Le Mans va être "plus dur que l'an dernier" pour Toyota

Toyota est clairement favori pour l'édition 2020 des 24 Heures du Mans après avoir remporté les deux précédentes, mais ses pilotes ne s'attendent pas à une partie de plaisir pour autant.

Le Mans va être "plus dur que l'an dernier" pour Toyota

"La longue nuit va être un challenge, plus ou moins 11 heures d'obscurité. Il faut s'y habituer et en tirer le maximum, choisir les bons pneus au bon moment. Le second truc, ce sont les essais : nous n'avons pas de Journée Test, nous n'avons que dix heures jeudi, c'est très condensé. Ce ne sera pas facile d'en tirer le meilleur." Sébastien Buemi résume bien les spécificités de cette édition 2020 des 24 Heures du Mans, reportée de trois mois. Une nuit interminable, pas de spectateurs : la Sarthe n'aura pas la même allure qu'à l'accoutumée ce week-end.

Lire aussi :

En l'absence de Journée Test, les concurrents vont en effet bénéficier de pas moins de dix heures d'essais ce jeudi – en tranches de trois, trois et quatre heures, avec trois quarts d'heure de qualifications avant la dernière séance du jour. Un programme qui s'annonce très serré, confirme un José María López qui évoque globalement "un Le Mans très dur, plus dur que l'an dernier".

"Demain, il va y avoir beaucoup de temps de piste, et nous n'aurons pas beaucoup de temps pour réagir s'il y a un problème, nous serons en difficulté", souligne l'Argentin. "Ce sera très dur, surtout pour les mécaniciens, pour les ingénieurs, pour analyser les données. Pour nous, ce sera difficile de travailler avec les ingénieurs en raison du peu de temps entre les séances."

En course, c'est aussi la nuit qui représentera un défi. Habituellement, à l'approche du solstice d'été, huit heures seulement s'écoulent entre le coucher et le lever du soleil, et la période d'obscurité réelle n'est que de sept heures. En ce week-end de septembre cependant, environ douze heures sépareront le lever et le coucher du soleil, avec près de onze heures d'obscurité véritable.

"On dit toujours que Le Mans se gagne la nuit, parce que c'est la partie de la course la plus dure, où l'on peut faire la différence", ajoute López. "La pluie est annoncée par ailleurs. Il faut aborder la course avec beaucoup de respect."

"La nuit va être bien plus longue. Ce sera délicat pour le pilotage, il y aura certainement plus d'accidents, plus de temps derrière la voiture de sécurité, et la météo pourrait faire des siennes", confirme Kazuki Nakajima.

#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Kamui Kobayashi, Jose Maria Lopez

Si López et Nakajima évoquent d'éventuelles précipitations, ce n'est pas un hasard. Des averses orageuses sont pour l'instant annoncées tout au long de la course, même si les prévisions peuvent évidemment évoluer dans les jours à venir.

"J'ai de l'expérience des orages", poursuit le Japonais. "Je ne me rappelle pas quelle année, nous avons eu de la pluie la nuit. Beaucoup. J'étais dans la voiture cette nuit-là, j'espère que cette expérience m'aidera un peu. Dès que les conditions changent, c'est juste de la survie. Je dois simplement m'assurer, si je suis dans la voiture à ce moment-là, de survivre."

Lorsque nous évoquons la difficulté que cela pourrait représenter pour les pilotes amateurs, qui sont nombreux au départ cette année, Nakajima insiste : "Pas seulement pour les gentlemen drivers ! La météo changeante au Mans est très délicate, notamment la nuit. Chacun d'entre nous va espérer que ce ne soit pas le cas, mais si ça arrive, ce sera bien plus difficile pour tout autre pilote. Nous serons trop occupés nous-mêmes pour nous occuper des autres. Espérons ne pas être impliqués dans ce genre d'incident où quelqu'un part en tête-à-queue, nous percute, ou l'inverse. Espérons que la météo ne va pas trop chambouler la course."

Lire aussi :

Côté hiérarchie, Toyota demeure le clair favori, au grand dam de Sébastien Buemi qui, de son propre aveu, n'aime pas se battre contre la voiture sœur et ses coéquipiers ; le Suisse regrette l'ère glorieuse des luttes face à Porsche et Audi. En revanche, compte tenu de l'Équivalence de Technologie en vigueur pour ce double tour d'horloge sarthois, les deux Rebellion engagées ont quand même une carte à jouer.

"Avec ou sans le handicap, nous respectons nos rivaux, nous savons qu'ils vont être très rapides ici", reconnaît López. "Cela va forcément être un challenge d'essayer de les devancer. Potentiellement, ils sont aussi très rapides. J'ai hâte de voir demain où nous nous situerons par rapport à eux."

Ainsi, lorsque nous lui demandons si la meilleure chose qui puisse arriver à Toyota est une course ennuyeuse sur le sec, Nakajima répond avec franchise : "À vrai dire, c'est notre objectif. Si la course est ennuyeuse pour vous – pas pour nous car nous nous battons toujours avec la voiture #7, c'est toujours assez serré donc nous ne pouvons pas nous détendre – si la course est ennuyeuse pour les fans, cela signifie que c'est mieux pour nous, mais pour l'instant, nous ne pensons pas que ça va être si facile."

partages
commentaires

Voir aussi :

L'arrivée d'Alpine répond aux "compromis importants" de Toyota
Article précédent

L'arrivée d'Alpine répond aux "compromis importants" de Toyota

Article suivant

Voir l'arrivée serait une "première victoire" pour ByKolles

Voir l'arrivée serait une "première victoire" pour ByKolles
Charger les commentaires
Gagner et perdre Le Mans le même jour, ce "sentiment étrange" Prime

Gagner et perdre Le Mans le même jour, ce "sentiment étrange"

WRT se bat aux avant-postes du GT depuis des années et a réussi avec brio son passage en prototype, avec à la clé une victoire aux 24 Heures du Mans en LMP2. L'issue aurait même pu être plus heureuse si la course avait été un tour plus courte...

24 Heures du Mans
17 oct. 2021
Panoz et Brabham : l'histoire d'un drôle de choix Prime

Panoz et Brabham : l'histoire d'un drôle de choix

En 1997 le programme Panoz GT n'apparaissait pas comme un choix attrayant pour un ex-pilote de Formule 1, McLaren constituant un bien meilleur pari. Mais contre toute attente, David Brabham fit le choix de la marque américaine pour former un duo gagnant pendant plusieurs années.

GT
25 sept. 2021
Simulateur, équipe, pilotes : où en est Peugeot ? Prime

Simulateur, équipe, pilotes : où en est Peugeot ?

L'ère de l'Hypercar s'est ouverte aux 24 Heures du Mans par la victoire de Toyota. Désormais, la concurrence est attendue et beaucoup de regards sont tournés vers Peugeot, dont l'arrivée est programmée pour 2022. Nous avons rencontré Jean-Marc Finot, directeur de Stellantis Motorsport, pour faire un point complet.

WEC
29 août 2021
Comment une réparation de fortune a empêché Paul Newman de gagner au Mans Prime

Comment une réparation de fortune a empêché Paul Newman de gagner au Mans

C'est l'une des plus grandes histoires de la Sarthe. Paul Newman, deuxième des 24 Heures du Mans 1979, aurait pu facilement remporter la célèbre épreuve sans l'ingéniosité du regretté Manfred Kremer.

24 Heures du Mans
20 août 2021
WEC et IMSA : vraie convergence, vraies possibilités ! Prime

WEC et IMSA : vraie convergence, vraies possibilités !

La convergence permettant aux machines Le Mans Hypercar de courir en IMSA face aux LMDh à partir de 2023 pourrait offrir des options attrayantes non seulement aux constructeurs, mais aussi pour le calendrier et le format des courses.

WEC
20 juil. 2021
Ferrari et AF Corse, faits pour s'entendre ! Prime

Ferrari et AF Corse, faits pour s'entendre !

Se pencher sur quinze années d'histoire commune, avec autant de réussite que celle rencontrée par Ferrari et AF Corse en GT, n'est pas une mince affaire. Aussi fallait-il s'attarder sur un juge de paix : les 24 Heures du Mans.

La grande question de la parité entre LMH et LMDh au Mans Prime

La grande question de la parité entre LMH et LMDh au Mans

L'excitation autour de l'afflux de constructeurs aux 24 Heures du Mans pour 2023 est compréhensible. Mais lorsqu'ils seront confrontés l'un à l'autre, le LMH et le LMDh vivront-ils une cohabitation éphémère ?

24 Heures du Mans
22 avr. 2021
Glickenhaus : "On nous regarde comme on regardait Ferrari en 1960" Prime

Glickenhaus : "On nous regarde comme on regardait Ferrari en 1960"

Son approche passionnée de la course, son projet Hypercar avec le rêve de gagner un jour les 24 Heures du Mans, son modèle visant à vendre des voitures pour pouvoir courir : l'étonnant Jim Glickenhaus a répondu à nos questions.

24 Heures du Mans
22 mars 2021