Pour Aleix Espargaró, Aprilia doit faire ses preuves dès maintenant

Moins en difficulté à Brno qu'à Jerez, Aleix Espargaró a marqué ses premiers points. On ne l'empêchera toutefois pas d'être perfectionniste et d'en vouloir plus, et vite !

Pour Aleix Espargaró, Aprilia doit faire ses preuves dès maintenant

Après deux courses amères à Jerez, où le besoin de dépasser les limites de son Aprilia l'ont poussé à la faute, Aleix Espargaró se présentait à Brno avec une envie viscérale de performer, frustré autant par ses erreurs que par un niveau qu'il jugeait trop faible et qui les avait engendrées. "Je suis habituellement du genre à tout oublier plutôt vite, mais cette fois ça a été dur pour moi. J'étais très déçu, très en colère parce qu'on n'a pas été compétitifs du tout pendant le week-end, loin de ce pour quoi je pensais vraiment pouvoir me battre", rageait-il à son arrivée sur le circuit tchèque.

Les courses de Jerez :

C'est donc avec un certain soulagement que le pilote espagnol, toujours aussi perfectionniste malgré tout, a ouvert son compteur en se classant dixième en course. "Globalement, je suis satisfait d'avoir pu terminer la course après le désastre des premières manches. Je ne peux cependant pas être complètement content", soulignait-il.

"Étant donné qu'on est à Brno, qui est une piste tellement difficile pour nous, l'une des pires avec l'Autriche ces trois dernières années, ça n'a pas été un désastre en termes d'écart : je suis à environ six ou sept secondes de la troisième place, ça n'est donc pas super loin. Par contre, après les qualifications je m'attendais à un peu plus."

Il faut dire qu'Espargaró a une nouvelle fois réussi à se montrer, notamment en se qualifiant quatrième. Une position de départ sur laquelle il a capitalisé lorsque la course s'est élancée, se portant jusqu'à la deuxième place, avant de peu à peu rétrograder.

"Je n'ai pas pu suivre les autres en course, la moto ne tournait pas comme je m'y attendais, je perdais du temps à de nombreux endroits du circuit. Bien évidemment, faire un tour à 100%, à la limite en qualifs, ça n'est pas la même chose que faire une course, donc samedi j'ai pu faire un tour vraiment très rapide mais se battre pour le podium c'est une autre histoire", constatait-il.

"J'ai pris un bon départ. Je m'attendais à pouvoir suivre les gars de devant un peu plus facilement, au moins pendant deux-trois tours, mais je n'ai pas pu. Ils avaient une meilleure traction que moi et, même si j'étais fort sur les freins, je n'arrivais pas à suivre la vitesse en milieu de virage", explique Espargaró, qui voulait à tout prix éviter de commettre une nouvelle erreur. "Il était très important de finir la course. Quand on prend un très bon départ, on a deux possibilités : suivre les leaders et prendre des risques, ou bien essayer d'utiliser cet avantage acquis dans les premiers tours pour se détendre un peu, et c'est ce que j'ai fait."

Après avoir été dépassé dans les premiers tours par le groupe qui allait se battre pour le podium, le pilote Aprilia a subi le retour du trio Rins-Rossi-Oliveira, puis il a été dépassé par Nakagami à cinq tours de l'arrivée. Son recul au classement s'est conclu par le dépassement opéré par Miller dans le dernier tour, et ce n'est qu'avec 74 millièmes de retard sur le pilote Pramac qu'il a rallié l'arrivée. Il devançait tout de même les deux Ducati de l'équipe officielle, la Honda de Crutchlow ou encore la Yamaha de Viñales.

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"Il faut que l'on montre notre potentiel"

Moins en difficulté qu'à Jerez grâce à la typologie des virages, imposant moins de relances à faible vitesse, Aleix Espargaró sait que le manque de traction et de puissance reste problématique en l'état et l'empêche de se battre durablement à l'avant à la régulière. Si son coéquipier du moment, Bradley Smith, estime qu'Aprilia a surtout besoin de temps pour optimiser une RS-GP20 bien née et en exploiter tout le potentiel, l'Espagnol, lui, se montre très ferme : "On n'a pas de temps. C'est le Championnat du monde."

"Ça fait cinq ans que je suis là, quatre ans qu'Aprilia est là. Bien sûr qu'on a besoin de temps, mais tout le monde a besoin de temps. Pourquoi aurions-nous besoin de plus de temps que nos adversaires ? On a le même temps", martèle-t-il. "Ce qu'on doit prouver, c'est en ce qui me concerne ne pas tomber et être dans la meilleure forme possible dans mon style de pilotage, et concernant l'équipe, avec notre moto et le moteur, il faut que l'on montre notre potentiel."

"Je ne veux pas dire qu'on a besoin de plus de temps. Oui, peut-être qu'avec les nouvelles règles post-COVID sur les moteurs et ces choses-là, 2021 semble devoir être une bonne opportunité pour nous. Mais on le dit depuis 2016 ou 2017 alors… je le veux maintenant !"

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