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Acosta se rend chez KTM et attend des réponses à ses questions

Ce n'est pas encore l'heure des vacances pour Pedro Acosta. Après le GP d'Allemagne, le pilote Tech3 a pris la direction de l'Autriche pour un voyage studieux à l'usine KTM, dont il attend des réponses.

Pedro Acosta, Red Bull GASGAS Tech3

Photo de: Rob Gray / Polarity Photo

Pedro Acosta a conclu le GP d'Allemagne avec en poche les points de la septième place en course. Un résultat maigre pour l'ambitieux Espagnol qui, dès la première journée d'essais, assurait s'être senti bien mieux qu'après l'intégralité des trois jours passés à Assen le week-end précédent. Content de ses progrès vendredi malgré deux chutes, il était directement qualifié pour la Q2 et soulagé de pouvoir piloter une moto stable, sans vibrations.

Cette dynamique positive ne s'est cependant pas traduite par un retour aux premières places. Pendant le sprint, il s'est vu relégué à la dernière place après une sortie de piste. "J'ai bloqué [la roue] en allant tout droit dans le virage 12 et je suis allé dans les graviers. Ensuite, il m'a fallu beaucoup de temps pour revenir sur la piste parce que j'étais parti très loin, alors j'ai tout foutu en l'air", a-t-il expliqué, convaincu qu'il aurait pu rouler avec Brad Binder et Álex Márquez, qui ont pris les derniers points.

Mais ce que regrettait le pilote à cet instant, c'était sa qualification à la dixième position : "On voit que même avec quatre pilotes ayant des réglages différents, on fait les mêmes chronos. Avec le grip apporté par le pneu arrière et un pneu usé à l'avant, la moto est un peu plus déséquilibrée que les autres. On a beaucoup d'adhérence à l'arrière et on en manque à l'avant."

Dimanche, son départ a été perturbé par le holeshot device qu'il a gardé enclenché pendant plusieurs virages, comme la veille, puis des difficultés à dépasser la Ducati de Marco Bezzecchi et un contact dans sa bagarre contre l'Aprilia de Raúl Fernández. "Ça a été un mauvais week-end mais au final, on a réussi à faire en sorte que ça ne soit pas un désastre", résumait-il en terminant septième.

Et d'expliquer de façon assez mystérieuse : "Aujourd'hui, la seule chose positive c'est qu'on ait pu voir et comprendre d'où venait ce problème qu'on a eu, parce que j'avais quelque chose qui n'était ni de ma faute, ni de celle de la moto. On avait un problème, et ça nécessitait que je pilote d'une manière très différente en termes de position de mon corps, de banking et toutes ces choses-là. J'ai été surpris que ça fonctionne et peut-être que ça a résolu beaucoup de problèmes qu'on avait et qu'il faudra qu'on regarde ça."

VIDÉO - Le résumé du GP d'Allemagne MotoGP

Mais alors que l'écart semble se creuser avec Ducati, Acosta pointe que "Rome ne s'est pas faite en un jour". De l'extérieur, on a pourtant l'impression que KTM a atteint un plateau à ce stade de la saison et qu'il faudrait une nouvelle impulsion pour relancer la courbe de performance. "Non, je pense que beaucoup de choses se sont mises en place ces dernières semaines, y compris [en enchaînant] deux courses", a répondu Acosta face à cette réflexion. "Il faut qu'on fasse une pause après dimanche, pour voir comment les choses se sont passées et réfléchir à la façon dont on veut que le projet évolue à partir de maintenant."

Invité à préciser à quoi il faisait référence en évoquant "beaucoup de choses", Acosta a ajouté : "On est allés sur des circuits où l'on espérait être moins en difficulté et on l'a été plus que ce que l'on aurait dû. On ne perd pas sur beaucoup de points, peut-être seulement dans un virage, mais on y perd beaucoup. Il y a aussi des choses qui sont venues de l'extérieur et qui ont fait que la rivière a gonflé plus que prévu. Pendant ces trois semaines de pause, et étant donné comment les choses se sont passées, on va pouvoir prendre une décision. J'ai une idée claire de ce que je veux, on va voir si ça se produit."

Un billet sans retour pour rencontrer les équipes KTM

Visiblement déterminé à ne pas en rester là, Pedro Acosta se rend à l'usine KTM, en Autriche, dès ce lundi et préconise que la pause estivale soit ainsi mise à profit pour comprendre "où mener le projet". Il part "pour une semaine ou le temps qu'il faudra", ayant pris "un billet aller mais pas de billet retour" pour le moment. Avec beaucoup d'aplomb du haut de ses 20 ans, l'Espagnol donne le sentiment de vouloir se rendre à Mattighofen pour comprendre "qui est le responsable" chez KTM et comprendre s'il a fait le bon choix pour la carrière dont il rêve, lui qui a signé pour les deux prochaines années.

"Il est toujours préférable de transmettre les choses en face à face, même si je dois rester là-bas une semaine ou deux. Chaque jour, il y a de nouvelles questions qui émergent, des façons différentes de voir les choses et il y a toujours quelque chose à faire dans une usine. Ne serait-ce que connaître les gens", a-t-il expliqué. "Je crois qu'il est important de savoir à qui je peux faire appel à certains moments et pourquoi."

Pedro Acosta, Red Bull GASGAS Tech3 junto a su jefe técnico Paul Trevathan

Pedro Acosta sera notamment accompagné par son ingénieur, Paul Trevathan.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Pedro Acosta sera accompagné dans ce déplacement par son ingénieur, Paul Trevathan, et son responsable suspensions, Miguel Olivenza. Ces rencontres sur lesquelles il compte visiblement beaucoup surviennent alors que KTM vient de perdre son directeur technique, Fabiano Sterlacchini, dont le départ a été annoncé à la surprise générale il y a quelques jours. Ancien bras droit de Gigi Dall'Igna chez Ducati, l'Italien a passé les trois dernières années à organiser le département course de KTM.

"Je ne sais pas ce qui s'est passé", a admis Acosta sur le sujet, estimant cependant que le résultat du GP d'Allemagne aurait été le même "avec Fabiano ou sans lui". Et d'ajouter : "La conclusion à laquelle je suis arrivé, c'est que la manière dont les courses sont gérées chez KTM est un peu étrange, parce que Fabiano n'est pas venu à tous les Grands Prix. Sur les huit que j'ai faits [avant son départ], je ne l'ai vu qu'à trois."

"L'une des raisons pour lesquelles je voulais aller en Autriche, c'était pour m'asseoir avec lui et qu'il m'explique beaucoup de choses qui peuvent peut-être être très naturelles ou normales pour un autre pilote qui serait ici depuis longtemps et aurait vu beaucoup de choses, mais que je ne comprends pas et que je ne trouve personne capable de m'expliquer. L'une des principales motivations pour aller en Autriche était de m'asseoir avec lui et de parler de ces choses-là."

Pedro Acosta devant Brad Binder au GP d'Allemagne.

Pedro Acosta devant Brad Binder au GP d'Allemagne.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

On comprend aisément derrière ses propos qu'Acosta veut savoir si KTM pousse dans la même direction que lui, qui a les idées claires quant à ses objectifs. S'il rêve de devenir Champion du monde MotoGP, il doit comprendre s'il est au bon endroit pour y parvenir ou s'il peut peser pour que tout le monde à Mattighofen emprunte cette voie.

"La première chose que je vais faire en arrivant, c'est rencontrer les gens et voir ce qui se passe, comment tout fonctionne et ce que chacun fait. Quand j'irai dormir, j'aurai compris tous les rôles, qui est responsable à tel ou tel endroit, qui est le patron du châssis ou autre, pourquoi les choses se font…"

"Il est très facile aujourd'hui de critiquer, de demander ou d'exiger des choses alors que, pour le moment, je ne sais pas comment ça se passe. Je préfère d'abord m'informer sur comment et pourquoi les choses se font, qui donne le pouvoir à l'un ou l'enlève à l'autre, pour savoir dans quelle direction aller."

Cette dynamique doit aussi fonctionner dans l'autre sens, puisqu'en se rendant à l'usine, Acosta permettra aux équipes de le connaître en tant que personne, au-delà de son palmarès et de sa réputation de pilote. Mais chacun comprendra aussi que le jeune homme prend ses marques pour ne pas perdre de temps en vue de sa titularisation dans l'équipe officielle la saison prochaine.

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