Bird ébloui par le chrono foudroyant de Porsche

Motorsport.com est l'un des deux médias qui ont pu s'entretenir avec Sam Bird ce jeudi après-midi en Sarthe, peu avant les deux dernières séances qualificatives des 24 Heures du Mans.

Sam, c'est votre cinquième participation aux 24 Heures du Mans, la troisième d'affilée en GTE Pro. Peut-on dire que vous faites partie des pilotes plus expérimentés désormais ?

Je ne sais pas si je fais partie des plus expérimentés, mais je me sens vraiment chez moi quand je cours ici. Je comprends ce que cette semaine exige de moi, je sais à quoi m’attendre, il n’y a pas de grosse surprise. À cet égard, je suis désormais expérimenté au Mans.

C'est la première fois que vous gardez les mêmes coéquipiers d'une année sur l'autre, puisque vous partagez la Ferrari #71 avec Davide Rigon et Miguel Molina. Cela vous aide-t-il ?

Oui, vraiment ! J’ai deux super gars à mes côtés avec Davide et Miguel, deux gars qui connaissent très bien la famille Ferrari, deux gars que je respecte et avec qui je m’entends très bien. L’alchimie est très bonne au sein de l’équipe.

Lors de la première séance qualificative, vous vous êtes classés 12e de votre catégorie, à 3"165 de la référence établie par la Porsche #91 et à 0"815 de la meilleure Ferrari. Ces deux heures de roulage se sont-elles passées comme vous vous y attendiez ?

Plus ou moins. Notre voiture n’a pas eu de chance avec les slow zones, j’étais dans un très bon tour qui nous aurait placés bien plus haut. J’avais fait un super tour, je suis sorti du dernier virage, tout avait été parfait et j’ai dû ralentir, c’est très décevant. Les données montrent que le tour aurait pu être très bon, ce n'est pas le cas du temps au tour. C’est comme ça, nous allons nous battre de nouveau ce soir.

Que pensez-vous du 3'47"504 signé par la Porsche #91 pilotée par Gianmaria Bruni, une seconde et demie devant la concurrence ?

C’est un très bon chrono. Quand on pense à 2009 ou 2010, lorsque le regretté Allan Simonsen a fait le premier temps au tour de l’Histoire sous les quatre minutes [en GT] dans une Ferrari 430... Je me rappelle avoir vu des vidéos de lui agitant le poing de joie, et tout le monde trouvait ça incroyable qu’une GT tourne en moins de quatre minutes. Maintenant, on fait 3'47, c’est 12 secondes et demie de mieux ! C’est largement plus rapide.

Cela montre à quel point l’industrie automobile a évolué et progressé dans tous les domaines. D'un certain point de vue, on peut même considérer que nous avons la même puissance, voire moins, vu comme nous avons amélioré le comportement de la voiture, l’aérodynamique, nous avons réduit la traînée. Tout le monde a énormément progressé.

Justement, quel est le potentiel de votre voiture en matière de temps au tour ?

Le tour que j'aurais pu faire hier soir aurait sûrement été l’un de mes meilleurs tours avec Ferrari. Cela aurait été dans la fourchette basse des 3'49. Cela aurait été fantastique pour moi, j’aurais été ravi. Je pense que c’était notre rythme si nous faisions tout à la perfection. Mais 3'47"5, c’est un autre niveau, là.

Êtes-vous satisfait du Kit Evo sur la Ferrari 488 GTE ?

Je le trouve très impressionnant. Nous pouvons comparer à l’an dernier au début du mois du Mans, nous avons plus de poids et moins de puissance, mais nous sommes capables, à Spa, d’aller bien plus vite que l’an dernier. C’est uniquement grâce à l’évolution de ce véhicule et à l’Evo Kit. Le travail que nous avons effectué cet hiver est fantastique. Tout le monde chez Ferrari – les pilotes, les designers, les mécaniciens, les ingénieurs – a fait le maximum pour maximiser le package que nous sommes autorisés à apporter.

Pensez-vous que la victoire est à votre portée en GTE Pro ?

Il ne faut jamais dire jamais ! Bien sûr, il y a quelques voitures qui ont bel et bien l’avantage. Est-ce que c’est réaliste ou non de penser que nous pouvons gagner, je ne sais pas, mais pourquoi pas ? Pourquoi ne pas viser la victoire ? Tout peut arriver, c’est une très longue course. Si nous sommes malins, si nous avons une bonne stratégie, si nous pilotons bien sans rencontrer de problèmes techniques, c’est possible, on ne sait jamais.

Cette course va-t-elle être une course d'attaque ou d'attente ?

Chaque tour sera un tour de qualif’ ! Il faut attaquer. Dans cette catégorie, on ne peut pas se contenter de faire des tours, tout le monde attaque comme si c’était une course sprint, mais ça dure 24 heures. Il faut être à la limite de ce que le pilote et la voiture peuvent accomplir et de ce que la voiture peut accomplir. Nous attaquerons et nous verrons, c’est tout ce que nous pouvons faire.

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