Sécurité - L'équipement du pilote aux 24 Heures du Mans

Tristan Gommendy a accepté de détailler pour les lecteurs de Motorsport.com l'équipement qu'il va utiliser à l'occasion de cette 86e édition des 24 Heures du Mans.

Sécurité - L'équipement du pilote aux 24 Heures du Mans

Plus grande course d'Endurance au monde, les 24 Heures du Mans ont connu de grandes évolutions sur le plan de la sécurité au fil des ans. Le mythique tracé sarthois n'en reste pas moins un lieu dangereux, avec des caractéristiques uniques et des conditions particulières. Tout mettre en œuvre pour assurer la protection des pilotes est évidemment primordial.

Notre chroniqueur Tristan Gommendy participe cette année au double tour d'horloge manceau pour la neuvième fois de sa carrière, cette fois sous les couleurs de l'équipe Graff-SO24, qui engage une ORECA 07 en LMP2.

Le casque

Le casque de Tristan Gommendy

Pour le casque, on subit la réglementation qui est décidée en amont : il est obligatoirement en carbone. Il n'y a pas de marque particulière, chacun choisit la sienne en fonction de ses préférences. Mis à part le carbone, les particularités vont concerner la visière. Pour être homologuée, une visière doit avoir une épaisseur de cinq millimètres.

Il y a également quelques règles quant à la composition des peintures du casque avec une priorité qui est la même que pour l'ensemble de nos équipements : chaque composant qui nous entoure doit être homologué avec des normes antifeu. Tout l'intérieur du casque, ainsi que les mousses absorbantes antichoc et les tissus, sont ignifugés et respectent une réglementation bien spécifique.

Le casque de Tristan Gommendy

Dans un prototype fermé, je roule avec la visière ouverte. Je la garde ouverte régulièrement pour avoir le flux d'air, car on passe des heures dans le cockpit et il y fait très chaud. Je mets une visière fumée en cas de besoin à cause de l'éblouissement, si à un moment donné il y a le soleil de face.

En revanche, pour des raisons de sécurité évidentes, il y a obligation de fermer la visière lorsque l'on rentre ou sort de la voiture. Lors d'un changement de pilote, c'est un moment où il y a un ravitaillement en essence, avec un risque d'incendie. Que ce soit le pilote qui monte dans la voiture ou celui qui descend, tous les deux doivent avoir la visière fermée pour que les yeux soient protégés en cas de feu.

Combien de casques pour la semaine du Mans ?
Idéalement, il faut avoir deux casques. Il y a deux raisons à cela : soit – mais c'est moins le cas dans les voitures fermées – parce que l'on prépare un casque en situation de nuit ou de pluie, avec les visières transparentes ou les visières jaunes ; soit pour pouvoir faire sécher un casque pendant qu'on utilise l'autre, afin de remonter dans la voiture avec un casque qui est sec. Il est toujours bon de faire un roulement avec deux casques.

Le système HANS

Le système HANS de Tristan Gommendy

Depuis plusieurs années maintenant, le casque possède des attaches pour le système HANS (Head And Neck Support : support pour la tête et le cou). Beaucoup de choses ont changé et évolué concrètement sur le plan de la sécurité suite à l'accident d'Ayrton Senna en 1994. Lui a perdu la vie, mais a permis d'en sauver énormément derrière, car en a découlé pas mal de choses.

Le cou du pilote est forcément une partie exposée aux chocs. Le système HANS est là pour retenir la tête en cas de choc frontal, pour éviter par exemple que le pilote vienne jusqu'à taper le volant, ou tout simplement empêcher des fractures cervicales lors d'un choc extrêmement violent. Rattaché au casque, le système HANS est aussi fixé sous les harnais de sécurité : ce sont les sangles qui vont justement retenir la tête du pilote s'il y a un choc frontal.

Le casque de Tristan Gommendy

Apparu il y a une quinzaine d'années, le HANS a été une évolution très importante, même si un peu contraignante au départ. C'était un système compliqué pour les pilotes relativement grands comme moi, qui avaient déjà peu de place dans les cockpits : c'était difficile d'un point de vue confort, avec l'angle du HANS. Il fallait trouver ce qui était le mieux, car il y a différents angles possibles, que l'on peut faire varier. Depuis, le système a bien évolué, avec notamment des coussins d'air qui le rendent plus confortable. 

Combien de systèmes HANS pour la semaine du Mans ?
Un seul, car il n'y a aucune usure, c'est du carbone Kevlar, ça ne bouge pas.

La cagoule, les gants, les sous-vêtements

Les gants de Tristan Gommendy

Il y a interdiction formelle d'avoir des sous-vêtements en coton. La totalité de ce qui nous équipe en course doit être ignifugé. On doit avoir le caleçon long sous la combinaison, les chaussettes doivent être ignifugées, les chaussures homologuées, les gants également, le tout avec des réglementations qui évoluent généralement tous les trois à cinq ans. Il y a des progrès d'année en année. La cagoule est obligatoire et ignifugée : elle a tout simplement des propriétés antifeu.

Quelle quantité pour la semaine du Mans ?
Idéalement, il faut avoir deux paires de gants, quatre cagoules et quatre ensembles de sous-vêtements. Personnellement, je n'utilise qu'une seule paire de chaussures. 

La combinaison

La combinaison de Tristan Gommendy

La combinaison doit répondre aux normes FIA en fonction de la catégorisation de la course ou du championnat auquel on participe. Elle doit être ignifugée. Il y a une triple épaisseur obligatoire.

Aux 24 Heures du Mans, il y a une norme bien précise pour l'ensemble des équipementiers. Cela concerne le nombre de couches de Nomex (une fibre synthétique hautes performances) ainsi que des choses de plus en plus strictes pour ce qui concerne les broderies et les logos. 

Il n'y a pas si longtemps que ça, on pouvait apposer des logos ou des broderies qui n'étaient pas forcément ignifugés. Depuis une dizaine d'années, les broderies doivent être obligatoirement faites avec un tissu ignifugé si elles sont extérieures et apposées sur la combinaison. 

Combien de combinaisons pour la semaine du Mans ?
La plupart du temps c'est deux, et selon les astuces on arrive à tourner. Il y a des équipes qui ont de quoi les faire sécher. Il y a aussi le système simple que j'utilise depuis des années : je la mets dans la cabine de chauffe du pneu, c'est à plus de 80 degrés, et en vingt minutes c'est sec !

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