Perrodo rêve d'un podium pour sa première en prototype

Après avoir remporté le titre en GTE Am en WEC l'an passé, François Perrodo s'apprête à disputer ses cinquièmes 24 Heures du Mans, ses premières en LMP2.

Cela ne fait que cinq ans que François Perrodo écume les plateaux des courses GT, notamment dans la catégorie GTE Am du WEC ces quatre dernières années. Après avoir conclu au deuxième rang de sa catégorie en 2015 au volant d'une Ferrari 458 AF Corse, le Français natif de Singapour a atteint la consécration l'an passé en décrochant le titre mondial GTE Am, toujours avec AF Corse, aux côtés d'Emmanuel Collard et Rui Aguas.

Fort de ce sacre, Perrodo et son compère Collard ont décidé de se lancer dans l'aventure du LMP2 en 2017, au volant de l'ORECA 07 du TDS Racing. Épaulé par Matthieu Vaxiviere, les deux hommes avaient effectué des débuts retentissants lors de l'ouverture du WEC à Silverstone, avec une belle troisième place de leur catégorie. La réussite ne fut guère au rendez-vous, l'équipage étant relégué loin dans le classement suite à une série de péripéties, dont une pénalité, des ennuis mécaniques et quelques excursions hors piste.

Après ces deux premières manches, c'est l'épreuve de vérité pour Perrodo, Collard, et un Vaxivire de retour, qui s'apprêtent à vivre des 24 Heures du Mans intenses, au volant du prototype ORECA 07.

"On s'est décidés assez tôt donc on a pu commencer les essais assez tôt, on est l'un des premiers teams à recevoir la voiture de la part d'ORECA", explique François Perrodo à Motorsport.com. "Cela a permis d'engranger des kilomètres, et heureusement, car les premiers roulages ont été vraiment compliqués. Maintenant cela commence à rentrer, Silverstone s'est bien passé, Spa beaucoup moins. Il y a eu des courses avec et des courses sans, et puis la Journée Test n'a pas été évidente, mais on a pu faire quelques kilomètres, surtout moi pour me caler par rapport aux nouveaux chronos, ce n'était pas trop mal."

Pur produit du GT, Perrodo a pris patiemment ses marques au volant de sa nouvelle monture, et il espère avant tout poursuivre son apprentissage lors de ces 24 Heures, en évitant d'aller au-delà de ses limites, et en appréhendant au mieux les nouvelles contraintes liées aux performances des LMP2.

Je connais le circuit, il n'y a pas de raison que cela se passe mal mais cela va tellement vite ; de là à aller attaquer et chercher un chrono, je ne suis pas encore à ce niveau.

François Perrodo

"Typiquement, Silverstone que je connais bien, j'étais plutôt à l'aise", continue Perrodo. "Après, à Spa, beaucoup moins. Le Mans c'est ma cinquième participation, je connais le circuit, il n'y a pas de raison que cela se passe mal mais cela va tellement vite ; de là à aller attaquer et chercher un chrono, je ne suis pas encore à ce niveau. L'objectif est de me rapprocher de mes deux coéquipiers professionnels en termes de temps au tour, j'espère que cela va venir."

"Bien sûr, cela change en termes de performances, maintenant cela reste le même circuit, les voitures on les connaît depuis le début de la saison, on savait que cela irait beaucoup plus vite. On a beaucoup parlé des vitesses maximales, mais quand on est dans la voiture, on ne s'en rend pas tant compte que ça, cela défile plus vite, mais on s'y adapte assez facilement."

Une vigilance de tous les instants

"Le plus dur en ce qui me concerne c'est l'ergonomie. J'avais un problème à Spa avec la position de conduite, on va encore essayer de faire un baquet cette semaine, j'espère que ça ira pour la course."

"Je pense que cela sera plus facile derrière le volant d'un prototype, d'autant qu'avec plus de 100 chevaux de plus par rapport à 2016, ce n'est vraiment plus un problème de dépasser les GT. Par contre le plus dur sera toutes les phases de freinage où parfois on arrive forcément plus vite et où on n'aura pas le temps d'hésiter. Il faudra soit y aller franchement, soit ne pas y aller, si on hésite entre les deux, il pourra y avoir un contact. Il faudra être vigilant, surtout la nuit."

Après le podium de Silverstone, tous les espoirs sont permis avec l'ORECA 07 lors de cette édition 2017. Il faudra pour cela aligner un certain nombre de facteurs favorables.

"Il faut rester modeste"

"Il faut rester modeste", conclut François Perrodo. "Si on est dans le coup et que l'on ne fait pas d'erreur, et si la voiture est fiable, je pense que l'on peut faire quelque chose de très bien. On a vu depuis le début de saison que la fiabilité n'était pas toujours au rendez-vous, ce qui est logique car ce sont des voitures toutes neuves. On ne s'attendait pas à faire un podium à Silverstone, où nous avons fait notre course sans connaître de pépin. À Spa c'était une course à oublier avec les problèmes que nous avons rencontrés, même si les performances étaient assez bonnes."

"Pour Le Mans, même constat, on sait que nous ne sommes pas les plus rapides, surtout moi par rapport à certains pilotes Silver qui vont très très vite. Mais encore une fois, si je fais mon boulot sans erreur et que la voiture ne rencontre pas de problème, que nous nous arrêtons que pour les pneus et l'essence, on peut rêver d'un podium." 

Propos recueillis par Guillaume Nédelec

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