Avec une seule voiture, Porsche a "pris tous les risques"

Vainqueur de la 85e édition des 24 Heures du Mans, le trio formé par Earl Bamber, Brendon Hartley et Timo Bernhard a salué le travail des mécaniciens dans la soirée de samedi.

Avec une seule voiture, Porsche a "pris tous les risques"
Podium : les deuxièmes, #38 DC Racing Oreca 07 Gibson: Ho-Pin Tung, Oliver Jarvis, Thomas Laurent, et le team manager David Cheng
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
Les vainqueurs, #2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
Les mécaniciens Porsche Team réagissent à l'abandon de la #1
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
Chase Carey, directeur exécutif du Formula One Group, discute avec Dominik Kraihamer, Timo Bernhard, Earl Bamber
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley
Les vainqueurs, #2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley, et le team manager Fritz Enzinger, chef de Porsche LMP1
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Earl Bamber, Brendon Hartley

B.D., Le Mans - Celui qui aurait parié sur une victoire de la Porsche #2 au Mans ce samedi soir aurait sans doute été pris pour un fou. Et pourtant, Earl Bamber, Brendon Hartley et Timo Bernhard ont réussi l'impensable, profitant d'une hécatombe inattendue en LMP1. Après l'abandon de l'autre 919 Hybrid en fin de matinée, l'équipage est devenu l'unique chance de victoire du constructeur allemand, à quatre heures de l'arrivée.

Des mécaniciens héroïques

Dans une course comme Le Mans, tout faire pour rallier le drapeau à damier est la base du succès. En remettant en ordre de marche le système hybride à l'avant du prototype de Suttgart hier soir, les mécaniciens de Porsche ont posé les jalons, en l'ignorant totalement, du succès de leur équipe. "Ils se sont déchirés pour renvoyer la voiture en piste", ne cache pas Brendon Hartley. "Si ça avait pris cinq minutes de plus, [la victoire] n'aurait peut-être pas été possible. Et aussi, il n'y a pas une éraflure sur cette voiture !"

Le Néo-Zélandais était le seul membre des équipages Porsche LMP1 2017 à n'avoir pas encore remporté au moins une fois la classique mancelle, c'est désormais chose faite. Timo Bernhard, lui, a signé son deuxième succès dans l'épreuve, le premier avec Porsche après celui remporté sous les couleurs d'Audi en 2010.

"Ça peut être la course la plus cruelle ou la plus belle", résume le pilote allemand. "Hier, après quatre heures, ça semblait mal parti, mais les gars ont été tellement rapides pour réparer la voiture, ils ont vraiment accéléré. À la fin, on a vu que chaque tour comptait, chaque seconde était importante pour revenir à la première position." 

"On ne peut jamais prédire ce qui va se passer, au final, l'esprit du Mans, c'est de faire la course pied au plancher. C'était notre seule chance. Au début, notre objectif était de marquer les points pour le championnat constructeurs, ensuite nous sommes passés sur les points pour le WEC [pilotes], puis ce matin nous avons réalisé que nous pouvions faire un petit peu plus. Peut-être le podium, et ensuite - malheureusement avec ce qui est arrivé à la voiture sœur et nous pensons à eux – c'est pour cela que nous avons continué à attaquer."

Bamber, Monsieur 100%

Deux victoires, c'est également le total affiché par un Earl Bamber qui a tout du porte-bonheur de Porsche jusqu'à présent. Vainqueur pour sa première participation en LMP1 il y a deux ans, aux côtés de Nico Hülkenberg et Nick Tandy, le troisième homme de la Porsche #2 s'est imposé pour la deuxième fois en autant de tentatives dans la catégorie, lui qui évoluait en GT l'an passé.

"C'est tellement magique de décrocher la victoire pour Porsche aujourd'hui, dans ces circonstances", souligne-t-il au micro de Fox Sports. "C'est ça l'Endurance. Je pilotais au moment où j'ai entendu 'bang', et j'ai pensé que notre course était terminée. J'ai ramené la voiture au stand et les gars ont regardé, nous sommes restés là pendant une heure. Il s'agissait d'abord de se battre pour revenir dans le top 5, puis c'est devenu un objectif de podium, et ce podium est devenu victoire."

"Nous comptions les secondes, à quelques heures de la fin ça semblait se dessiner pour passer ou non dans le dernier tour. C'était incroyablement intense dans les stands et nous étions en permanence à fond. C'était une course sprint quand nous avons dû remonter, nous n'avions rien à perdre. Nous avons pris tous les risques et nous avons été récompensés."

"Je ne peux pas le croire, gagner avec mon ami d'enfance Brendon, c'est incroyable. Nous avions tous les deux sept ans et il m'a appris à piloter."

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