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Alonso, la Triple Couronne aux dépens de la F1 ?

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Alonso, la Triple Couronne aux dépens de la F1 ?
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20 juin 2018 à 10:15

Fernando Alonso a réalisé un rêve en remportant les 24 Heures du Mans avec Toyota, et a coché une deuxième case dans sa quête de Triple Couronne, constituée du GP de Monaco, du Mans et des 500 Miles d'Indianapolis.

Seul Graham Hill a réussi cet exploit et c'était en 1972, il y a presque cinquante ans.

Que va-t-il faire désormais. Va-t-il se concentrer entièrement sur l'achèvement de sa quête, ce qui signifierait sacrifier du temps dans sa carrière en F1 ?

L'Espagnol, qui aura 37 ans le mois prochain, a remporté sa première course internationale depuis mai 2013 lors de l'épreuve de WEC qui se tenait à Spa cette saison. Il y a ajouté la victoire au Mans dimanche dernier, associé à Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima.

Podium : vainqueurs Kazuki Nakajima, Fernando Alonso, Toyota Gazoo Racing

Il a fêté ses 300 Grands Prix au Canada, mais approche de la barre des 100 GP sans la moindre victoire. Avec des perspectives réduites de victoire en F1 à l'horizon, McLaren accusant un gros retard derrière les autres monoplaces motorisées par Renault – sans parler des équipes d'usine Ferrari et Mercedes –, va-t-il quitter la F1 pour se concentrer sur l'Indy 500 en mai 2019, ou cherchera-t-il à combiner cette épreuve avec un calendrier F1 comme en 2018 ?

Les calendriers 2019 n'ont pas encore été établis, mais à Monaco, les promoteurs des championnats majeurs de la FIA se sont rencontrés pour préparer 2019. L'IndyCar ne faisait pas partie de cette réunion, néanmoins ce potentiel conflit de date sera clairement de ceux que la FIA cherchera à éviter.

Le WEC a modifié sa date de Fuji en fin d'année pour permettre à Alonso de participer à la fois au WEC et à la F1. Alonso est engagé dans la "Super Saison" qui comporte deux éditions des 24 Heures du Mans et organise également des épreuves en mars prochain à Sebring, et en mai à Spa.

Nigel Mansell

Nigel Mansell avait quitté la F1 pour l'IndyCar en 1993 et avait remporté le championnat pour la première fois, avec des victoires sur des petits et grands ovales. Il serait compliqué pour Alonso de s'intégrer au calendrier IndyCar, à moins qu'il ne fasse que du WEC et pas de la F1.

Cette année, le calendrier IndyCar proposait une course sur petit ovale à Phoenix avant le mois de mai à Indianapolis. Aucune des courses 2018 ne tombe en même temps qu'une manche de WEC, et Sebring aurait lieu une semaine après l'ouverture de la saison IndyCar à St Petersburg, également situé en Floride, probablement le 10 mars.  

Fernando Alonso, Andretti Autosport Honda, Alexander Rossi, Herta - Andretti Autosport Honda

Alonso est maintenant certain de retourner faire l'Indy 500 pour y décrocher la victoire, et il sera intéressant de voir si c'est l'équipe McLaren qui l'alignera là-bas, et avec quelle équipe elle s'allierait, vraisemblablement Andretti Autosport.

La dernière fois, c'était avec un moteur Honda, mais depuis le divorce avec le constructeur en fin de saison dernière, et l'ironie du sort d'une victoire au Mans avec Toyota, les dirigeants de Honda n'auront pas la mémoire courte. C'est un coup considérable pour Toyota, qui a décroché sa première victoire au Mans après de nombreuses années à tenter sa chance.

Les vainqueurs, l'équipage de la #8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso

Une victoire historique

Alonso a remporté la course avec la Toyota #8, qui a pris le dessus sur la voiture sœur #7. L'Espagnol a pris sa part avec un relais de nuit exceptionnel. Il a ramené la voiture – qui accusait un retard de deux minutes sur l'autre Toyota – dans ses échappements au terme d'un quadruple relais nocturne.

Après la prise de pouvoir de la voiture #8, son avance s'est invariablement accrue grâce à un solide relais de Sébastien Buemi, tandis que des erreurs ont été commises par deux des pilotes de la #7. Kamui Kobayashi a involontairement allongé d'un tour un relais, ce qui l'a contraint à réduire énormément son rythme pour s'assurer de pouvoir repasser par les stands. Coéquipier de Kobayashi, le multiple Champion WTCC José María López est parti en tête-à-queue, laissant échapper 15 secondes supplémentaires.

Certains esprits critiques diront qu'il s'agissait d'une victoire "facile", alors qu'Audi et Porsche se sont retirés du WEC et des 24 Heures du Mans ces deux dernières saisons, mais Alonso (et l'Histoire) ne s'en soucieront pas. C'est une nouvelle victoire acquise d'emblée pour un pilote de F1, après celle de Nico Hülkenberg en 2015 avec Porsche.

Les vainqueurs, l'équipage #8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050 : Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Fernando Alonso

"Alonso est venu et a conquis Le Mans, aux côtés de ses coéquipiers, et il n'a pas fait le moindre faux pas, comme nous l'avons vu tout au long de la course", a déclaré le nonuple vainqueur des 24 Heures du Mans, Tom Kristensen.

"Selon moi, il voit aussi l'occasion de devenir Champion du monde [d'Endurance], ce qui veut dire qu'il continuera à piloter jusqu'aux 24 Heures du Mans l'année prochaine. Je pense que c'est ce qu'il fera."

"Je ne prédirais pas qu'il va arrêter la F1, mais je pronostique le fait qu'il sera de retour à l'Indy 500. Peut-être qu'il fera une saison complète."

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