Buemi : "Les risques étaient bien trop élevés" face à la Toyota #7

Surmontant un duel à couteaux tirés avec la Toyota #7 et des crampes d'estomac, Sébastien Buemi a remporté sa quatrième victoire aux 24 Heures du Mans.

Buemi : "Les risques étaient bien trop élevés" face à la Toyota #7
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B.V., Le Mans - Olivier Gendebien, Henri Pescarolo, Yannick Dalmas. Sébastien Buemi a égalé de grands noms du sport automobile en remportant ce dimanche sa quatrième victoire aux 24 Heures du Mans, au volant de la Toyota #8 qu'il partageait avec Brendon Hartley et Ryo Hirakawa.

Résumé de course :

"C'est incroyable. Je n'arrive pas à réaliser, je pense que ça prendra quelques jours", répond Buemi à l'évocation de telles légendes, n'oubliant par ailleurs pas qu'aucune de ses six premières venues au Mans ne s'était soldée par une victoire : "Je me rappelle être là il n'y a pas si longtemps que ça, je n'en avais aucune. Maintenant j'en ai quatre. C'est difficile d'y croire."

C'était pourtant loin d'être gagné, notamment parce que la fiabilité était source d'inquiétude : la Toyota #8 avait été contrainte à l'abandon en Belgique, en raison d'un problème qualité lié à un convertisseur haut-voltage. "On était un peu stressés après Spa, parce que c'est vrai qu'on a eu un gros problème là-bas", admet Buemi.

La semaine mancelle s'est toutefois bien passée avec la pole position de Brendon Hartley au volant de la #8, face au redoutable Kamui Kobayashi. En course, les bolides japonais étaient seuls au monde et se sont livré un âpre duel, sans réelle bataille en piste mais avec une forte intensité dans la recherche du chrono, laquelle a été défavorable à Buemi en début d'épreuve.

"Nous avions choisi des réglages très agressifs, parce que nous savions que la piste, avec la gomme, tend vers le sous-virage", explique le Suisse. "Nous ne voulions pas de sous-virage, alors nous avons opté pour un train avant très agressif – un petit peu trop agressif – pour le début de la course."

Les vainqueurs #8 Toyota Gazoo Racing Toyota GR010 Hybrid - Sebastien Buemi, Brendon Hartley, Ryo Hirakawa

Sébastien Buemi salue la foule après avoir remporté les 24 Heures du Mans

En raison des changements de pilote réguliers, Buemi s'est toujours confronté à Mike Conway, confrontation si féroce qu'il n'y a "pas trop" pris de plaisir.

"Je ne sais pas si vous pouvez vous en rendre compte, mais le niveau de risque était bien trop élevé", estime le pilote Toyota. "Bien trop élevé. On ne veut pas perdre de terrain sur la voiture sœur, on veut tenir le rythme, mais le niveau d'attaque était impressionnant. J'étais un peu soulagé de pouvoir y aller un peu plus doucement à un moment, car c'était vraiment dur."

De surcroît, l'athlète de 33 ans a vu sa tâche compliquée "toute la nuit" par des crampes d'estomac : "C'était un peu difficile pour moi, parce que je n'étais pas très bien au milieu de la nuit. J'avais mal au ventre, j'ai dû me faire un peu violence pour rouler. J'ai roulé correctement, je suis assez content. J'ai eu super mal. C'était un peu difficile de faire les trois relais."

Cependant, un pépin technique sur la Toyota #7 a mis un terme à ce duel après quasiment 16 heures de course. Buemi ne sait pas qui l'aurait emporté dans d'autres circonstances, mais tient quoi qu'il en soit à saluer les performances de son nouvel équipier, Ryo Hirakawa : "Il était super. Il a fait tout ce qu'on lui a dit, tout ce qu'on lui a appris. Je suis content pour lui."

Reste à savoir si Toyota et Buemi pourront réitérer cette performance l'an prochain, alors que débarqueront dans la catégorie Hypercar des constructeurs tels que Peugeot et Ferrari, sans oublier des Porsche et autres Cadillac avec la réglementation LMDh. "Exactement, ça va être de plus en plus difficile", reconnaît l'intéressé. En attendant, il savoure.

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