Passer au contenu principal

Ben Sulayem fait sauter la limite de mandats de président de la FIA

La FIA, présidée par Mohammed Ben Sulayem, a approuvé la fin de la limite de trois mandats de président qui avait été mise en place sous Jean Todt.

FIA President Mohammed Ben Sulayem

Photo de : EYE4images / NurPhoto via Getty Images

Comme nous vous le rapportions il y a un peu moins d'un mois, l'Assemblée générale extraordinaire de la FIA, réunie à Macao, a approuvé - sur proposition de Mohammed Ben Sulayem - l'abolition de la limite de trois mandats de président de la fédération. Une information confirmée par une phrase bien cachée dans le communiqué revenant sur les points clés de cette rencontre.

Cette limite de 12 ans maximum - et donc de trois quadriennats - avait été instaurée sous la présidence de Jean Todt et respectée par l'ancien patron de la Scuderia Ferrari, qui avait été à la tête de l'instance entre 2009 et 2021, après avoir succédé à Max Mosley qui avait servi de 1993 à 2009. Ce dernier avait renoncé à se représenter dans un contexte de fronde des écuries et sur fond d'affaire de mœurs.

L'argument avancé depuis le début du processus d'abolition de la limite de mandats a toujours été celui de mettre en cohérence les divers mandats, notamment vis-à-vis des membres du Sénat et du Conseil mondial qui ne sont frappés d'aucune limite.

Réagissant à une sollicitation de Motorsport.com, un porte-parole de la FIA, confirmant la nouvelle, reste d'ailleurs sur cette ligne "Les statuts de la FIA ont été mis à jour afin d'instaurer une approche cohérente en matière de limite des mandats au sein de toutes les instances de la FIA, à l'instar du Conseil mondial et du Sénat. Les amendements proposés ont été approuvés à une majorité qualifiée lors des Assemblées générales extraordinaires."

Puis vient cette phrase quelque peu étonnante, signe sans doute que tout n'est plus si évident désormais "Les instances de la FIA conservent toute latitude pour élire démocratiquement les responsables qu'elles jugent appropriés."

Élu en 2021, Ben Sulayem, aujourd'hui âgé de 64 ans, semble désormais avoir les coudées franches pour espérer prolonger aussi longtemps que possible son règne à la tête de la fédération internationale.

Reste toutefois une barrière, à savoir la limite d'âge de 70 ans, qui lui interdirait de briguer un quatrième mandat, puisqu'il atteindrait cet âge en cours de troisième terme. Toutefois, selon la BBC, l'Émirati aurait bien pour projet de s'attaquer à cet ultime obstacle à l'avenir afin de s'assurer de pouvoir profiter de la fin de la limite qui vient d'être approuvée.

Une présidence mouvementée

Mohammed Ben Sulayem en discussion avec Frédéric Vasseur, le directeur de Ferrari.

Mohammed Ben Sulayem en discussion avec Frédéric Vasseur, le directeur de Ferrari.

Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images

Jusqu'ici, son passage à la tête de la FIA n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Outre ses sorties polémiques sur divers sujets lors de son premier mandat, ainsi que ses affrontement avec les pilotes et avec la FOM sur certains sujets comme la question des grossièretés ou encore l'arrivée en F1 d'Andretti Cadillac, Ben Sulayem a été critiqué pour le tournant autoritaire de sa gestion par divers acteurs des instances.

Un profond malaise s'est d'ailleurs installé au sein de l'instance qui a vu se multiplier les départs de cadres et les attaques contre la façon dont elle était dirigée par Ben Sulayem.

L'un des épisodes récents les plus spectaculaires fut la façon dont les procédures électorales ont été utilisées et/ou modifiées, ce qui a contribué à entraver et même empêcher d'autres candidatures que la sienne lors de l'élection de la fin d'année 2025.

Seul en lice pour sa propre succession, puisque dans les faits personne d'autre ne pouvait respecter les règles de candidature faute de pouvoir nommer un vice-président pour l'Amérique du Sud - Fabiana Ecclestone étant la seule membre du conseil mondial répondant à ce critère géographique tout en appartenant déjà à la liste du sortant -, Ben Sulayem a donc été réélu sans opposition. Cette élection est toutefois contestée devant les tribunaux français.

Il est à noter que l'Assemblée de cette semaine à Macao a encore durci les conditions d'accès à la présidence de la FIA. "Les critères d'éligibilité pour le poste de président de la FIA ont été renforcés et sont désormais davantage alignés sur les critères d'éligibilité existants pour les autres candidats figurant sur la liste présidentielle", peut-on en effet lire dans le communiqué.

Depuis quelques mois, alors que les relations se sont largement pacifiées avec le détenteur des droits commerciaux de la F1, Ben Sulayem est en pointe sur le dossier de la future motorisation de la discipline, avec l'objectif clairement annoncé d'un retour à des moteurs V8 simplifiés et moins chers à l'horizon 2030-2031.

Lire aussi :
Article précédent La revanche se pare de rouge

Meilleurs commentaires