Will Power réclame plus de puissance sur les ovales courts

Après la première journée d'essais IndyCar à Phoenix, Will Power s'est une nouvelle fois déclaré en faveur d'une augmentation du boost sur les ovales courts.

À l'heure actuelle, les turbos des moteurs Honda et Chevrolet utilisent trois niveaux de boost prédéterminés : 130 kPa sur les superspeedways, 140 sur les ovales courts (et lors des qualifications à Indianapolis), et 150 sur les manches disputées sur circuits routiers et urbains.

Avec le niveau d'appui aérodynamique atteint lors des trois dernières saisons, les pilotes pouvaient aisément naviguer pied au plancher tout le long du tour à Phoenix. Une situation modifiée par le nouveau kit aérodynamique 2018, mais Will Power aimerait toujours disposer de plus de chevaux sous le capot.

"On a juste besoin de plus de puissance", a-t-il déclaré après sa première journée d'essais sur l'ISM Raceway. "C'était la grande chose [à l'époque], à quel point il était difficile d'accélérer sur un ovale court. C'est pour ça que je pense qu'il faudrait avoir le boost des circuits routiers ici. Partout en réalité, mais surtout ici, c'est l'ovale le plus difficile pour produire une belle course."

L'Australien fait ici référence aux deux épreuves disputées depuis le retour de Phoenix au calendrier en 2016, des épreuves qui ont vite tourné à la procession en raison de la faible différence entre la vitesse en ligne droite et celle en virage, ainsi qu'à cause du déventage extrême créé par les kits aérodynamiques.

Le Champion 2014 estime qu'avec plus de puissance, la différence (déjà augmentée cette saison) entre vitesse en bout de ligne droite et au point de corde serait plus grande, et les pilotes auraient plus de travail derrière le volant.

"Je pense que ça créerait plus de dégradation des pneus, plus de relâchement [de l'accélérateur]. Pour l'instant, quand vous êtes dans le virage, il est facile de remettre les gaz à fond. [Avec le boost des circuits routiers] il y a plus d'agressivité, et les pilotes font des erreurs en sortie de virage, vous pouvez alors les rattraper et attaquer."

Quid de la fiabilité ?

Un souci se pose toutefois devant ce changement de boost, et il est d'ordre réglementaire. Pour l'instant, les moteurs d'IndyCar doivent en effet effectuer au minimum 2500 miles (4023 km) avant de pouvoir être remplacés par de nouveaux blocs, ce que Power balaie d'un revers de la main : "Je pense que les motoristes ont eu suffisamment de temps avec les moteurs, la fiabilité est bonne."

Un avis qui n'est pas partagé par son équipier et Champion 2016 de la discipline, Simon Pagenaud : "La difficulté pour un motoriste est la fiabilité. 500 miles avec plus de boost, c'est un travail totalement différent pour le moteur. Pour une course de 500 miles, le développement est effectué sur une base de 130 kPa, ce qui voudrait dire que tout le développement effectué en amont serait jeté par la fenêtre."

Le Poitevin, comme Power, est équipé d'un moteur Chevrolet, et son point de vue n'est pas partagé par Allen Miller, team principal de Honda, qui estimait dans une interview donnée à Motorsport.com que la fiabilité ne poserait pas de problème. "Je pense que l'on pourrait tenir à un tel niveau de boost et toujours arriver aux 2500 miles", indiquait-il. "On en a parlé en interne, mais évidemment on aimerait pouvoir le tester et confirmer."

Propos d'Allen Miller recueillis par David Malsher

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