Toyota GT-One : la plus belle voiture à n'avoir pas gagné les 24H ?

Retour sur une voiture aussi belle et emblématique que malheureuse aux 24 Heures du Mans, la Toyota GT-One.

En 1998, Toyota fait son retour au Mans avec la TS020, plus connue sous le nom de GT-One. Depuis ses quartiers de Cologne en Allemagne, l’entité européenne de la marque nippone, Toyota Team Europe (TTE), est chargée de développer un modèle répondant au règlement GT1 de l’époque. S’agissant du moteur de la bête, la section Japonaise de Toyota met substantiellement à jour le moteur RC36V que l’on retrouvait dans les modèles Groupe C de la marque.  

Sous la houlette du père de la Peugeot 905, André de Cortanze, TTE remet une copie sublime qui ne laisse personne indifférent : la ligne de la GT-One subjugue autant que le projet inquiète la concurrence, alors composée de Porsche, Mercedes ou encore BMW. C’est donc en outsider redouté que se présente Toyota aux 24 Heures du Mans 1998.  

En l’absence d’un championnat de voitures de sport, la classique Mancelle représente le baptême du feu pour la GT-One, et les milliers de kilomètres engrangés sur le circuit du Paul Ricard en prévision du grand jour ne sont pas de trop. Dans les rangs japonais, on retrouve certains anciens de la Formule 1, comme Martin Brundle, Thierry Boutsen, Ukyo Katayama ou Toshio Suzuki. Plus surprenant est l’addition du célèbre "Drift King", Keiichi Tsuchiya, véritable légende vivante au pays du soleil levant, réputé pour avoir popularisé la discipline du drift dans les années 80-90.  

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Pour ses débuts sur le tracé sarthois, la belle japonaise impressionne son monde : Brundle signe une très convaincante seconde place sur la grille de départ au volant de la #28, à une seconde de la Mercedes CLK-LM de Bernd Schneider. Les #29 et #27 sont un peu plus loin, en septième et huitième positions, dans une marée de LMGT1 et de LMP1 qui occupent les 29 premières places du classement des qualifications.  

La #28 dispose de la CLK-LM dès le premier tour et est ensuite relayée par la #29 qui mène les débats jusqu’à la tombée de la nuit. Après avoir fait montre d’un rythme impressionnant, le reste de cette édition 1998 est une épreuve pour les équipages Toyota : la #28 doit abandonner après un accident, et une casse de boîte de vitesses met fin aux espoirs de la #29.   

Seule rescapée, mais trop éloignée de la tête, la #27 ne parvient pas à accrocher le podium. La désillusion dans les rangs Toyota est à la hauteur des espoirs nourris par les performances de premier plan de la GT-One dès ses débuts. 

Après une deuxième tentative infructueuse, couronnée de malchance en 1999, Toyota se consacre à son nouveau programme F1 et délaisse la TS020. La GT-One restera dans l’histoire comme l’une des voitures les plus performantes et emblématiques à ne pas avoir remporté la plus grande course d’Endurance au monde. 

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