Candidat au titre LMP2, Richelmi évitera les "risques inconscients"

Stéphane Richelmi peut remporter le titre LMP2 du Championnat du monde d'Endurance ce week-end, et est prêt pour cela à adopter une approche prudente s'il se retrouve en lice pour la victoire aux 24 Heures du Mans.

Candidat au titre LMP2, Richelmi évitera les "risques inconscients"

B.V., Le Mans - Déjà vainqueur des 24 Heures du Mans et du WEC en LMP2 avec Signatech Alpine en 2016, Stéphane Richelmi a l'opportunité de rééditer l'exploit... face à son ancienne écurie, puisqu'il évolue désormais au sein du Jackie Chan DC Racing aux côtés de Ho-Pin Tung et Gabriel Aubry. Avec cinq podiums à son actif, dont trois victoires en sept courses, ce trio est solidement installé à la deuxième place avec 139 points au compteur, contre 143 pour Lapierre-Thiriet-Negrão chez Signatech Alpine. Or, au Mans, ce sont 38 unités qui sont en jeu pour le vainqueur, le barème étant multiplié par 1,5 en raison de la longueur inhabituelle de la course.

"C'est assez excitant, car nous avons quatre points de retard", souligne Richelmi auprès de Motorsport.com. "Du point de vue de la performance, nous étions quand même un petit peu mieux qu'Alpine, voire bien mieux sur certains circuits, depuis le début de l'année [avec notamment les trois dernières pole positions en date, ndlr]. Mais c'est vrai que nous n'avons pas eu de chance lors des deux courses les plus importantes, Le Mans l'année dernière et Sebring, où nous avons eu des problèmes techniques et perdu énormément de points [quatrième et sixième à l'arrivée respectivement, ndlr]."

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"Nous arrivons ici en position de chasseurs. Il faut finir devant eux. C'est sympa, cela rajoute un peu de piment pour les gens de l'extérieur et pour nous aussi. Nous devons vraiment faire une super course pour marquer quatre points de plus. Cela s'annonce bien : au vu de la Journée Test, la voiture est performante, et elle l'a été toute l'année."

Stéphane Richelmi

Comme toujours sur le Circuit de la Sarthe, l'un des aspects les plus délicats pour les pilotes sera la gestion du trafic, notamment avec les gentlemen drivers – dont certains évoluent dans une catégorie LMP2 plus rapide que jamais, avec une pole position signée en 3'24"8 l'an passé. Richelmi acquiesce, mais tempère : "Que ce soit [François] Perrodo ou [Frits] van Eerd sur la Nederland, ils font quand même du bon boulot pour des hommes qui ont un certain âge, avec des voitures qui sont physiques et compliquées à conduire."

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"Pour nous, ce qui est le plus compliqué, honnêtement, c'est la rapidité de certains amateurs en GT, assez lents, et la vitesse à laquelle nous arrivons derrière. C'est là que l'on peut perdre énormément. Une GTE Pro, même si elle va parfois fermer la porte car elle abuse un petit peu... Un amateur, lui, n'a pas toujours un comportement logique. C'est là qu'il faut prendre le plus de précautions. Nous jouons quand même le championnat ; même si nous jouons la victoire, nous ne pouvons pas prendre de risques inconscients dans le trafic."

#38 Jackie Chan DC Racing Ligier JSP217 Gibson: Ho-Pin Tung, Stéphane Richelmi, Gabriel Aubry

Il faut ajouter à cela les disparités entre les différentes LMP1 – les Toyota hybrides jouissant d'une bien meilleure accélération que leurs rivales – et même LMP2, où les 20 prototypes se tenaient en sept secondes lors de la Journée Test.

"Ce n'est pas facile, car nous sommes parmi les LMP2 les plus rapides ; nous rattrapons des LMP2 un peu moins performantes, mais il faut aller les doubler quasiment à la régulière", poursuit le Monégasque de 29 ans. "Nous prenons un peu de risques. Il y a des GT, Pro ou Amateur, qui vont quand même beaucoup moins vite, qui restent faciles à doubler – mais comme je vous le disais, les amateurs, on ne sait pas toujours de quel côté ils tournent."

"Et [il y a] surtout les LMP1. Je demande à mon équipe de me dire si c'est une Toyota ou une autre, car les Toyota sont super rapides à l'accélération, en virage aussi, mais pas en vitesse de pointe. C'est toujours bien de le savoir, parce qu'il y a des endroits où l'on ne s'y attend pas et ils vont nous doubler à l'accélération, alors que les Rebellion et les SMP nous dépassent différemment. Quant à la ByKolles, c'est un peu un gag : quand elle roule, elle est un peu compliquée à doubler parce qu'elle est à peine plus rapide. Pour ce qui est des pilotes, là, je sais que le troisième est très lent [Paolo Ruberti, le moins véloce des pilotes LMP1 à la Journée Test, ndlr]. Il a un gros moteur, mais dans les virages, il est lent." Ce sera donc l'un des nombreux facteurs à prendre en compte pour triompher sous le drapeau à damier ce dimanche.

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