24 Heures du Mans Journée Test 24H du Mans

Porsche veut "partir à la bagarre" sans entrer dans les "jeux politiques"

Les pilotes Porsche l'assurent : le constructeur allemand se concentre uniquement sur son travail depuis la Journée Test et ne veut pas entrer dans le jeu politique qui peut entourer les 24 Heures du Mans.

#6 Porsche Penske Motorsport Porsche 963 of Kevin Estre, Andre Lotterer, Laurens Vanthoor

Face à la petite musique qui, depuis le Pesage puis la Journée Test des 24 Heures du Mans, fait de Porsche le grand favori de cette édition 2024, la marque la plus victorieuse dans la Sarthe trace sa route. Le constructeur allemand a placé ses prototypes LMDh aux avant-postes dimanche dernier mais assure n'y accorder une importance que très relative. "On sait que les temps de la Journée Test sont assez anecdotiques au final, on ne sait pas ce que font les autres", rappelle Kévin Estre, engagé sur la n°4 avec André Lotterer et Laurens Vanthoor.

Néanmoins, la marque allemande s'attendait-elle à tenir déjà le haut du pavé dimanche dernier ? "Je ne sais pas... d'une certaine façon oui", admet Frédéric Makowiecki, aux côtés de Matt Campbell et Michael Christensen sur la n°5. "Je pense qu'il y en a certains qui ont appris du passé. Ça s'appelle gérer certains aspects. Nous, on a développé notre plan d'essais, on est des gens honnêtes et qui veulent se concentrer sur le travail qu'on a à faire. La politique, ce n'est pas forcément déterminant, ce qu'on veut c'est être sûr de ce qu'on fait."

On est des gens honnêtes et qui veulent se concentrer sur le travail qu'on a à faire

Le message a le mérite d'être clair. Aussi, devant le fait de voir Porsche être régulièrement dépeint comme l'ogre de cette édition, particulièrement dans le discours de Sébastien Buemi, le Français déplace le problème pour le transformer en souhait : régler les choses en piste et à la régulière.

"C'est bien d'être assez politique et de commencer à vouloir mettre la pression sur les autres, mais quand on voit ce que Toyota a fait au bout de trois tours à la Journée Test, ils n'ont rien à nous envier", prévient Frédéric Makowiecki. "Ces petits jeux un peu politiques, je pense que ce serait plus simple si à un certain moment tout le monde mettait cartes sur table. Je n'ai hâte que d'une chose, et je l'espère : que l'on soit tous très proches en performance et qu'on puisse partir à la bagarre, montrer le travail des ingénieurs, des pilotes et des stratégistes, sans se dire qu'il y en a un qui va beaucoup plus vite que l'autre."

Kévin Estre, lui, prend les choses du bon côté. Assurant ignorer si Porsche est bel et bien le favori, il ne voit que du positif dans le fait d'être au moins désigné de la sorte. "C'est bien qu'ils le pensent, et qu'ils aient peur de nous, tant mieux", sourit-il. "On n'a peur de personne mais on est aussi réalistes. Ce que l'on voit nous, dans les données, ce sont les vitesses de pointe : on était en milieu de peloton, alors que Toyota était très haut, ils avaient des très bonnes V-max. On voit des secteurs d'accélération, où Ferrari était très fort, et au final ils sont loin en temps."

L'avantage opérationnel à Toyota ?

Toyota force toujours le respect de ses adversaires.

Toyota force toujours le respect de ses adversaires.

Photo de: Shameem Fahath

Et si Porsche relativise ainsi les attentes qui l'entourent et s'accentuent sur son camp, c'est tout simplement parce que le passé, l'expérience et l'exigence de Toyota au Mans forcent le respect de ses concurrents qui, eux, travaillent encore pour se hisser à un tel niveau compte tenu de la jeunesse de leurs projets dans ce championnat.

"Ce sont des personnes pour qui j'ai beaucoup de respect", insiste Frédéric Makowiecki. "Ils l'ont montré l'année dernière. Il ne faut pas oublier, sans parler de performance pure. C'est sûr qu'on est tous arrivés moins préparés qu'on ne l'est maintenant, mais à Sebring [2023] ils ont terminé avec quatre tours d'avance sur nous : sur les quatre, il y en a deux ou trois qui étaient relatifs à l'opérationnel et pas à la performance. Les deux dernières années du LMP1, malgré un petit manque de réussite, ils étaient dominateurs face à Porsche. Pour moi, ce sont des gens brillants."

"Il faut quand même savoir que l'on revient d'une page blanche, on n'est pas le team Porsche du LMP1. J'ai vraiment confiance, on a une équipe qui fait du bon travail, mais il y a des choses qui prennent du temps. Comme on dit dans la vie, l'expérience ne s'apprend pas, ça se vit. Il faut que l'équipe grandisse, je pense qu'on est actuellement à un niveau bien supérieur à l'an dernier, pas qu'un peu. Est-ce qu'on est au niveau de Toyota sur tout ? Je pense qu'ils ont montré encore une grosse force à Imola. À nous de continuer à être critiques envers nous-mêmes, de ne pas se chercher d'excuse, et de continuer à élever notre niveau de jeu."

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