Toyota - "S'il y a une année où il faut qu'il pleuve..."

Hyper favori il y a un an, Toyota avait manqué la victoire aux 24 Heures du Mans en raison d'une sortie de piste sous la pluie pour son premier proto, et d'un ennui électrique pour le second.

Cette année, le constructeur japonais fait face à une hausse impressionnante de performance de la part de ses concurrents directs, Audi et Porsche. Mais dans le clan nippon, on se veut serein. Stéphane Sarrazin le sait mieux que quiconque, tout peut arriver au Mans, et le plus rapide n'y gagne pas forcément. C'est l'état d'esprit dont il a fait part à Motorsport.com à la veille des premiers essais sur le circuit de la Sarthe, où il fera équipe dans la Toyota TS040 Hybrid avec Alexander Wurz et Mike Conway.

 

Stéphane, quel est l'état d'esprit après la Journée Test et les premiers essais?

Il y a de la sérénité. On a bien bossé, on est moins rapides que les Audi et les Porsche mais on a une voiture qui est fiable, on a beaucoup travaillé cet hiver et les tests se sont plutôt très bien passés donc on va faire notre course.

Par rapport à l'année dernière, vous arrivez ici sans l'étiquette de favori, qu'est-ce que cela change dans l'approche? Est-ce que cela vous inquiète?

L'an dernier on était favoris, on a mené la course pendant 16 ou 17 heures, et à 5 heures du matin on a abandonné alors qu'on avait quasiment un tour d'avance sur les Audi. Les Audi ont eu des problèmes après, ils ont perdu 35 minutes. Donc clairement, on était plutôt facile. Mais on a quand même abandonné à cause d'un faisceau électrique. Cette année on est moins favoris, c'est sûr. Les Porsche et les Audi sont très très rapides, c'est stupéfiant, donc on fera une course d'attente. On verra, mais on a une voiture qui est fiable. C'est à nous de faire le bon boulot sans gâcher.

Quel va être le facteur clé?

La fiabilité! Pour les pneus, Michelin travaillent beaucoup avec chaque constructeur donc on a tous des pneus qui nous vont bien. Pour la conso on est tous pareil, Porsche doit faire un tour de plus peut-être. Après c'est comme d'habitude : celui qui ne tapera pas, qui ne fera pas d'erreur, qui s'arrêtera le moins au stand, qui sera chanceux, car Le Mans c'est aussi ça.

La météo lors de la Journée Test vous a empêché de faire tous les essais attendus avec les pneus. Est-ce que cela peut avoir un impact?

L'impact est positif car s'il pleut, on a réglé la voiture, donc ce n'est pas un problème. Je pense que c'est pas mal sur une journée d'essais d'avoir toutes les conditions comme on a pu les avoir. On a passé tous les types de pneus : intermédiaires, slicks, pluie, etc. On est calés, on a toutes les infos, et il n'y a plus qu'à attendre et voir ce qui se passe.

La pluie - qui est attendue notamment dimanche - pourrait-elle être un allié pour Toyota?

C'est clair que ça peut aider, mais c'est très très chaud de rouler sous la pluie au Mans. Mais on n'aura pas le choix. Et on a vu que sous la pluie on était quand même plus proches que sur le sec, donc pourquoi pas… S'il y a une année où il faut qu'il pleuve, c'est plutôt celle-là. La partie châssis et aéro prend alors le dessus sur le moteur, et nous, notre déficit, c'est plutôt le moteur.

A propos de cet article
Séries 24 heures du Mans
Pilotes Stéphane Sarrazin
Équipes Toyota Racing
Type d'article Interview
Tags endurance, le mans, lmp1