Toyota, Porsche, un duel manceau déjà entamé

Lors de la présentation des 24 Heures du Mans, jeudi soir, Toyota et Porsche ont annoncé leurs ambitions pour la classique mancelle. D'ores et déjà, l'opposition est amorcée, entre revanche et défense.

Toyota, Porsche, un duel manceau déjà entamé
Anthony Davidson, Sébastien Buemi, Toyota Racing
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Neel Jani
#5 Toyota Racing Toyota TS050 Hybrid: Kazuki Nakajima after the checkered flag
#5 Toyota Racing Toyota TS050 Hybrid: Anthony Davidson, Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima
#5 Toyota Racing Toyota TS050 Hybrid: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Anthony Davidson
Sebastien Buemi, Toyota Racing
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Romain Dumas, Neel Jani, Marc Lieb
Neel Jani, Porsche Team
#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Romain Dumas, Neel Jani, Marc Lieb
Andre Lotterer, Porsche Team
Andre Lotterer, Porsche Team

C'est encore dans toutes les têtes. Les 24 Heures du Mans 2016 ont laissé un goût d’inachevé. Ce final inoubliable, avec l’arrêt de la Toyota, est venu, à une minute de la fin, mettre un terme à un duel formidable. Au final, Porsche s'est imposé après une course dominée par Toyota. Vaste paradoxe qui trotte encore dans les esprits.

Huit mois plus tard, le questionnement est encore là, tenace. Sébastien Buemi, engagé sur la Toyota no5, celle qui s’est arrêtée, y pense encore. "Pas tous les jours", sourit-il. "Même si on gagnait cette année, ça n’enlèverait pas totalement le mal de l’année passée, mais ça aiderait un petit peu." Le pilote suisse ne cache en rien ses ambitions. À l’image de Toyota pour qui il conduit, il veut que cette année 2017 tourne en la faveur du constructeur japonais, et de lui-même.

Sans revenir sur le passé, la marque japonaise reprend donc le chemin de l’exploit, là où l’équipe l'a laissé l’an dernier, sur la longue ligne droite des stands. "On peut revenir après ça, et c’est ce que l’on fait", explique Buemi. "Ça a été la course la plus difficile que j’ai disputée, mais d’une certaine façon, elle a été intéressante parce que nous sommes revenus très, très forts par rapport à 2015."  Très fort, mais pas assez longtemps, lors de cette édition 2016. Dans les dernières minutes, elle avait sombré dans le cauchemar, tournant en faveur du compatriote du Suisse, Neel Jani, sur Porsche. "Je suis content pour Neel", reprend Buemi. "Mais cette année, c’est notre tour de gagner."

Cette année, c’est notre tour de gagner.

Sébastien Buemi, pilote Toyota.

Pour preuve, le constructeur nippon n’a pas lésiné sur les efforts. Depuis 2012, Toyota n’avait jamais engagé plus de deux voitures. Cette année, l’écurie en aligne trois, avec Stéphane Sarrazin, écarté du programme WEC, en capitaine. Un choix logique selon Pascal Vasselon, le directeur technique : "On a regardé nos statistiques, on a vu que deux fois, on avait échoué avec un scénario absolument identique : une voiture qui connaît un accident et une autre qui rencontre une panne mineure. Deux années, il nous a manqué cette troisième voiture."

"Écrire l'Histoire de la bonne façon"

Cette saison, le directeur technique de Toyota s'attend à une fin tout autre que celle qui entraîne les mots de consolation. "Nous avons été surpris de l'ampleur des retours que l'on a eus après Le Mans," s’émeut-il. Toutefois, en tant que compétiteur, c’est bien la victoire que lui et son écurie visent : "On a fait l'Histoire, mais pas la bonne. C'est pour ça que nous sommes au Mans avec trois voitures, pour écrire l'Histoire de la bonne façon."

En face, cependant, il faudra compter sur une opposition plus que solide. Vainqueur des deux dernières éditions, Porsche ne compte pas laisser Toyota reprendre l’avantage. Neel Jani, vainqueur en titre, se doute que ce ne sera pas simple : "2016 a été une année absolument parfaite pour nous : on a eu le Mans, on a gagné le championnat. Ça va être difficile de faire la même chose cette année avec trois voitures en face. Ils voulaient vraiment remporter la course, donc je pense que ça va être très difficile."

Il pourra cependant compter sur un équipage revu, avec l’arrivée d'André Lotterer, le rapide ancien pilote Audi, trois fois vainqueur des 24 Heures du Mans, et sur celle de Nick Tandy, vainqueur en 2015 sur Porsche. André Lotterer, une recrue qui enthousiasme justement Andreas Seidl, team principal de Porsche : "Nous sommes ravis de pouvoir l’accueillir chez nous. Il a prouvé par le passé qu'il faisait partie des meilleurs pilotes et nous sommes ravis de pouvoir bénéficier de son expérience."

Son arrivée a permis d’apporter un autre regard sur la 919 Hybrid : "C'était intéressant pour nos ingénieurs de le voir piloter une de nos voitures. C'est une perspective différente, la voiture ne se comporte pas comme l'Audi. Je suis convaincu qu'André sera un atout maître pour nous, tout comme les deux autres pilotes. Ce sera un nouveau chapitre pour nous avec ces nouveaux pilotes."

Et nouveau chapitre pour Le Mans avec, probablement, autant de rebondissements que l’an dernier. Une chose est sûre, le duel a déjà commencé, du moins dans les têtes.

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