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2000, "la seule chance" de titre de Roberts Jr avant l'éclosion de Rossi

L'Américain, qui a fait officiellement son entrée parmi les Légendes du MotoGP il y a environ deux semaines, reconnaît que l'année de son sacre fut sans doute sa seule opportunité de décrocher un titre face à la montée en puissance de l'Italien.

2000, "la seule chance" de titre de Roberts Jr avant l'éclosion de Rossi
Kenny Roberts, Jr.
Kenny Roberts, Jr.
La Suzuki RGV500 avec laquelle Kenny Roberts Jr. a remporté le titre en 2000
Kenny Roberts, Jr.
Alex Hofmann dépasse Kenny Roberts
Kenny Roberts dépassant Colin Edwards pour avoir le meilleur temps de la séance de Friday PM
Départ: Kenny Roberts devant
Chris Vermeulen pourchassé par Kenny Roberts
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts, Jr.
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts Jr.
Kenny Roberts Jr., Team Suzuki
Kenny Roberts Jr., Team Suzuki
Sete Gibernau, Team Suzuki, Kenny Roberts Jr., Team Suzuki

Kenny Roberts Jr aura laissé un trace indélébile dans l'Histoire du MotoGP, comme en témoigne son entrée parmi les Légendes du sport, lors d'une cérémonie organisée en marge du Grand Prix des Amériques, le mois dernier.

L'Américain restera ainsi comme le premier fils de Champion du monde à avoir également décroché le titre, en 2000, demeurant le seul encore aujourd'hui à avoir réalisé cette performance. Certes, celui-ci n'est parvenu qu'une fois à remporter les lauriers là ou son père, Kenny Roberts, avait enchaîné trois sacres d'affilée de 1978 à 1980, mais ses rivalités face à d'autres illustres pilotes tels que Mick Doohan, Álex Crivillé, ou bien encore un jeune Valentino Rossi restent gravées dans les annales de la discipline.

Arrivé en 500cc chez Yamaha en 1996, l'Américain a connu des débuts compliqués avant de rejoindre l'équipe de son père, le team Roberts, dès l'année suivante avec guère plus de succès, puis de se décider à quitter le cocon familial et signer chez Suzuki en 1999.

Départ tonitruant avec Suzuki

Un véritable coup gagnant : le pilote californien créait en effet la sensation en début de saison en taillant des croupières lors des deux premières manches, en Malaisie puis au Japon, au quintuple Champion en titre de l'époque, l'Australien Mick Doohan !

Des débuts saisissants qui allait amener logiquement les observateurs à faire de Roberts Jr le favori pour le championnat, d'autant plus que Doohan allait annoncer sa retraite quelques semaines plus tard suite à son grave accident lors des qualifications du Grand Prix d'Espagne, disputées sous la pluie.

De cette époque pas si lointaine, Kenny Roberts Jr garde en souvenir la relative rusticité des machines, qui fournissaient alors bien moins d'aides au pilotage qu'aujourd'hui. "Nous étions sur des motos plus exigeantes, et qui pardonnaient moins d'erreurs", rappelle-t-il, au micro du site officiel du MotoGP. "Si vous n'aviez pas la bonne inclinaison pour quelques degrés, c'était fini. J'étais souvent sur la moto, juste en train de me dire : 'Comment je fais pour ne pas chuter sur cette chose ?'. Il fallait aussi penser aux vitesses. Nous n'avions pas de tableau de bord qui nous disait : 'cinquième, quatrième, troisième'. Il fallait qu'on se souvienne de tout ça dans nos têtes."

Au final, 1999 n'aura pas été l'année du sacre pour le natif de Mountain View, qui fera preuve d'inconstance durant le reste de la saison et ne tiendra pas la distance face au retour du coéquipier de Doohan, un certain Álex Crivillé, lui-même intronisé au rang de Légende l'an dernier.

Objectif titre

Une déception pour l'Américain, qui avait fait du titre l'objectif de toute une vie. "J'avais quitté l'école pour aller au ranch [de son père] et piloter. C'est la seule chose que j'ai faite. Et ensuite mon idée était juste d'être Champion du monde. À ce moment-là, Wayne [Rayney] était Champion du monde. Donc mon approche de la vie était celle-ci : être simplement Champion du monde. Je ne connaissais rien du Superbike. Je ne connaissais pas le motocross. Il n'y avait que le titre de Champion du monde 500cc qui comptait. Donc le risque d'échec était très élevé."

Après cet échec, Roberts Jr avait conscience que l'opportunité de devenir Champion du monde n'allait pas perdurer éternellement, surtout face à l'ascension d'un Valentino Rossi, fraîchement débarqué en 500cc en 2000.

La fenêtre de tir était donc étroite pour le pilote Suzuki, qui allait devoir forcer le destin lors de la première saison du nouveau millénaire. "Mon père et moi nous discutions, et c'était du genre : 'Ce sera peut-être ta seule chance, car Valentino [Rossi] va commencer à survoler les débats avec sa moto et son équipe'", se souvient-il.

Un sentiment partagé avec ses adversaires, qui avaient également le pressentiment que l'éclosion du pilote italien était proche. "Nous le savions. Et même avec mes concurrents, nous savions que ce serait difficile. Je sentais que j'avais le package le plus régulier avec Suzuki, et nous avions été les plus proches [rivaux de Honda et de Crivillé] en 1999. Je sentais que ce pouvait être notre année [2000]. Valentino montait en puissance avec Honda, il allait devenir le numéro 1. Donc nous avons eu cette belle opportunité et nous l'avons saisie."

Grâce à une bien meilleure régularité, avec un seul abandon, aux Pays-Bas, ainsi que quatre victoires et cinq autres podiums, Roberts Jr mettait ainsi fin à la série de sacres de Honda, qui perdurait depuis 1994.

Des écarts étriqués

Un titre décroché au mérite, face à une concurrence extrêmement relevée composée en partie de Rossi, mais aussi de Max Biaggi, Alex Barros, Garry McCoy, Carlos Checa ou bien encore Loris Capirossi. "Il y a eu des courses serrées", explique le pilote américain. "Si vous regardez juste les temps au tour, à quel point le top 6 était proche. Ce n'est pas comme si le top 2 étaient au-dessus et que le reste était 30 secondes derrière. C'était très facile de rétrograder également."

2000 restera comme le seul sacre obtenu dans la catégorie reine par Kenny Roberts Jr, avant de connaître des saisons plus décevantes par la suite en dépit d'un ultime baroud d'honneur en 2006, et de conclure sa carrière au sein du team Roberts, comme pour mieux boucler la boucle.

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