Souvenez-vous !
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Le jour où Coulthard remporta… et perdit les 24 Heures du Mans !

Le saviez-vous ? En 1993, un jeune pilote de F3000 écossais prenait part à sa seule et unique participation aux 24 Heures du Mans. Une course qu’il remporta… un temps seulement !

Le jour où Coulthard remporta… et perdit les 24 Heures du Mans !
#50 TWR Jaguar XJ220C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
David Coulthard, McLaren
#50 TWR Jaguar Racing Jaguar XJ220 C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
#50 TWR Jaguar XJ220C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
#50 TWR Jaguar XJ220C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
#50 TWR Jaguar XJ220C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
David Coulthard, McLaren
#50 TWR Jaguar Racing Jaguar XJ220 C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
#50 TWR Jaguar Racing Jaguar XJ220 C: John Nielsen, David Brabham, David Coulthard
#65 Porsche 911 Carrera RSR of Karl-Heinz Wlazik, Ulli Richter, Dirk Ebeling leads a Venturi
Silk Cut Jaguar Jaguar XJR-12 : John Nielsen, Price Cobb, Eliseo Salazar et Martin Brundle l'emportent
Silk Cut Jaguar Jaguar XJR9 LM : John Nielsen, Andy Wallace, Price Cobb

Nombreux sont les pilotes à tirer un trait sur leur carrière en monoplace et à trouver refuge en Endurance. Mais dans le cas de David Coulthard, les choses se sont faites dans l’autre sens, avec une participation à la grande classique mancelle bien avant ses exploits en F1. C’était en 1993, et le retraité dispose encore d’un trophée sur l’une de ses étagères pour s’en souvenir, même si sa victoire lui fut retirée !

L’auto avec laquelle Coulthard avait pris le départ des 24 Heures du Mans était une Jaguar XJ220C, alignée en GT par l’équipe de Tom Walkinshaw. Il avait été associé à David Brabham et John Nielsen.

"Ce n’était pas l’auto la plus raffinée et je crois qu’elle n’avait même pas de boîte de vitesses synchronisée ; mais elle avait du couple avec le V6 turbo", se souvient Coulthard pour Autosport. "Elle faisait deux mètres de large et quatre mètres de long, c’était un morceau ! Mais une fois qu’elle s’animait, elle pouvait atteindre plus de 300 km/h dans la ligne droite des Hunaudières."

Un récipient embarqué pour se soulager la vessie

Plus de 20 ans plus tard, Coulthard se souvient encore des sensations ressenties au volant de cette auto qui lui a laissé de drôles de souvenirs.

"Je me souviens être dans les Hunaudières de nuit et regarder la porte. C’était déconcertant, parce que tu avais un châssis en aluminium avec des morceaux de fibre de carbone coincés car la porte, elle, était en carbone. Il y avait un espace entre la porte et le châssis et la porte brinquebalait tout le temps ! Il n’y avait rien d’autre à faire dans les Hunaudières que de rester là, à regarder autour de soi ! J’avais un récipient en aluminium pour me soulager la vessie et je m’installais sur le siège avec la jambe posée par-dessus !"

La Jaguar était rapide mais pas aussi performante que la Porsche 911 Turbo S d’usine aux spécifications Le Mans. On avait ainsi vite vu le trio Stuck/Röhrl/Hurley se conforter un avantage en tête, avant de perdre cinq tours dès la seconde heure de course en raison d’une transmission bloquée. Après être revenu à seulement deux boucles du commandement au quart de la distance, Röhrl s’accidenta contre le prototype Debora Alfa Romeo, après avoir perdu un instant d’attention face à une autre Porsche. Un fait de course qui donna sa chance à l’équipage de Coulthard jusqu’à l’arrivée.

L’auto réalisa une course plutôt calme selon les critères manceaux ; une fuite de carburant fut maîtrisée. Pour l’anecdote, Brabham ne put participer à autant de relais que prévu en raison de la chute de sa voiture sur… son pied au moment d’un ravitaillement et changement de pilote ! Nielsen, en tant que pilote le plus expérimenté du groupe, assuma sa tâche à merveille et Coulthard dut lui aussi prendre plus de temps au volant pour amener l’auto jusqu’à l’arrivée.

Gagnant, mais déclassé !

Arrivé 15e du général, Coulthard put profiter du podium mais la suite de l’aventure est elle aussi mémorable : l’auto fut en effet déclassée et la victoire revint au trio Porsche arrivé second (Barth/Gouhier/Dupuy). Une faille réglementaire avait brisé le moment de gloire : la Jaguar fut en effet jugée illégale du fait de ne pas disposer de convertisseur catalytique. La règle disait en effet que les voitures devaient "respecter les normes d’émissions européennes, nord-américaines et japonaises de leurs versions routières".

Ironie du sort, les organisateurs savaient très bien que la Jaguar XJ220C n’était pas conforme et avaient même autorisé à celle-ci de courir en course en appel. Mais elle fut tout de même disqualifiée après l’arrivée !

Ce n’est pourtant pas cela qui maintint Coulthard à l’écart de la Sarthe depuis.

"J’ai eu l’expérience parfaite du Mans en tant que jeune pilote, en gagnant dans ma catégorie. Même si nous avons été disqualifiés, ça avait coché toutes les cases pour moi. J’ai participé à des courses de kart de 24 heures mais je n’ai pas vraiment aimé ça non plus : j’étais très content que ça se finisse au Mans !"

L’Écossais préfère les formats de course plus traditionnels.

"C’est la semaine du sport auto. J’ai toujours dit que je n’aimais pas faire la fête pendant 24 heures. Je veux sortir, m’amuser et aller au lit tôt pour profiter du lendemain ! De la même manière, je ne désire pas rouler pendant 24 heures. Mais c’était une super expérience !"

Avec Edd Straw

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