Buemi craint l'impact des pilotes amateurs "très dangereux"

Tous les ans au Mans, les pilotes professionnels – surtout en LMP1 – doivent gérer les aléas du trafic.

Buemi craint l'impact des pilotes amateurs "très dangereux"

La problématique est amplifiée lors de cette édition 2020 des 24 Heures du Mans, où l'on ne retrouve plus que cinq prototypes dans la catégorie reine. Les Toyota et autres Rebellion vont donc avoir pléthore de LMP2 et surtout de GT à dépasser, alors que l'on retrouve au départ pas moins de 87 pilotes considérés comme amateurs sur les 177 du plateau, soit 49%.

Dans un contexte où la nuit sera bien plus longue qu'au mois de juin, avec environ de douze heures entre le lever et le coucher du soleil et près de onze heures d'obscurité réelle, les pilotes amateurs n'auront pas la tâche facile, surtout qu'il n'y aura eu qu'une journée et demie de roulage, jeudi et vendredi matin, avant de se lancer dans la course.

Lire aussi :

Cela peut effectivement paraître dérisoire pour se familiariser avec le Circuit de la Sarthe et avec les spécificités d'une course telle que le double tour d'horloge sarthois. "Nous avons tous eu notre première fois au Mans, et je pense que pour mon premier tour au Mans, j'étais dans le même cas", commente avec indulgence l'expérimenté Brendon Hartley, mais la question ne s'en pose pas moins pour les LMP1.

"Cette année, le problème, c'est que le manque de roulage complique les choses", explique Sébastien Buemi, pilote de la Toyota #8. "Les pilotes professionnels, quand ils arrivent au Mans, améliorent leur gestion du trafic, mais ils partent d'un très bon niveau. Les amateurs n'ont pas pu beaucoup rouler hier soir, ils n'ont même pas eu la Journée Test. Ils n'ont pas eu trois jours d'essais où ils peuvent dormir et revenir [comme lors d'un programme manceau classique]."

"C'est tellement difficile d'avoir des amateurs qui roulent la nuit : ils prennent énormément de marge, ils ne savent pas vraiment où aller, ils se mettent au milieu. C'est très dangereux. De plus, cette année, il y a environ onze heures de nuit. Un amateur, de nuit, on sait que c'est encore pire. J'aborde cette course comme une course de survie, cette année. Les erreurs, les contacts peuvent se produire bien plus facilement qu'auparavant. C'est ainsi que je vois les choses."

Quels sont les zones critiques pour dépasser d'après le double vainqueur en titre des 24 Heures ? "En général, c'est l'entrée et la sortie des virages", répond-il. "Les amateurs, les GT, les LMP2 – le mieux, c'est qu'ils restent sur la trajectoire, et nous les contournons. Mais parfois, les amateurs ne savent pas trop où ils sont, ils roulent au milieu, parfois ils ont peur, et ils essaient de se décaler. Mais la plupart du temps, ils se décalent trop tard, et cela peut provoquer un accident. Il faut qu'ils restent sur la trajectoire autant que possible."

"Quand on arrive à Indianapolis, il faut qu'ils choisissent un côté de la piste, gauche ou droite, peu importe. Mais rester au milieu en bougeant, si l'on ne sait pas ce qu'ils font, quand on arrive 100 km/h plus vite, ça peut faire un accident." Lors d'une épreuve qui va certainement être perturbée par la pluie, il sera donc crucial d'être plus vigilant que jamais dans le trafic.

partages
commentaires

Voir aussi :

Côme Ledogar : "Je savais que j'allais devoir sortir un gros tour"
Article précédent

Côme Ledogar : "Je savais que j'allais devoir sortir un gros tour"

Article suivant

Bourdais redécouvre Le Mans en Ferrari : "C'est une vraie GT !"

Bourdais redécouvre Le Mans en Ferrari : "C'est une vraie GT !"
Charger les commentaires
Gagner et perdre Le Mans le même jour, ce "sentiment étrange" Prime

Gagner et perdre Le Mans le même jour, ce "sentiment étrange"

WRT se bat aux avant-postes du GT depuis des années et a réussi avec brio son passage en prototype, avec à la clé une victoire aux 24 Heures du Mans en LMP2. L'issue aurait même pu être plus heureuse si la course avait été un tour plus courte...

24 Heures du Mans
17 oct. 2021
Panoz et Brabham : l'histoire d'un drôle de choix Prime

Panoz et Brabham : l'histoire d'un drôle de choix

En 1997 le programme Panoz GT n'apparaissait pas comme un choix attrayant pour un ex-pilote de Formule 1, McLaren constituant un bien meilleur pari. Mais contre toute attente, David Brabham fit le choix de la marque américaine pour former un duo gagnant pendant plusieurs années.

GT
25 sept. 2021
Simulateur, équipe, pilotes : où en est Peugeot ? Prime

Simulateur, équipe, pilotes : où en est Peugeot ?

L'ère de l'Hypercar s'est ouverte aux 24 Heures du Mans par la victoire de Toyota. Désormais, la concurrence est attendue et beaucoup de regards sont tournés vers Peugeot, dont l'arrivée est programmée pour 2022. Nous avons rencontré Jean-Marc Finot, directeur de Stellantis Motorsport, pour faire un point complet.

WEC
29 août 2021
Comment une réparation de fortune a empêché Paul Newman de gagner au Mans Prime

Comment une réparation de fortune a empêché Paul Newman de gagner au Mans

C'est l'une des plus grandes histoires de la Sarthe. Paul Newman, deuxième des 24 Heures du Mans 1979, aurait pu facilement remporter la célèbre épreuve sans l'ingéniosité du regretté Manfred Kremer.

24 Heures du Mans
20 août 2021
WEC et IMSA : vraie convergence, vraies possibilités ! Prime

WEC et IMSA : vraie convergence, vraies possibilités !

La convergence permettant aux machines Le Mans Hypercar de courir en IMSA face aux LMDh à partir de 2023 pourrait offrir des options attrayantes non seulement aux constructeurs, mais aussi pour le calendrier et le format des courses.

WEC
20 juil. 2021
Ferrari et AF Corse, faits pour s'entendre ! Prime

Ferrari et AF Corse, faits pour s'entendre !

Se pencher sur quinze années d'histoire commune, avec autant de réussite que celle rencontrée par Ferrari et AF Corse en GT, n'est pas une mince affaire. Aussi fallait-il s'attarder sur un juge de paix : les 24 Heures du Mans.

La grande question de la parité entre LMH et LMDh au Mans Prime

La grande question de la parité entre LMH et LMDh au Mans

L'excitation autour de l'afflux de constructeurs aux 24 Heures du Mans pour 2023 est compréhensible. Mais lorsqu'ils seront confrontés l'un à l'autre, le LMH et le LMDh vivront-ils une cohabitation éphémère ?

24 Heures du Mans
22 avr. 2021
Glickenhaus : "On nous regarde comme on regardait Ferrari en 1960" Prime

Glickenhaus : "On nous regarde comme on regardait Ferrari en 1960"

Son approche passionnée de la course, son projet Hypercar avec le rêve de gagner un jour les 24 Heures du Mans, son modèle visant à vendre des voitures pour pouvoir courir : l'étonnant Jim Glickenhaus a répondu à nos questions.

24 Heures du Mans
22 mars 2021