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À l'heure du bilan, Michelin promet d'œuvrer pour réduire les chutes

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À l'heure du bilan, Michelin promet d'œuvrer pour réduire les chutes
Par : Léna Buffa
14 nov. 2016 à 13:59

Un an après avoir officiellement entamé le nouveau chapitre de son implication en MotoGP, il est temps pour Michelin de dresser le bilan d'une saison riche en enseignements et parfois vécue comme de longues montagnes russes.

Un pneu Michelin
Nicolas Goubert, Michelin
Un ingénieur Michelin
Un ingénieur Michelin
Le stand Red Bull KTM Factory Racing avec Paul Trevathan et Mike Leitner
Nicolas Goubert, Directeur Technique de Michelin Motorsport
Nicolas Goubert, Directeur adjoint et directeur technique Michelin Motorsport
Le pneu arrière Michelin du vainqueur Andrea Iannone, Ducati Team
Un pneu Michelin
Un pneu Michelin
Un ingénieur Michelin
Piero Taramasso, Directeur de la branche deux-roues de Michelin Motorsport
Mika Kallio, Red Bull KTM Factory Racing
Le garage Red Bull KTM Factory Racing
Tito Rabat, Estrella Galicia 0,0 Marc VDS
Des pneus Michelin
La chute de Marc Marquez, Repsol Honda Team
Cal Crutchlow, Team LCR Honda
Détails des freins de la moto de Mike Jones, Avintia Racing
Chute de Stefan Bradl, Aprilia Racing Team Gresini
Pol Espargaro, Tech 3 Yamaha
Un camion Michelin

Le manufacturier clermontois retient la réactivité dont il a su faire preuve pour rectifier le tir en cas de mauvaise surprise. Michelin savait en effet pertinemment que, après sept ans d'absence et malgré les tests menés en amont, les difficultés allaient être nombreuses à parsemer le chemin de sa réadaptation à la discipline, et c'était peu de le dire !

"Il y a un an, nous avons connu ici un début d'intersaison difficile avec beaucoup de chutes", se remémore Nicolas Goubert, responsable du programme MotoGP de Michelin Motorsport. "Nous avons beaucoup travaillé pendant l'intersaison, puis nous avons très bien entamé l'année. Au Qatar, les résultats ont dépassé nos attentes, avec le record du tour en course établi par Jorge [Lorenzo] et un temps de course plus court, là aussi un record."

Les deux Grands Prix à suivre, en Argentine et au Texas, se présentaient comme des défis pour Michelin, sachant qu'ils ne figuraient pas au calendrier lors de son engagement passé. Les essais préparatoires, menés par mauvais temps et avec des pilotes essayeurs, étaient loin de suffire à anticiper les besoins réels de ces deux pistes.

Et, effectivement, les choses se sont compliquées à Termas de Río Hondo. "L'Argentine n'a pas été une bonne épreuve pour nous et nous avons réalisé que nos pneus arrière n'étaient pas assez robustes", souligne Goubert, rappelant le tour de force réalisé par Michelin pour produire en France puis expédier au Texas un pneu permettant de rectifier le tir, alors que les deux courses s'enchaînaient sans pause : "Nous avons réagi très, très vite et en une semaine nous avions un pneu suffisamment robuste, prêt à faire la course à Austin. Je pense que tout le monde a réalisé à quel point nous étions investis dans le championnat, car créer un nouveau pneu en une semaine, cela a été très exigeant."

La délamination du pneu de Scott Redding en Argentine a profondément modifié la donne car, au-delà de cette correction qu'a dû apporter Michelin en urgence, c'est toute l'allocation qui a été repensée. "À partir de cette course, pour des raisons de sécurité, nous avons dû conserver ce pneu arrière robuste et lorsque nous sommes arrivés à Jerez, nous avons réalisé à quel point cela compromettait la performance", poursuit le Français.

"Nous avons reçu beaucoup de critiques à Jerez, les pilotes se plaignant du manque de traction de la nouvelle carcasse. Une nouvelle fois, nous avons essayé de réagir très, très vite et à partir du Mans, nous avons franchi un autre cap", se félicite-t-il, rappelant les nouveaux records établis au Mans, puis au Mugello, avant d'autres manches jugées très positives telles que Brno lorsque la piste était sèche ou encore Misano.

Le point noir de l'été aura été le Grand Prix des Pays-Bas, marqué par une météo dantesque et de très nombreux accidents. "Les conditions étaient épouvantables et le niveau de grip n'était pas du tout là où nous l'attendions, et nous avons eu beaucoup de chutes. Ceci dit, une nouvelle fois nous avons réagi très vite : en deux semaines, pour la course suivante au Sachsenring, nous avons apporté deux nouveaux pneus avant avec différents mélanges et différents profils, et les résultats ont été très positifs", souligne Nicolas Goubert.

"Ensuite, nous avons eu des conditions très inattendues durant les trois courses outre-mer", reprend le Français. "Le bon point pour nous a été que, même par des conditions inattendues comme à Phillip Island par exemple, où les températures de l'air et de la piste étaient très, très basses, nous avions quelque chose à offrir aux pilotes pour qu'ils se sentent à l'aise."

Chaque chute est une chute de trop

Alors que cette saison MotoGP a connu une hausse notable des accidents, Nicolas Goubert tempère les statistiques tout en promettant d'y accorder toute l'attention nécessaire. "Si l'on regarde le nombre de chutes en comparant les 16 premières courses disputées sur les mêmes circuits (toutes les courses disputées à ce stade de la saison, à l'exception du GP d'Autriche, ndlr), il y a eu 69 chutes en course en 2015 et 70 en 2016, soit seulement une de plus", pointe-t-il. "Si vous enlevez la première course sur le mouillé à Assen, alors cela donne 64 chutes en 2015 et seulement 56 en 2016."

"Dès que nous avons une chute, c'est une chute de trop", tranche-t-il toutefois. "Nous sommes encore en train de travailler sur les chutes, afin de rendre les motos les plus simples possible à piloter. Tous les manufacturiers impliqués en compétition moto travaillent sur ce point."

Dans cette optique, le développement du pneu avant porte sur l'amélioration du grip latéral afin de réduire le risque de perte de la roue lorsque le pilote est sur l'angle, tandis qu'à l'arrière, Michelin veut retrouver un bon niveau d'adhérence, compromis par les changements opérés suite au GP d'Argentine. "Ce sera une autre direction d'amélioration pour l'année prochaine : améliorer le grip arrière", indique Nicolas Goubert. "Ce qui est difficile, c'est d'offrir le même niveau de grip quelle que soit la piste. En particulier la première année, il est difficile d'avoir le même niveau partout."

Quid de l'avenir à donner à la réactivité affichée cette saison par Michelin ? "Je pense qu'il serait sage de la conserver et nous le ferons", répond Nicolas Goubert. "Pour la première année, nous savions qu'il serait crucial de réagir très vite au cas où quelque chose d'inattendu arrivait - et c'est arrivé. L'année prochaine, nous aurons un an d'expérience, mais nous devrons être prêts au cas où quelque chose d'inattendu arrive. Nous conserverons donc les mêmes ressources pour cette réactivité."

"Au final, je crois que nous avons affronté beaucoup de conditions différentes et beaucoup appris durant cette première saison", retient Nicolas Goubert, bien conscient que Michelin a dû composer avec de nombreux paramètres annexes, telle une électronique standardisée et moins poussée que celle qu'utilisaient jusqu'à présent les équipes de pointe, ainsi que des ailerons présents sur certaines machines et pas sur d'autres, ou encore une météo particulièrement perturbée sur certaines manches.

"C'était notre première saison, mais c'était aussi la première saison des teams avec Michelin", rappelle pour sa part Piero Taramasso, manager deux-roues chez Michelin Motorsport. "Nous avons vu certaines équipes progresser course après course. Elles comprennent mieux comment fonctionnent les pneus. Les motos de la saison prochaine seront donc assurément plus adaptées à nos pneus. La géométrie, les réglages, les suspensions, tout."

La saison prochaine, c'est mardi. Avec les premiers essais de l'intersaison débutera l'Acte II de l'implication de Michelin en tant que manufacturier unique du MotoGP et il sera l'heure, en effet, d'appliquer les leçons apprises en 2016.

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Auteur Léna Buffa
Type d'article Actualités