Une première au Mans pleine d'émotions pour Inès Taittinger

A 26 ans, Inès Taittinger disputera ses premières 24 Heures du Mans au volant de la Morgan-Nissan LMP2 du Pegasus Racing. Un rêve devenu réalité pour la jeune Française, qui s'est confiée à Motorsport.com.

Une première au Mans pleine d'émotions pour Inès Taittinger
#29 Pegasus Racing Morgan - Nissan : David Cheng, Leo Roussel, Julien Schell
Inès Taittinger
Inès Taittinger
Inès Taittinger
#29 Pegasus Racing Morgan - Nissan: David Cheng, Leo Roussel, Jonathan Coleman
#29 Pegasus Racing Morgan-Nissan: David Cheng, Ho-Pin Tung, Alex Brundle
#29 Pegasus Racing Morgan LM P2 : Ho-Pin Tung, David Cheng, Leo Roussel
Inès Taittinger

Si le virus du sport automobile lui a été transmis très jeune par son père, Inès Taittinger a dû patienter avant de pouvoir effectuer ses débuts en compétition. "Mon père voulait que j'aie le permis de conduire d'abord", explique la jeune Champenoise à Motorsport.com. "J'ai fait un peu de karting de location, j'adorais ça, mais je n'ai jamais disputé de course de ma vie, même en karting, avant 2009."

A 19 ans, Inès Taittinger découvre ainsi le pilotage d'un prototype CN, en l'occurrence la Ligier JS51 de l'équipe Blue One, sous la houlette de l'ancien pilote de F1 Philippe Alliot. Après une première expérience en course en 2009, Inès Taittinger effectue encore d'autres apparitions épisodiques en V de V avec cette même équipe de 2010 à 2012.

L'année 2013 voit la jeune pilote française passer un cap dans son apprentissage du sport automobile. Intégrée cette fois à l'équipe CD Sport, elle dispute l'intégralité de la saison au volant d'une Norma M20 FC, et fait de même pour les deux saisons suivantes. Quatre podiums viendront ponctuer cette expérience au sein de la structure paloise, une expérience cruciale dans le cadre du développement d'Inès Taittinger en tant que pilote.

"J'ai énormément appris et progressé durant ces années", continue-t-elle. "Le V de V m'a appris l'esprit d'équipe, à travailler dans un cadre professionnel, à gérer mes équipiers, j'ai assimilé beaucoup de choses en termes de pilotage également. Malheureusement, nous avons rencontré pas mal de problèmes techniques qui nous ont empêchés de décrocher les résultats que nous envisagions."

C'est également durant cette période qu'a germé l'idée d'une participation aux 24 Heures du Mans dans l'esprit de la jeune femme. "Cela fait deux ans que j'y pense", confie-t-elle. "J'ai beaucoup travaillé pour trouver des partenaires. Finalement, le projet a été reporté à 2016 et c'est une bonne chose avec le recul. Je me sens davantage prête cette année pour relever ce défi."

J'ai pleuré lorsque l'on m'a dit que nous allions aux 24 Heures du Mans !

Inès Taittinger.

Après avoir trouvé un accord avec l'écurie Pegasus Racing de Julien Schell pour disputer l'European Le Mans Series sur une Morgan-Nissan P2, Inès Taittinger a attendu avec anxiété le verdict de l'ACO quant à la validation du billet pour les 24 Heures du Mans pour l'équipe alsacienne. Et c'est tout naturellement avec une joie immense qu'elle a accueilli la bonne nouvelle.

"J'ai pleuré lorsque l'on m'a dit que nous allions aux 24 Heures du Mans !", raconte-t-elle. "Cette course, j'en rêvais depuis que j'ai débuté le sport auto, c'est tellement beau. Je suis sur un petit nuage, mais je suis consciente que le challenge est énorme, c'est une course fantastique. Je suis un peu stressée, et cela va monter encore davantage au fil des semaines jusqu'à la course. Mais j'ai surtout hâte d'y être !"

Alors qu'elle s'apprête à franchir un palier supplémentaire dans son parcours, Inès Taittinger aura de nombreuses choses à assimiler en 2016, même s'il elle pourra s'appuyer sur son expérience en V de V. "Si j'ai eu l'opportunité de la tester un peu en mars l'année dernière, je ne connais pas vraiment la Morgan-Judd", indique-t-elle. "Je me considère comme une novice. Je me prépare à un gros challenge, physiquement déjà. Je m'entraîne beaucoup, au minimum deux heures par jour pour muscler mon cou, mon dos. J'y travaille intensément car je pars de loin physiquement."

"Après, la Norma est également une voiture physique, et j'ai régulièrement effectué des relais de deux heures sans problème. Quant à la gestion du trafic, ce n'est pas quelque chose qui me fait particulièrement peur car j'ai déjà connu ça en V de V, où il existe des écarts de performances conséquents avec des concurrents, et où l'on doit gérer des voitures plus lentes en piste. Maintenant, Le Mans est une course d'un niveau incroyable, une épreuve mythique qu'il faudra aborder avec humilité."

Une pilote de cœur

Inès Taittinger en profitera pour représenter l'association Mécénat Chirurgie Cardiaque, dont elle est ambassadrice, et dont le but est de récolter des fonds pour permettre à des enfants souffrant de malformations cardiaques de venir en France et être opérés lorsqu'ils ne peuvent pas être soignés dans leur pays d'origine.

Par ailleurs, la tricolore assure au plateau de l'édition 2016 des 24 Heures du Mans une présence féminine qui lui faisait défaut l'an passé. "C'est quelque chose qui compte pour moi également", conclut-elle.

Rendez-vous dans un mois pour les essais préliminaires de l'ELMS au Castellet.

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