Au Mans, ByKolles doit mettre fin à sa propre malédiction

Un nouveau moteur, et beaucoup de choses à réapprendre : c'est le défi auquel va se mesurer ByKolles cette semaine pour les 24 Heures du Mans. Le tout avec l'ambition pas si modeste de boucler enfin le double tour d'horloge en bonne et due forme.

Au Mans, ByKolles doit mettre fin à sa propre malédiction

B.D., Le Mans - Jamais depuis 2012 et son engagement en LMP1 privé, l'équipe ByKolles n'a officiellement vu l'arrivée des 24 Heures du Mans. Cet accomplissement s'est bien produit une fois, en 2015, mais le trio Trummer-Kaffer-Monteiro avait finalement été disqualifié, n'ayant pas parcouru une distance suffisante pour être classé. Si l'on ajoute au bilan les 17 tours bouclés en 2013, les sept de 2017 et les 65 de l'an passé, on comprendra aisément où se situe l'objectif pour l'édition à venir.

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L'écurie de Colin Kolles, qui bat pavillon autrichien, a pour elle la persévérance avec laquelle elle s'aligne au départ des manches du FIA WEC et plus particulièrement de la classique mancelle. Mais celle-ci n'a que trop rarement été récompensée. Alors, pour sa deuxième participation avec le team, le Français Tom Dillmann est aussi mesuré que lucide, lui qui partagera le volant avec Oliver Webb et Paolo Ruberti. "L'objectif premier est vraiment de finir, essayer de ne pas passer beaucoup de temps au stand, faire notre course propre", prévient-il. "En performance pure, on ne titille pas les Rebellion ou les SMP, et ne parlons pas des Toyota. Le but est de jouer la fiabilité et de faire une belle course sans erreur. L'objectif pour nous, les trois pilotes, c'est vraiment de ne pas faire d'erreur, essayer d'avoir une voiture qui est quand même performante pour ne pas jouer avec les LMP2 et être en sécurité à ce niveau-là. Après, on verra jusqu'où ça nous mène." 

Un nouveau package à éprouver

#4 ByKolles Racing Team Enso CLM P1/01: Oliver Webb, Tom Dillmann, Paolo Ruberti

Cependant, cette année encore, ByKolles ne s'est pas forcément rendu la tâche facile. L'équipe a en effet changé de motoriste durant l'hiver, au beau milieu de la Super Saison, et c'est en partie un nouveau départ qu'il faut affronter. L'impasse a été faite en mars sur la manche de Sebring, le temps de travailler l'intégration du bloc Gibson dans le châssis CLM P1/01 et de réaliser un premier shakedown juste à temps avant les 6 Heures de Spa-Francorchamps, qui ont eu lieu début mai. Une épreuve où le temps de piste a été compromis par un accrochage dans le trafic, tandis que lors de la Journée Test au Mans il y a deux semaines, plusieurs pépins techniques ont entravé le programmé établi et limité le roulage à 47 tours. Les deux journées d'essais libres et qualificatifs, mercredi et jeudi, seront donc absolument cruciales.

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"La voiture est un peu nouvelle, avec le nouveau moteur, donc on n'a pas beaucoup roulé avec", regrette Tom Dillmann. "Ce nouveau moteur a prouvé qu'il avait la fiabilité, mais tout ne s'est pas encore bien marié. On a eu des difficultés aux essais, mais il y a encore pas mal de roulage avant la course alors on va pouvoir travailler. Il y a quand même un gros changement de répartition du poids. Le moteur est plus lourd et ça change pas mal l'équilibre, il a fallu que l'on travaille son intégration, le refroidissement. Il y a pas mal de choses à faire, et la voiture a été terminée très tard, juste avant Spa." 

Pour voir le drapeau à damier dimanche à 15 heures, il faudra également que la malchance qui accable régulièrement ByKolles au fil des ans laisse enfin l'écurie tranquille. Tom Dillmann s'en était presque amusé à Spa, mais il assure aujourd'hui que cela ne lui trotte "pas du tout", dans la tête. "À Spa, de toute manière, on faisait du roulage, donc ce n'est pas trop grave", relativise-t-il. "Après, c'est sûr que l'an dernier, avoir abandonné si tôt sur une erreur de pilotage plus que sur une erreur mécanique, c'était dur. On aurait bien voulu voir jusqu'où on pouvait aller."

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