Aleix Espargaró : Aprilia n'est "pas prêt" pour le podium

Aleix Espargaró ne cache pas être "un peu en colère" d'être passé à côté de son premier podium avec Aprilia au GP d'Allemagne, mais sa machine a encore quelques faiblesses.

Aleix Espargaró : Aprilia n'est "pas prêt" pour le podium

Au lendemain de sa troisième place en qualifications au Sachsenring, une première ligne inédite pour Aprilia depuis la pole de Jeremy McWilliams à Phillip Island en 2000, Aleix Espargaró n'a pas été en mesure d'offrir à la marque de Noale un podium qu'elle n'a plus connu depuis cette même saison 2000. Le #41 a pourtant pris un très bon envol qui l'a propulsé en tête et il a mené la danse pendant plusieurs virages, avant d'être doublé par Marc Márquez.

Les deux Catalans ont poursuivi leur duel dans le deuxième tour mais Márquez a pris un avantage définitif et l'arrivée de quelques gouttes de pluie lui a permis de repousser son rival à plus d'une seconde. Espargaró a par la suite dégringolé dans le classement pour finir la course à la septième place, restant néanmoins à moins de trois secondes de la troisième position de Fabio Quartararo, mais le podium reste encore un objectif trop lointain pour Aprilia aux yeux de celui qui porte le projet du constructeur depuis quatre ans.

"Je suis un peu en colère parce que j'ai tout tenté", a déclaré Espargaró. "Je suis content de notre performance globale ce week-end. J'ai pu revenir en fin de course sur Fabio, qui était le dernier sur le podium, mais ce n'était pas suffisant. Je veux me battre pour le podium, mais en fait nous n'y sommes pas prêts. C'est la réalité, c'est clair. On peut en parler mais on doit encore travailler. J'ai tout tenté. [...] J'étais à l'aise en suivant Marc et quand la pluie est arrivée, je n'ai pas été aussi courageux que lui et j'ai failli tomber au virage 8, j'ai rattrapé ça, donc j'ai décidé de réduire un peu mon rythme et ça m'a vraiment fait perdre mes chances parce que Marc s'est échappé."

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"Le problème est que je prenais de gros risques au freinage, mais je n'avais pas la traction. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé sous la pluie mais c'est vraiment incroyable. Je ne pouvais pas les suivre en milieu de courbe et il avaient beaucoup plus de traction que moi, donc je prenais des risques pour revenir, mais j'étais trop à la limite. Sincèrement, je suis frustré parce que j'attendais une bien meilleure position."

Espargaró était en délicatesse en milieu de courbe

Aleix Espargaró s'est parfois plaint du manque de puissance de sa RS-GP face aux autres machines, mais c'est surtout ce manque de motricité qui l'a empêché de rester dans la lutte pour le podium en Allemagne, ainsi qu'un déficit de performance en milieu de courbe, qui permettait à ses rivaux de creuser l'écart. Deux éléments sur lesquels Aprilia devra travailler afin de donner à son pilote les armes nécessaires pour décrocher de meilleurs résultats.

"Le moteur n'est pas une excuse, ce n'est pas un problème sur cette piste et j'ai pu suivre Marc assez facilement, parce que ce n'était pas vraiment un circuit exigeant pour la puissance. Par contre, je souffrais beaucoup de la traction. Il ne faut pas qu'un bon moteur, mais aussi bien mettre la puissance au sol. C'est surtout à mi-courbe, quand la moto est neutre et qu'on est pas sur l'avant ou l'arrière ; je ne pouvais pas les suivre. Je n'ai pas autant de contrôle qu'eux grâce à l'électronique en milieu de courbe. Je me bats à chaque virage. Je sais que c'est le MotoGP, qu'il faut être à la limite à chaque fois que je monte sur la moto, mais peut-être pas autant. Ça rend les courses très stressantes et je ne pouvais pas me battre pour le podium ici."

Aleix Espargaró a néanmoins montré des promesses en prenant la tête au départ et en passant près d'un tiers de la course à la deuxième position, le tout en gardant son calme, même si Aprilia était encore loin de pouvoir prétendre à un tel niveau il y a seulement quelques mois. "Sincèrement, je m'attendais à être plus nerveux", concède-t-il. "Quand j'ai décidé de passer devant Fabio, je pensais que j'allais être nerveux mais j'étais très concentré. Ce n'est pas comme si j'avais fait une grosse erreur en attaquant trop et que j'avais chuté. J'ai été prudent pour faire chauffer l'avant. Le problème est que dans la compétition, ça ne me suffit jamais mais les progrès sont là. Nous sommes plus souvent à l'avant que les saisons précédentes, mais je m'en fiche, je veux être devant quand on abaisse le drapeau à damier. Ce n'est pas encore suffisant."

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