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Opinion

La revanche se pare de rouge

Ils avaient déjà tout gagné, tout prouvé, tout vécu. Pourtant, Lewis Hamilton, Toyota et Marc Márquez viennent de démontrer une nouvelle fois que les plus grands champions ne se contentent pas d'entrer dans l'Histoire : ils refusent d'y rester cloîtrés.

Lewis Hamilton, Ferrari

Photo de : Mark Thompson / Getty Images

"On ne peut pas être et avoir été", paraît-il. Pourtant, en l'espace d'une semaine, ils sont plusieurs à avoir tordu le cou à cette citation de Chamfort. Laissons toutefois de côté tout débat philosophique sur la question pour en revenir aux faits. Car ce à quoi l'on vient d'assister a surtout trait à la force des plus grands champions.

En Catalogne, à 41 ans passés, Lewis Hamilton a rappelé tout à coup qu'il n'était pas le pilote le plus couronné de succès en Formule 1 par hasard. Le nombre de fois où l'on a pensé, dit et écrit que le Britannique était entré dans l'Histoire est incalculable. Il l'a fait une fois de plus en décrochant sa première victoire avec Ferrari. C'est ainsi que sont les plus grands : capables de toujours repousser les limites.

En quelque sorte, Lewis Hamilton a remis l'église au milieu du village. Du "transfert du siècle" annoncé en février 2024 à la photo immédiatement légendaire de son arrivée à Maranello, on avait tout dit, et sans doute tant espéré. Puis il y a eu la campagne 2025, si difficile, jusqu'à voir l'Anglais laisser poindre des signes inquiétants de découragement et de mal-être.

Il n'en était rien. Le champion a rebondi, est remonté en puissance ces dernières semaines, jusqu'à lever de nouveau les bras sur la première marche d'un podium. Il suffisait de voir l'émotion si forte dans les yeux des mécaniciens de la Scuderia, mais aussi le langage corporel d'un sportif redevenu fort et sûr de lui, pour comprendre que quelque chose venait de se passer.

Il suffit également de mesurer l'engouement, le vôtre, provoqué par ce moment historique, saisi aussi bien par les observateurs que par une grande majorité de passionnés et de suiveurs de la Formule 1. Une passion ressentie jusque dans la salle de presse d'une autre course qui venait de s'achever...

Un pied de nez au temps qui passe

Toyota a reconquis les 24 Heures du Mans !

Toyota a reconquis les 24 Heures du Mans !

Photo de: Marc Fleury

Pendant que Lewis Hamilton franchissait en vainqueur la ligne d'arrivée du Grand Prix de Barcelone, d'autres hommes en rouge séchaient leurs larmes de joie au terme de 24 heures éprouvantes sur le circuit du Mans. Il s'agissait là d'une victoire forcément plus collective, mais elle aussi teintée de la résilience qui forge les plus grands sportifs et les plus grandes équipes.

Dix ans après avoir manqué le Graal pour trois minutes et quelques, quatre ans après son dernier succès et après avoir laissé Ferrari dominer les trois dernières éditions, Toyota a frappé fort. Alors oui, dans une discipline désormais régie par une BoP, d'aucuns trouveront toujours à redire.

Il n'empêche, cette équipe qui n'a jamais fui la discipline, y compris lors des temps de vaches maigres, et qui a si souvent courbé l'échine avec une machine ralentie par des paramètres d'équilibrage a elle aussi vu sa ténacité récompensée. Son travail technique pour faire évoluer son Hypercar, sa science de la course et sa stratégie impeccable : l'équipe Toyota en WEC ne doit cette victoire qu'à elle-même.

Plus personne ne pourra dire que Toyota n'a jamais gagné au Mans face à une forte concurrence. Cette copie parfaite restera comme l'une des plus magistrales de ces dernières années. Admettons aussi que voir un constructeur s'imposer avec une voiture qu'il a conçue à 100% a quelque chose de réconfortant.

Ils viennent de prendre une revanche sur le temps qui passe et qui voulait déjà les cantonner aux livres d'histoire.

Marc Márquez apparaît inébranlable.

Marc Márquez apparaît inébranlable.

Photo de: MotoGP

Hamilton à Barcelone, Toyota au Mans... Deux revanches sur le temps qui passe intervenues, comme un symbole, quelques jours après le retour victorieux de Marc Márquez. Lui aussi, sur sa moto, est sans cesse entré un peu plus dans l'Histoire.

Il était écrit que son retour au sommet du MotoGP en 2025 ne pouvait pas être le dernier. Malgré un corps une nouvelle fois malmené et meurtri, l'Espagnol a repoussé ses limites et déjoué les pronostics en renouant avec la victoire, n'abandonnant pas si facilement la défense de son titre mondial. Car non, malgré la boulette commise par la réalisation TV de la F1 en Espagne, Marc Márquez n'est pas un "ancien pilote" de MotoGP !

Ce qui est arrivé à Barcelone, au Mans et au Balaton Park ces dix derniers jours ne doit pas être sous-estimé. Ce que l'on a vu sur ces trois pistes, c'est la consécration de ceux qui ont ce quelque chose de plus, qui les place dans la catégorie à part des champions éternels.

En premier lieu parce qu'ils viennent de prendre une revanche sur le temps qui passe et qui voulait déjà les cantonner aux livres d'histoire.

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