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Retour du préchauffage des pneus : pas une bonne nouvelle pour Toyota

Le préchauffage des pneus est de retour pour les 24 Heures du Mans, et c'est loin de faire le bonheur de Toyota. Le bolide nippon souffre de ce changement par rapport à la concurrence.

#7 Toyota Gazoo Racing Toyota GR010 - Hybrid of Mike Conway, Kamui Kobayashi, Jose Maria Lopez

Le 11 mai dernier, la FIA et l'ACO ont annoncé que l'interdiction de préchauffer les pneumatiques en vigueur depuis le début de la saison du Championnat du monde d'Endurance allait être exceptionnellement levée pour les 24 Heures du Mans. En cause, des incidents survenus lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps à la sortie des stands, avec un accident de Brendon Hartley (Toyota) et un crash pour Antonio Fuoco (Ferrari).

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Les instances ont donc préféré jouer la sécurité pour le centenaire des 24 Heures du Mans, mais cette mesure qui facilite la vie de tout le monde sur le papier ne fait pas que des heureux. Chez Toyota, le directeur technique Pascal Vasselon a expliqué que le retour du préchauffage des pneus allié à la nouvelle BoP imposant aux voitures japonaises d'embarquer 37 kg supplémentaires constituait un cocktail explosif empêchant une exploitation optimale des gommes.

"Ils ont changé [la règle du] préchauffage pour cette course. Avant, il était interdit. Nous ne l'avons jamais utilisé. Nous n'avons aucune donnée", déplorait Kamui Kobayashi, pilote et directeur d'équipe, auprès de Motorsport.com mardi soir. "Forcément, avec ces pneus – les pneus 2023 – l'usure est très élevée. En raison des pneus sans préchauffage – ce qui signifie que la fenêtre d'utilisation est basse – une fois qu'il y a plus de poids, l'impact du poids est plus élevé que ce à quoi nous nous attendions. Nous payons un prix très élevé pour ces changements, malheureusement."

"On s'adapte du mieux qu'on peut, mais c'est vrai", confirme Sébastien Buemi, qui déplore un "changement de dernière minute", précisant : "Du moment où on a entendu qu'il n'y avait plus de préchauffage des pneus, on a tout de suite travaillé là-dessus : on a développé, on a fait des choix techniques qui nous ont amenés à optimiser le fait que tu ne pouvais pas chauffer."

"Le fait de revenir en arrière… C'est pour tout le monde la même chose, mais on a beaucoup travaillé là-dessus pour minimiser l'impact, le fait que les pneus étaient froids. Les pneus n'ont pas été développés dans l'esprit de les chauffer, ce qui fait que, sans aller dans les détails, ça fait sortir les pneus de la fenêtre, ça les met dans des situations pour lesquelles ils n'ont pas été faits."

#50 Ferrari AF Corse Ferrari 499P of Antonio Fuoco, Miguel Molina, Nicklas Nielsen

Chez Ferrari, on se réjouit du retour du préchauffage des pneus

Or, du côté des autres constructeurs d'Hypercar, le son de cloche n'est pas le même. Ferrari avait vécu une certaine frustration avec l'accident de Fuoco à Spa-Francorchamps, et forcément, les pilotes au cheval cabré se félicitent de cette mesure.

"C'est bien", estime Antonio Giovinazzi. "Je pense que c'était la bonne décision, particulièrement pour Le Mans. Il y a des séances nocturnes, et sortir des stands en pneus froids peut être compliqué. Je pense que c'est une bonne décision de revenir en arrière. J'ai passé les dernières années en Formule 1, alors pour moi, c'est quelque chose de plus habituel, mais ici au Mans, on parle de températures qui peuvent descendre de plusieurs degrés la nuit, et c'est dangereux. À Spa, il faisait froid et il y a eu beaucoup d'accidents. C'était la bonne décision à prendre."

Nicklas Nielsen confirme : "Jusque-là, nous n'avons rien vu d'autre que du positif quant à l'utilisation du préchauffage."

Dans le clan Cadillac, si Jack Aitken souligne qu'il a fallu acquérir le matériel de préchauffage "au dernier moment", le pilote écossais-coréen nous assure qu'il s'agit du seul problème posé par cette nouvelle règle : "Ça ne change pas grand-chose, ça enlève juste la phase de mise en température. Quand la voiture est chaude, ça ne change pas les réglages, les pressions de pneus ou la manière dont on pilote la voiture. Nous n'avons pas constaté [des températures hors de la fenêtre de fonctionnement]."

Et malgré sa désapprobation vis-à-vis de cette mesure, Sébastien Buemi reconnaît volontiers qu'elle a des conséquences positives. "C'est sûr qu'en tant que pilote, ça te facilite la vie d'avoir un système comme ça. Tu sors des stands, tu ne te poses pas 50 questions, tu n'es pas stressé. Tu sais que normalement, ça va aller. Avant… à Spa, tu transpirais pendant un moment, je vous le dis ! Le but n'était pas forcément d'aller vite, à Spa, c'était juste de ne pas sortir. Que voulez-vous, c'est comme ça. À nous de nous adapter", conclut le Suisse.

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