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Toyota hyper favori : "On vit avec, on sait que c'est dangereux"

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Toyota hyper favori : "On vit avec, on sait que c'est dangereux"
Par :
11 juin 2018 à 10:00

Pour sa vingtième participation aux 24 Heures du Mans – la septième consécutive – le constructeur japonais va-t-il enfin décrocher le Graal ? Son directeur technique Pascal Vasselon fait le point avant la folle semaine mancelle.

Pascal Vasselon, quelle est l'ambiance générale dans l'équipe avant ces 24 Heures du Mans ?

Alors que notre histoire au Mans s'est pour l'instant toujours conclue dans une sorte de déception, de drame parfois, chaque fois qu'on arrive au Mans il y a un réel enthousiasme qui domine. On ne vient pas au Mans à reculons. C'est ça qui est remarquable : personne dans l'équipe ne se dit : "Bon sang, on vient encore au Mans". Non, on vient chaque année avec beaucoup d'enthousiasme et ce n'est pas complètement facile de comprendre pourquoi.

Je pense qu'il y a la nature de la course elle-même, qui est tellement extraordinaire, et aussi le fait que, ces dernières années, à part 2015, on est arrivés chaque fois avec une dynamique de performance. Il est vrai qu'au final, ça n'a pas été suffisant, et on a perdu, mais chaque fois on a vécu 15 bonnes journées. La course s'est mal terminée, mais on retient souvent le déroulement des essais, et il y a eu des feelings très positifs en 2014, 2016, 2017. 

L'année dernière, jusqu'à ce que ça se passe mal en course, les quinze jours du Mans avaient été une sorte de rêve : on était rapides à toutes les séances, on n'avait pas de problème. Je crois que l'équipe garde en tête ces moments-là, et construit dessus. On essaie d'éradiquer tout ce qui s'est mal passé dans les dernières heures.

#7 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Mike Conway, Kamui Kobayashi, Jose Maria Lopez, Fernando Alonso, Anthony Davidson

Et malgré tout avec la conscience d'avoir une étiquette de favori qui est énorme cette année ?

C'est sûr que cette année, c'est encore un stade supérieur aux autres années, mais on avait l'étiquette l'année dernière. On avait gagné les deux premières courses en dominant, et on avait déjà ce statut d'hyper favori.

On vit avec, on sait que c'est dangereux, mais tout ce qui nous est arrivé l'année dernière est complètement indépendant du fait d'avoir eu un statut de favori. Cette année, on a à nouveau ce statut, peut-être avec une marge supérieure – on ne sait pas, on n'a pas tout vu de nos adversaires – mais on essaie de faire en sorte que ce statut ne soit pas contre-productif.

Pascal Vasselon, directeur technique de Toyota Racing

Qu'est-ce qui peut empêcher Toyota de gagner Le Mans ?

Beaucoup de choses. Ces quatre dernières années, nous étions les vainqueurs logiques à trois reprises. Ce que j'appelle le vainqueur logique, c'est celui qui a la meilleure performance, une fiabilité fondamentale correcte, et une bonne gestion de la course. En 2014, 2016 et 2017, on avait la voiture la plus rapide. En 2016, c'était juste mais on avait une meilleure stratégie de course. Malheureusement, ça n'a pas suffi.

Sur toutes nos participations au Mans, une fois sur deux ce sont les accidents qui nous empêchent de gagner. Le taux d'accidents au Mans est très fort ; les accidents de trafic, pas forcément causés par nos pilotes.

La deuxième cause qui nous a empêchés de gagner Le Mans, ce sont des problèmes de qualité isolés, qui ne correspondent pas à un problème fondamental. Depuis 2013, on n'est jamais venus au Mans avec un élément qui était à la limite, jamais. Mais ça ne suffit pas, car on a eu trois fois des éléments fiables qui ont cassé parce qu'il y a eu une bêtise. L'année dernière, on avait un moteur électrique qui faisait normalement 25'000 km et qui en a fait 2500, parce qu'une vis est tombée dans l'engrenage. 

Ce qui nous a vraiment impactés de manière terrible ces dernières années, avec une statistique assez incroyable, c'est qu'on a toujours eu un des problèmes qui a affecté les deux voitures. C'est notre Histoire au Mans. Voilà ce qui nous a empêchés de gagner Le Mans : six fois un accident, trois fois un problème de qualité isolé.

Crash de la #6 Toyota Racing Toyota TS050 Hybrid: Stéphane Sarrazin, Mike Conway, Kamui Kobayashi

Cet historique que vous avez analysé, ces risques que vous avez évalués, ne vous ont-ils pas donné envie d'engager à nouveau trois autos ?

La troisième voiture, quand on sait la mettre en place sans autre compromis, c'est toujours du bonus. Ça n'a pas suffi l'année dernière car on a eu un problème de plus par voiture, mais si on avait pu avoir le budget pour une troisième voiture cette année, on l'aurait fait. Si on ne l'a pas fait, c'est juste que l'on n'avait pas le budget, et si on avait mis une autre voiture en place, on aurait cassé autre chose. On aurait été obligés de faire des compromis trop désastreux sur d'autres paramètres.

Il y a un tel facteur risque au Mans, surtout quand on est dans notre cas, où la performance est là, où la fiabilité fondamentale est là : c'est dans ce cas-là qu'il faut avoir plus de voitures pour diminuer le risque des impondérables. Définitivement, il aurait fallu avoir trois voitures, ou même quatre ! À la grande époque d'Audi et Peugeot, ils venaient en général avec trois voitures gérées par l'usine et une par un privé haut de gamme. D'une certaine manière, ils avaient raison. Quand on a le budget pour le faire, quand on comprend bien le niveau de risque du Mans, qui n'est pas compressible, il faut venir avec beaucoup de voitures quand on a la voiture pour gagner.

#9 Peugeot Sport Total Peugeot 908: Franck Montagny, Ricardo Zonta, Christian Klien, #1 Audi Sport North America Audi R10: Marco Werner, Frank Biela, Emanuele Pirro
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