Abraham voit Brno menacé, faute d'investissement du gouvernement

Le Grand Prix de République Tchèque, qui figure au calendrier MotoGP depuis 1993 sans avoir jamais manqué une saison depuis, pourrait être en péril à en croire Karel Abraham, qui pointe du doigt le manque de coopération financière du gouvernement.

Abraham voit Brno menacé, faute d'investissement du gouvernement

Cela fait désormais plusieurs années que les propriétaires du circuit de Brno et les autorités tchèques se renvoient la balle à l'heure de statuer sur le financement du Grand Prix national. Si la question a été tranchée en 2016 afin de garantir une permanence de l'épreuve jusqu'en 2020, la proximité de cette échéance relance un débat toujours aussi épineux.

Karel Abraham, unique représentant tchèque dans le peloton MotoGP, est particulièrement sensible à cette question et se montre critique à l'encontre du gouvernement, qui n'investirait selon lui pas assez pour garantir la pérennité de l'épreuve. "Il y a plusieurs choses qui rendent les choses très compliquées pour conserver le Grand Prix à Brno, mais le plus important c'est la coopération avec le gouvernement. Quasiment tous les pays coopèrent d'une manière ou d'une autre, mais le nôtre semble avoir des soucis et c'est globalement le principal problème", explique-t-il à Motorsport.com, en confirmant la menace qui pèse sur sa course.

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Pour lui, le problème vient de l'investissement consenti par le gouvernement tchèque dans le Grand Prix, lequel ne couvrirait pas suffisamment les frais d'inscription auprès de la Dorna et pousserait par conséquent le circuit à mettre la main à la poche et à s'endetter. "Ils veulent arrêter et ils ne nous soutiennent pas autant que nous en aurions besoin. Ils nous soutiendront, mais… si vous voulez acheter, admettons, une canette de Coca, que son prix est de 1,20 euros, et que vous en offrez 80 centimes, c'est bien mais vous n'achèterez pas le Coca. Et il en est de même pour le Grand Prix. Ils viennent, ils nous en donnent en gros les deux-tiers, mais on a besoin de plus", détaille-t-il.

"Pour l'avenir, le soutien financier est absolument inconnu", poursuit Karel Abraham. "C'est très triste, mais c'est aussi injuste, parce que toutes les petites entreprises et les business privés, comme les hôtels, travaillent beaucoup et gagnent beaucoup d'argent. Le gouvernement lui-même, avec les taxis et tout cela, gagne beaucoup d'argent. S'ils couvrent les frais d'inscription, ils vont quand même gagner beaucoup d'argent et tout le monde en gagnera beaucoup. Mais si c'est le circuit qui paye les frais, alors tout le monde gagnera beaucoup d'argent et le circuit en perdra. Cela n'a pas de sens. […] Si vous voulez gagner de l'argent, vous devez investir et c'est le problème que nous avons à l'heure actuelle."

Karel Abraham comprend d'autant moins le frein mis par le gouvernement qu'il estime qu'un tel événement apporte au pays une visibilité mondiale inestimable. Le tout avec une affluence qui, si elle n'est plus la plus forte de la saison, reste l'une des meilleures avec encore plus de 187'000 spectateurs comptabilisés l'an dernier. "C'est une grande publicité. C'est le plus grand événement sportif en République tchèque. Et c'est drôle, d'ailleurs, car d'autres événements sportifs obtiennent plus de soutien que nous de la part du gouvernement, mais ils ne gagnent pas d'argent."

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Karel Abraham ne s'inquiète pas outre mesure de l'avenir du circuit de Brno, qu'il pense en mesure d'accueillir d'autres championnats. En revanche, que la place qu'il occupe au calendrier MotoGP de longue date soit en péril l'attriste et le met en colère. "Je pense que ça semble bon pour la piste, mais pas pour le Grand Prix. Pas pour les fans. C'est vraiment un gros bordel. Je suis vraiment désolé et j'espère encore que quelqu'un le sauvera, mais les chiffres sont très clairs quant à ce que nous avons besoin d'obtenir", assure-t-il.

Au programme cette année début août, Brno accueille le Grand Prix de République Tchèque sans discontinuer depuis 1993, après une première édition organisée deux ans plus tôt et la tenue, en 1965, du Grand Prix de Tchécoslovaquie sur l'ancienne version du circuit.

Propos recueillis par Gerald Dirnbeck

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