens, qui le ralentissait. Un écrou de roue lymphatique lui a coûté un coup de sang, trois secondes et trois places. Rossi, Ricciardo et Berthon ont profité des malheurs de Jean-Eric qui a perdu la tête du championnat au profit de Wickens mais qui a la satisfaction d’avoir participé au titre par équipe décroché par Carlin sur ses terres. L’exclusion de la course d’Alexander Rossi pour voiture non-conforme, a promu Jean-Eric à la 4ème place derrière son compatriote et partenaire de l’Equipe de France FFSA Circuit. "Nathanaël s’est très bien défendu et je n’ai jamais été en position de le dépasser car j’étais trop déventé. Mais oui, c’est le week-end frustrant par excellence. Samedi la boîte, dimanche le pit stop. C’est le summum du manque de réussite car sans cette perte de quelques secondes dans les stands j’aurais été devant Rossi et je savais que j’étais plus rapide que Wickens comme l’avait montré le premier relais de la course…" explique Jean-Eric un brin fataliste.

[Communiqué de la FFSA]

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Séries Formule Renault
Pilotes Peter Collins , Robert Wickens , Daniel Ricciardo , Albert Costa , Alexander Rossi , Nathanaël Berthon , Jean-Éric Vergne
Équipes Carlin
Type d'article Actualités