Quand l'ombre d'un départ de Porsche plane sur Le Mans...

L'heure est à l'affrontement en piste entre Porsche et Toyota, mais le souci de l'avenir occupe également beaucoup les esprits dans un paddock des 24 Heures du Mans qui a déjà perdu quatre anneaux.

B.D., Le Mans - La semaine mancelle bat son plein sur le Circuit des 24 Heures, où le duel au sommet entre Porsche et Toyota concentre l'intérêt dans la lutte pour la victoire finale. Les deux constructeurs se retrouvent opposés en l'absence de troisième concurrent, orphelins comme l'ensemble du paddock et du public de la présence d'Audi. Les anneaux de la marque d'Ingolstadt ont disparu de l'environnement sur le circuit, et seuls quelques emblèmes rappellent le passé prestigieux de la marque, dont le monument dressé au centre du village.

Dimanche après-midi, à 15 heures, la 85e édition des 24 Heures du Mans aura sacré son vainqueur. Nul doute que, peu importe de qui il s'agira, cela aura été le fruit d'un beau et long combat, avec toute l'intensité et toute la dramaturgie que peut réserver le double tour d'horloge sarthois. Et après ? Certes le combat se poursuivra durant la deuxième partie de saison du WEC, mais l'avenir sera dans toutes les têtes. 

Quel règlement en 2020 ?

Depuis de longs mois, les constructeurs participent à des groupes de travail avec l'ACO et la FIA pour définir les contours de la future réglementation du LMP1. Des constructeurs non engagés dans la catégorie ont également participé à ces discussions plus qu'avancées, qui rendent la traditionnelle conférence de presse de l'ACO, programmée vendredi matin, très attendue. Ce devrait être l'occasion d'avoir une vision plus précise de ce qui attend l'élite de l'Endurance à l'horizon 2020. D'ici-là, on rappellera que la réglementation a été gelée pour conserver la base des prototypes tels qu'on les connaît.

"On connaît déjà les grandes lignes du nouveau règlement. On est juste engagés à ne pas les divulguer", indique Pascal Vasselon, directeur technique de Toyota. En revanche, hors de question pour lui de s'épancher davantage sur la rumeur qui alimente le paddock des 24 Heures du Mans : l'éventualité d'un départ de Porsche en fin de saison, ou en fin d'année prochaine. "Je n'ai pas d'informations directes dans ce sens-là", lâche-t-il quand il est interrogé sur l'éventualité d'un départ de Porsche en fin de saison, ou en fin d'année prochaine.

Pour ce qui est du programme Toyota, le directeur d'équipe Rob Leupen assurait dès le Prologue à Monza que le constructeur nippon était engagé en WEC jusqu'au terme de la saison 2019. Néanmoins, Pascal Vasselon avait nuancé en rappelant que le programme sportif de la marque fonctionnait sur la base d'une "remise en cause" annuelle par les dirigeants.

Porsche ne ferme pas la porte à la Formule E

Du côté du constructeur allemand, on assure être pleinement engagé en Endurance et le team principal Andreas Seidl ne commente pas le sujet autrement qu'en précisant qu'il n'a eu "aucune information" des dirigeants de Porsche faisant état d'un arrêt du programme à plus ou moins court terme. Des précisions sur l'avenir de la marque en LMP1 sont toutefois attendues dans les prochains mois. En attendant, il se dit en coulisses que dans les rangs de l'équipe allemande, nombreux sont ceux qui ne se risqueraient pas à parier sur la présence de Porsche en LMP1 en 2019.

Clairement, l'avenir du plus haut niveau du Mans est à la croisée des chemins, à l'heure où le LMP1 privé, représenté cette année par la seule équipe ByKolles, est amené à se renforcer de plusieurs concurrents dès 2018. Une catégorie qui doit trouver sa place entre un échelon hybride dont on attend les précisions réglementaires, et un LMP2 qui a franchi un cap impressionnant cette saison, avec des chronos au Mans qui auraient placé les plus rapides en pole position de l'édition 2006 face aux Audi. S'il faut comparer ce qui reste comparable, certaines mises en perspective valent parfois plus que de longs discours.

Pour Porsche, le destin pourrait être similaire à celui de son cousin Audi. Également dans le giron Volkswagen, la marque s'intéresse de plus en plus près à la Formule E, où ses dirigeants ont notamment été invités récemment, à Monaco. La discipline de monoplaces 100% électriques manque peut-être encore trop de liberté technique aux yeux de Porsche, mais l'intérêt ne peut pas être nié.

Reste à savoir, dans le plus noir des scénarios, qui serait prêt à constituer la nouvelle garde du LMP1. On sait Peugeot plus ou moins tenté, mais aussi extrêmement exigeant sur les conditions d'accès pour relancer un programme – particulièrement sur le thème de la réduction des coûts. D'autres noms circulent, jusqu'à celui de Ford, dont la stratégie à moyen-long terme reste encore floue. "L'avenir se présente bien, mais je ne suis pas prêt à faire une annonce sur ce qui nous attend peut-être", confiait récemment à Motorsport.com Dave Pericak, directeur de Ford Performance. 

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Type d'article Actualités
Tags endurance, lmp1