Ben Hanley, du karting aux 24 Heures du Mans

Protégé de Renault F1, il a fait son retour en karting au niveau international avant de rejoindre l'Endurance. Entretien avec Ben Hanley, pilote à la carrière atypique.

Ben Hanley, du karting aux 24 Heures du Mans

Ben, vous avez eu une carrière très inhabituelle. Vous avez été protégé de Renault F1 Team de 2006 à 2008, accrochant le titre honorifique de vice-Champion de Formule Renault 3.5 en 2007, mais le Losange a cessé de vous soutenir après une première moitié de saison difficile en GP2 l'année suivante. Outre une pige en Superleague Formula en 2010, vous avez décidé de revenir en karting à plein temps jusqu'à devenir vice-Champion du monde en 2013 et Champion d'Europe en 2015. Pourquoi ?

Quand j’ai perdu le budget fourni par le Renault Driver Development pour courir en GP2 en cours de saison, je ne pouvais plus continuer. Le RDD m’a donné l’opportunité de commencer la saison en GP2, ce pour quoi je suis reconnaissant, mais ça a été interrompu. Le sport auto coûte de l’argent, et je n’en avais pas. L’étape logique était d’aller gagner de l’argent en karting, c’était possible et c’est donc ce que j’ai fait.

Ben Hanley

Comment était-ce de se battre face à tous les jeunes en karting ?

Il n’y a pas que des jeunes ! Il y a toujours des pilotes d’usine plus âgés. C’est la forme de course la plus compétitive qui soit.

La forme de course la plus pure, aussi ?

J’imagine, oui ! Quel que soit le nombre de marques, quel que soit le nombre de motoristes. Si l’on regarde les karts à boîte de vitesses en championnat d’Europe, en qualifications, il y a 20 pilotes en deux dixièmes. C’est très compétitif, ça permet de rester affûté. Dans le même temps, je faisais beaucoup de travail de développement pour le GP2 et Pirelli en piste, donc je n’ai pas complètement arrêté de piloter des voitures. C’était juste en pause jusqu’à ce que j’aie l’opportunité de m’y remettre.

Vous avez fait vos débuts en Endurance en 2016, en ELMS avec DragonSpeed, et avez depuis lors également évolué en IMSA et en WEC. En parallèle, vous continuez de courir en karting, ayant même fini troisième du Championnat du monde l'an passé. Dans quelle mesure cela vous aide-t-il à être compétitif en Endurance ?

C’est énorme, car ça permet de rester en forme, de rester affûté. J’ai pris beaucoup de plaisir en karting par ailleurs. C’est une catégorie que beaucoup de jeunes quittent rapidement pour rejoindre la Formule 4, mais j’apprends encore des choses aujourd’hui. On en tire ce qu’on veut en tirer. Personnellement, j’ai toujours envie d’apprendre. Comme je l‘ai dit, c’est la discipline de course la plus compétitive au monde. Comment ne pas bénéficier d’y courir ?

#10 Dragonspeed BR Engineering BR1: Henrik Hedman, Ben Hanley, Renger Van der Zande

Pensez-vous que la tendance actuelle des pilotes qui passent en monoplace à 14 ou 15 ans est négative ?

Oui. Je ne pense pas qu’ils aient suffisamment appris au moment où ils quittent le karting pour passer en sport auto. La Formule 4 est une voiture assez simple quant aux changements mécaniques que l’on a le droit de faire, c’est très restrictif avec les règles d’homologation notamment. Alors qu’en karting, on peut apprendre tant de choses ! J’apprends encore à 33 ans. S’ils pensent avoir tout appris en partant à 14 ans, alors je ne suis pas d’accord avec eux.

Si vous aviez un conseil à donner à un jeune pilote, ce serait donc d’attendre ?

Je pense, oui. Chacun prend ses propres décisions pour diverses raisons, mais 14 ans, c’est bien trop tôt. Parce qu’ensuite, on fait trois années en sport auto, et certains prennent leur retraite à 17 ou 18 ans s'ils n'ont pas concrétisé. C’est beaucoup de pression pour des ados. Mon conseil serait donc de rester en karting un peu plus longtemps.

Et votre objectif pour les 24 Heures du Mans ? Vous partagez la BR Engineering BR1 #10 engagée par l'écurie DragonSpeed avec Henrik Hedman et Renger van der Zande.

C’est difficile à dire ! Notre préparation ne s’est pas déroulée sans accroc. Notre objectif est de passer aussi peu de temps que possible dans les stands et de finir la course.

#10 Dragonspeed BR Engineering BR1 Gibson: Henrik Hedman, Ben Hanley, Renger Van der Zande
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