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Pourquoi le départ des 24H du Mans 2024 peut être explosif

Le départ des 24 Heures du Mans 2024 s'annonce particulièrement imprévisible, et certains pilotes le redoutent. Car en plus du plateau, l'ADN a peut-être changé...

La photo de groupe des 24H du Mans

Photo de: Shameem Fahath

Samedi à 16 heures, le départ des 92e 24 Heures du Mans sera donné et nul doute que l'instant sera intense. Avec un plateau de 23 Hypercars, et certains favoris absents des premières lignes, comme Toyota, les secondes qui suivront le baisser du drapeau tricolore par Zinédine Zidane pourraient être particulièrement tendues.

"Le départ des 24 heures, on a un peu l'impression qu'on est au départ des deux tours du Mans, parce qu'en règle générale ça fricote un peu", sourit Frédéric Makowiecki, interrogé par Motorsport.com. "C'est sûr que quand on démarre dans les deux ou trois premières lignes, on se dédouane de ça. C'est toujours compliqué parce que si tu es agressif, c'est toi qui peut toucher une voiture, si tu ne l'es pas assez, ça peut faire comme à Imola, où d'un seul coup ça fait un petit strike..."

Inévitablement, compte tenu de ce plateau inédit, les départs en WEC depuis le début de la saison ont souvent été mouvementés. Outre le nombre de prétendants, Loïc Duval y voit également la conséquence d'un changement de mentalité lié au profil des pilotes.

"Je reste convaincu aussi que maintenant, dans les Hypercars, on a des pilotes qui viennent du GT et pour qui, comme c'était très proche en course, ils ont toujours joué de la portière, ça a toujours été comme ça", avance le pilote Peugeot. "On a des pilotes qui sont quand même assez agressifs, qui prennent beaucoup plus de risques que des pilotes "proto" classiques."

"Pour moi, les contacts que l'on a vus plus régulièrement sont beaucoup dus à ça, car on a quand même une agressivité au départ qui est beaucoup plus présente que ce qu'on a pu avoir dans le passé. La mentalité est un petit peu différente. Je ne dis pas que c'est juste ou que ça ne l'est pas, mais ça ne se gagne pas au premier virage, ça c'est certain. On ressent l'ADN qui est un petit peu différent."

Un autre point complique aussi la tâche des pilotes disposant d'un prototype LMDh, et il est technique. "Ces nouvelles autos, avec leurs systèmes, quand on fait le tour de formation, les voitures ne sont pas vraiment prêtes", précise Frédéric Makowiecki chez Porsche. "C'est-à-dire que les freins ne sont pas totalement en température, les pneus non plus. Par exemple avec nos systèmes hybrides, il y a une bonne partie du freinage qui vient de là, notamment à l'arrière pour nous. Lui, le système hybride, il a tout le temps la même performance, donc il s'en fiche que les freins soient chauds ou froids... Je vous laisse imaginer !"

Au premier virage, ils veulent tous freiner aussi tard qu’en qualifs...

Le WEC a connu des départs mouvementés en 2024.

Le WEC a connu des départs mouvementés en 2024.

Photo de: Shameem Fahath

Samedi, c'est une autre Porsche, celle frappée du n°6, qui partira en pole position grâce au chrono de Kévin Estre en Hyperpole. Le Français se montre serein à l'idée de ce moment de tension, qu'il devrait vivre depuis son stand puisque Laurens Vanthoor est pressenti pour prendre le départ.

"C'est pour ça qu'il faut partir devant", souligne-t-il. "Je pense que ça a été un peu de malchance, à Imola c'était très étroit et c'est pour ça qu'il y eu ce carambolage. Parfois il y a des enchaînements de situation alors que peut-être un pilote a freiné un mètre trop tard. Tout le monde a en tête qu'il va falloir survivre à ces 24 heures, et qu'il faudra d'abord survivre au premier virage. Eduardo [Freitas, directeur de course] l'a redit au briefing, donc je ne pense pas que l'état d'esprit soit différent."

On l'aura compris, il y a les esprits sereins et ceux qui le sont moins ! Sébastien Buemi, lui, est particulièrement méfiant alors que les Toyota ont été rejetées hors du top 10.

"Même si c'est une course de 24 heures, si tu pars 15e tu as les risques d'accident parce que les mecs... ils prennent des risques, mais tu ne peux pas t'imaginer, il y a des cartons à tous les départs", redoute le quadruple vainqueur de l'épreuve. "Tu as l'impression qu’ils partent pour une course sprint. Au premier virage, ils veulent tous freiner aussi tard qu’en qualifs mais tu as les pneus froids donc tu ne peux pas. Il y en a qui partent en durs, d'autres en mediums et d’autres en tendres, et ceux qui ont les durs, ils veulent freiner aussi tard que ceux en mediums."

Avec Lucas Huaumé

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