Mohammed Ben Sulayem réélu sans adversaire à la présidence FIA
Sans surprise, Mohammed Ben Sulayem a été réélu à la tête de la Fédération International de l'Automobile (FIA) pour un second mandat de quatre années, alors qu'il était le seul candidat encore en lice.
Photo de: Dom Romney / Motorsport Images
Seul candidat à sa propre succession, Mohammed Ben Sulayem a donc été réélu à la présidence de la FIA ce vendredi dans le cadre de l'Assemblée générale de l'institution qui se tenait à Tachkent, en Ouzbékistan.
"À la suite d'un vote de l'Assemblée générale à Tachkent, en République d'Ouzbékistan, Mohammed Ben Sulayem a été réélu président de la FIA pour un deuxième mandat de quatre ans, aux côtés du vice-président chargé du sport Malcolm Wilson OBE, du vice-président chargé de la mobilité automobile et du tourisme Tim Shearman et du président du Sénat Carmelo Sanz de Barros", peut-on lire dans un post de la fédération sur les réseaux sociaux.
Dans un contexte malgré tout troublé par un règne jusqu'ici marqué par de nombreuses polémiques, tant sur le fond que sur la forme, et une vague de départs de cadres au sein de l'instance, ainsi que - plus récemment - par l'annonce de la tenue prochaine d'un procès devant la justice française sur la légitimité de l'élection qui vient de se dérouler, Ben Sulayem va donc jusqu'à preuve du contraire continuer de présider aux destinées de la FIA.
L'Émirati, ancien pilote de rallye, avait remporté la précédente élection face à Graham Stoker et succédé à Jean Todt à ce poste. Déjà, cette passation de pouvoir avait eu lieu dans un contexte très chargé puisqu'elle suivait la finale de la saison 2021 de F1 à Abu Dhabi. Ce dossier, et notamment la façon dont la direction de course avait géré les derniers tours du GP à l'époque, avait été le premier sur le bureau de Ben Sulayem pour le versant sportif de sa présidence.
Cependant, de façon quelque peu étonnante, l'une des premières prises de parole de Ben Sulayem en tant que président avait à l'époque concerné le fait que Lewis Hamilton ne s'était pas rendu au gala FIA et qu'il risquait d'être sanctionné. Ce premier décalage entre l'explosive situation d'Abu Dhabi et ce rappel au règlement contre Hamilton allait finalement donner le ton d'un mandat par la suite de plus en plus polémique.
Côté F1, Ben Sulayem accompagnera justement le processus d'enquête lancé par son prédécesseur concernant la fin de saison 2021, qui aboutira à la fois sur des changements de personnel (notamment le départ du directeur de course Michael Masi) et de procédures, mais aussi sur la publication d'un rapport reconnaissant des erreurs dans la gestion de la manche décisive du championnat.
Pierre Gasly lors du GP du Japon 2022.
Photo de: Steven Tee / Motorsport Images
La saison 2022, dominée par Red Bull et Max Verstappen, ne sera cependant pas exempte de toute situation controversée. Outre sa prise de position sur la question du port par certains pilotes de bijoux dans leur monoplace, Sulayem va avoir à gérer l'épineux dossier du GP du Japon et des choix de la direction de course, alors marquée par une alternance entre Niels Wittich et Eduardo Freitas.
Durant l'épreuve courue sous la pluie, des véhicules d'intervention ont en effet été déployés alors même que certains concurrents roulaient à vive allure pour rattraper le peloton. Une situation qui, huit ans après l'accident de Jules Bianchi, allait entraîner une vive réaction et de nouveaux changements, avec la fin du système d'alternance et le départ de Freitas de son poste.
L'année 2023 allait débuter par la mise sur la table d'un dossier explosif : celui de l'arrivée d'une 11e écurie en F1. Pendant que la discipline et ses parties prenantes faisaient tout pour éviter que le gâteau financier ne soit divisé en une part supplémentaire, Ben Sulayem y ouvrait quant à lui officiellement la porte en lançant un appel à candidatures. De celui-ci, ressortira nettement la candidature d'Andretti, soutenue par Cadillac, qui mettra cependant de très longs mois à se concrétiser. Car cet épisode allait un temps déterrer la hache de guerre entre la FIA d'un côté et la FOM (le détenteur des droits commerciaux de la F1) et les écuries de l'autre.
Sur le plan plus personnel, Ben Sulayem commençait à être pris sous divers feux : accusé par la F1 d'interférer avec les intérêts du championnat quand il s'est publiquement inquiété des informations évoquant un possible rachat de la discipline par un fonds souverain d'Arabie saoudite, puis mis en cause par des parlementaires britanniques à propos de la question des Droits de l'Homme dans le cadre de la multiplication des GP au Moyen-Orient, il sera aussi accusé d'avoir tenu des propos misogynes dans un billet en ligne datant de 2001. Dans ce contexte, il annoncera vouloir prendre du recul sur la gestion quotidienne de la F1.
Les relations entre la FIA et la F1 n'ont pas toujours été au beau fixe pendant le premier mandat de Ben Sulayem.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
2024 démarrera de nouveau dans la polémique pour Ben Sulayem : il sera notamment accusé d'être intervenu pour que le circuit de Las Vegas ne soit pas homologué en vue de l'épreuve inaugurale de 2023, mais aussi d'avoir cherché à influencer une décision concernant l'annulation d'une pénalité pour Fernando Alonso lors du GP d'Arabie saoudite la même année, avant d'être blanchi par une enquête interne.
C'est aussi à partir de 2024 qu'il deviendra de plus en plus évident qu'un certain malaise s'est installé au sein de l'instance qu'il dirige, avec des départs de cadres qui se multiplieront, d'aucuns n'hésitant pas à s'en prendre à la façon de gouverner du président. Les relations se tendront aussi encore plus avec les pilotes - autant WRC que F1 - autour, cette fois, de la question des grossièretés proférées devant les médias.
La validation, après de longues négociations, de l'arrivée d'une 11e écurie en F1 - Andretti Cadillac cédant symboliquement la place à "Cadillac" tout court - sera l'une des rares victoires publiques de Ben Sulayem dans cette période. Car dans le même temps, les défections et les attaques sur sa gestion se poursuivront, et il subira un revers dans sa tentative d'imposer - courant 2025 - le retour à un moteur V10 atmosphérique en F1 à plus brève échéance que prévu.
Candidat à sa propre succession, il obtiendra malgré tout plusieurs succès politiques en recevant notamment le soutien d'un certain nombre de fédérations - principalement venues du continent américain - ainsi qu'en étant à l'origine d'un certain nombre de mesures présentées comme renforçant le processus électoral mais qui, pour beaucoup de ses détracteurs, auront surtout servi à mieux le verrouiller.
C'est en tout cas au terme d'une procédure qui aura contribué à rendre impossible les quelques candidatures qui s'étaient déclarées contre lui que Ben Sulayem s'est avancé seul vers sa réélection, devenue désormais effective. Son mandat court jusqu'à la fin 2029.
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