Bourdais-Makowiecki, la température est montée !

Porsche estime que la colère de Sébastien Bourdais envers Frédéric Makowiecki au Mans le week-end dernier n'était pas légitime. Retour sur une passe d'armes qui a marqué les esprits, après les avoir échauffés !

Bourdais-Makowiecki, la température est montée !

Les deux pilotes se sont affrontés en piste avec acharnement dimanche matin, alors que la Porsche #91 de Frederic Makowiecki et la Ford #68 de Sébastien Bourdais étaient à la lutte pour la deuxième place de la catégorie LMGTE Pro. À plusieurs reprises, le contact n'est pas passé loin, et le chassé-croisé s'est fait au gré des attaques et des défenses dignes d'une course sprint, ou indignes tout court d'après l'un des deux acteurs.

Après avoir terminé son relais, Bourdais s'est montré particulièrement agacé par le pilotage de son homologue, critiquant également l'absence de réaction des commissaires.

"Si personne d'autre ne l'a vu, je devrais faire autre chose, pour moi ce n'est pas de la course", s'était emporté le pilote Ford au micro de Radio Le Mans. "Premièrement c'est dangereux, et deuxièmement ça montre l'injustice totale de la BoP, et si c'est comme ça que les instances veulent que l'on soit en piste, avec un désavantage clair en puissance et en poids, pour que ça tourne à une farce pareille, et qu'elles soient d'accord avec des standards de pilotage comme ça, je ne devrais pas être ici. Je ne suis pas d'accord avec ça." Un point de vue qu'il a ensuite détaillé au micro de Motorsport.tv.

Une colère loin d'être passée inaperçue, et à laquelle Frédéric Makowiecki avait lui-même répondu quelques minutes plus tard, cette fois au micro d'Eurosport.

"S’il pense que j’ai été incorrect, il l’a été également", avait-il lâché. "J’estime qu’à un moment ou un autre c’est la course, on est là pour se bagarrer… On avait eu un problème avec les pressions qui sont montées trop haut puisque la température a beaucoup monté, donc c’est vrai qu’on était un petit peu en difficulté, c’est pour ça qu’on a vu sur le deuxième relais que j’ai pu refaire un gap, mais là c’était la guerre. Après il y a des courses où c’est comme ça et des courses où ça sera autrement."

Comme chaque année, les tensions ont été grandes autour de la BoP au Mans, tandis que la lutte en piste a parfois été âpre entre les quatre Porsche 911 RSR et les quatre Ford GT. La victoire finale est revenue au constructeur allemand avec la #92, mais Frank-Steffen Walliser s'est étonné des propos furieux de Bourdais.

"Premièrement, ce n'est pas un poney club; deuxièmement, selon moi, c'était en permanence rude mais juste", estime le patron de Porsche GT Team auprès de Motorsport.com. "Les moments où Fred a lui aussi été poussé dans l'herbe n'ont pas été diffusées à la télévision. Au-delà de ça, à quoi faut-il s'attendre lorsque deux Français se battent pour la deuxième place de la plus grande course qui soit en France ? Est-ce supposé être paisible, joyeux, en mangeant des pancakes ? Je ne crois pas !"

"Il y avait deux professionnels derrière le volant. Ils n'ont fait aucun cadeau l'un à l'autre, ils ne se sont pas touchés. Pour le public, c'était sensationnel, et c'est pour les fans que nous faisons la course. C'était la meilleure publicité possible pour notre sport : quatre changements de position en un seul tour. D'autres disciplines offrent moins d'action sur une année complète."

Avec Roman Wittemeier

#91 Porsche GT Team Porsche 911 RSR: Richard Lietz, Gianmaria Bruni, Frederic Makowiecki
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