L'ACO répond aux interrogations sur les équivalences en LMP1

Alors que l'EoT génère beaucoup de questions, voire de vives critiques, l'Automobile Club de l'Ouest a tenu à apporter des réponses et des explications à la manière dont cette équivalence de technologie est gérée en LMP1.

L'ACO répond aux interrogations sur les équivalences en LMP1
#11 SMP Racing BR Engineering BR1: Mikhail Aleshin, Vitaly Petrov, #8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso
#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso, #7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi
#21 Dragonspeed Oreca 07 - Gibson: Henrik Hedman, Nicolas Lapierre, Ben Hanley
#4 ByKolles Racing Team Enso CLM P1/01: Oliver Webb, Dominik Kraihamer, Tom Dilmann
Jenson Button, SMP Racing BR Engineering BR1 LMP1
#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso, #7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi
#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi
#1 Rebellion Racing Rebellion R-13: Andre Lotterer, Neel Jani, Bruno Senna
#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso
#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi dans les stands
#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso, en tête au départ
#1 Rebellion Racing Rebellion R-13: Andre Lotterer, Neel Jani, Bruno Senna
#5 CEFC TRSM RACING Ginetta G60-LT-P1: Charles Robertson, Dean Stoneman, Leo Roussel
#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Jose Maria Lopez, Kamui Kobayashi
#11 SMP Racing BR Engineering BR1: Mikhail Aleshin, Vitaly Petrov
#4 ByKolles Racing Team Enso CLM P1/01: Oliver Webb, Dominik Kraihamer, Tom Dilmann

Avec le nouveau paysage qui s'est dessiné en LMP1, consécutivement au retrait de Porsche, l'EoT (Équivalence de technologie) a pris une place essentielle puisqu'elle permet la cohabitation au sein d'une même catégorie LMP1 entre Toyota et les équipes indépendantes. Organisateurs du Championnat du monde d'Endurance, la FIA et l'Automobile Club de l'Ouest ont opté pour une EoT qui garantisse un avantage de consommation équivalent à un tour du Circuit des 24 Heures du Mans à tout prototype hybride.

Née en 2014, l'EoT avait d'abord été imaginée pour équilibrer les performances entre les motorisations essence et diesel. "Les ajustements se font par l’attribution de carburant (débit, quantité par tour…) qui influe sur la performance et l’autonomie des voitures", précise Thierry Bouvet, délégué technique de l'ACO. "Le débitmètre et de nombreux capteurs sont des outils précieux pour la définir. Aujourd’hui, du fait des règlements techniques différents entre les LM P1H [hybrides] et les LM P1NH (aérodynamique, poids total de la voiture…), et au sein même des LM P1NH (suivant qu’ils soient mus par des moteurs atmosphériques ou turbo), nous avons opté à nouveau pour une EoT."

Pour adapter cette EoT aux besoins dictés par l'arrivée de nombreux concurrents indépendants, sans technologie hybride, l'ACO rappelle qu'un groupe de travail a été mis en place et que tous les acteurs avaient été impliqués.

"L’hiver dernier, un groupe de travail technique regroupant la FIA, l’ACO et les constructeurs de châssis et de moteurs LMP1 s’est réuni à plusieurs reprises pour en définir les bases", insiste Thierry Bouvet. "En références, nous disposions des données du prototype hybride de Toyota. Pour les LM P1NH, qui étaient en cours de fabrication, les fabricants ont fourni des éléments à partir de simulation. Aussi, et alors accepté par tous, nous ne pouvions nous interdire quelques adaptations futures."

"Le Prologue, puis la course de Spa nous ont donné des indications précieuses. Tout en ne négligeant pas le fait que ces nouvelles LM P1NH sont en pleine phase de développement et possèdent donc une marge de progression conséquente, nous avons décidé de quelques modifications. Nous devons garantir l’équité sportive. Les aménagements techniques consentis aux voitures privées ont pour vocation de réduire l’écart au minimum avec les voitures hybrides, pas de les placer artificiellement devant. Des outils nous permettent d’assurer cette équité. De même, la technologie hybride doit garder son bien-fondé : au Mans, une LM P1H bouclera un tour de plus que les LM P1NH."

L'EoT pour la Journée Test expliquée

C'est donc au fil des roulages officiels en 2018 que cette EoT a évolué, tenant compte des chronos et des nombreuses données récoltées, d'abord lors du Prologue au Castellet, puis lors de la première manche de la Super Saison du WEC, à savoir les 6 Heures de Spa-Francorchamps.

La nouvelle EoT publiée pour la Journée Test des 24 Heures du Mans a semblé envoyer le message général selon lequel les LMP1 privés étaient à nouveau ralentis, après avoir déjà subi une évolution dans ce sens après le Prologue. Face à cette incompréhension, l'ACO a tenu à préciser les raisons de ces nouveaux ajustements.

"Lors de la construction de l’EoT pour le championnat de 2014, et ce afin de garantir une cohérence d’utilisation du système hybride avec les autres éléments de la voiture, les LMP1H ont un coefficient multiplicateur au kilomètre du système hybride de +55% sur les circuits autres que Le Mans (qui est spécifique avec ses longues lignes droites), ce qui était donc le cas à Spa", poursuit Thierry Bouvet. "De ce fait, les performances relatives des LM P1H et LM P1NH sont différentes entre Spa et Le Mans et en défaveur des voitures hybrides pour Le Mans. Nous avons donc utilisé toutes les données enregistrées aussi bien lors du Prologue qu’à Spa pour affiner l’EoT pour Le Mans et ainsi rapprocher les privés de Toyota."

"Encore une fois, entre Spa et la Journée Test, les LMP1 privées ont poursuivi leur marge d’évolution. Les performances vont être analysées pendant et après la Journée Test par nos spécialistes ACO et FIA."

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