Le Mans en GT, c'est "partir à la guerre pendant 24 heures"

Au beau milieu d'une armada Porsche de quatre voitures, Patrick Pilet s'apprête à disputer pour la 11e fois consécutive les 24 Heures du Mans.

Le Mans en GT, c'est "partir à la guerre pendant 24 heures"

B.D., Le Mans - Le Français Patrick Pilet fait équipe avec Earl Bamber et Nick Tandy – deux anciens vainqueurs au général – sur la Porsche 911 RSR #93, dans la catégorie LMGTE Pro. Il n'a évidemment pas d'autre objectif que la victoire, mais aborde cette édition 2019 avec l'humilité indispensable à tout pilote dans la Sarthe.

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Patrick Pilet, comment se présentent les choses pour cette nouvelle édition dans le clan Porsche ?

Tout est prêt, encore plus que ça ne l'était l'année dernière. C'était un gros programme l'an dernier d'amener quatre voitures officielles au Mans, et je pense que cette année tout est plus simple pour tout le monde, surtout pour les équipes. Pour nous ça ne change pas grand-chose car on a déjà une tâche simplifiée, mais c'est quand même une organisation un peu différente de d'habitude. On attend de voir ce que va donner la voiture en conditions réelles.

Que change le fait d'avoir quatre voitures engagées pour aborder l'épreuve ?

Ça change car chacun a ses programmes, mais on partage beaucoup. C'est ça qui a fait la force de Porsche l'an dernier, et c'est ça qui, j'espère, la fera cette année : échanger énormément, avoir beaucoup de données, des set-up différents et des idées différentes aussi. Pour nous, c'est un peu plus simple cette année puisqu'on a les mêmes pneus aux États-Unis [en IMSA], contrairement à l'an dernier, et ça fait une grosse différence. C'est clairement un gros avantage d'avoir quatre voitures.

#93 Porsche GT Team Porsche 911 RSR: Patrick Pilet

Vous visez évidemment la victoire, mais qu'est-ce qui peut faire la différence par rapport à la concurrence pour aller la décrocher ?

Comme on dit, c'est Le Mans qui choisit qui gagne, plus qu'autre chose. Si vous regardez tous les équipages, c'est dur de donner un pronostic, car tout le monde peut gagner, surtout en GTE Pro. Maintenant, ce qui fait la différence ce sont les détails, surtout au Mans : les tours de rentrée, les tours de sortie, les arrêts au stand… On n'a pas le droit à une seule erreur au Mans, et puis il ne faut surtout pas avoir de problème mécanique. L'an dernier, je pense qu'on avait tout ce qu'il fallait pour gagner, mais on a eu ce petit problème qui nous a coûté cher. On est là pour gagner, on essaie de tout mettre de notre côté, de tout préparer au mieux pour que le jour de la course il n'y ait plus qu'une chose : s'arrêter pour mettre l'essence et les pneus, et juste partir à la guerre pendant 24 heures.

En GTE, la BoP est un peu l'éternel refrain… Comment le vit-on en tant que pilote ?

Honnêtement, moi je n'y pense même pas, et je pense que c'est pareil pour nous tous. Il y a des gens qui s'occupent de ça pour nous. On fait confiance aux gens de chez Porsche, à ceux de l'ACO et ceux de la FIA. Nous, ce n'est pas dans nos têtes. On monte dans la voiture, on roule, on fait du mieux qu'on peut faire et la BOP n'est pas quelque chose dont on s'occupe.

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Les premiers tours au Mans, on imagine que c'est toujours un moment particulier…

C'est toujours un moment spécial. Il n'y a vraiment qu'ici que l'on a ça, ou quand on va à Long Beach par exemple. Le Mans, c'est particulier car il y a cette atmosphère, ce circuit qui n'est pas permanent. Même la Nordschleife, quand on y revient le circuit est toujours le même. Ici, je ne sais pas, parfois il y a des petites choses qui ont changé, il y a toujours cette petite excitation dans le premier tour. Et puis, immédiatement après, on revient dans les automatismes et la conduite pure. Mais les premiers tours au Mans sont toujours un peu particuliers.

Au final, le meilleur moment de la semaine, c'est quand ?

Les qualifications, c'est toujours intéressant, mais c'est long. Il y a toujours une épée de Damoclès pour savoir qui va faire le temps, à quel moment, avoir l'aspiration qu'il faut, que tout soit réuni. Le départ, c'est enfin le moment où on est dans notre mode course et où toutes ces heures et ces briefings sont passés. Le seul moment où l'on est vraiment libre, c'est la course, car on part et on n'a rien d'autre à penser. C'est le meilleur moment. J'espère que ça changera cette année et que mon meilleur moment sera l'arrivée, puisque je n'ai jamais gagné ici !

#93 Porsche GT Team Porsche 911 RSR: Patrick Pilet, Earl Bamber, Nick Tandy

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