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MotoGP Test Mandalika

Aleix Espargaró : "Je ne suis pas là pour nettoyer la piste"

Aleix Espargaró n’a pas caché son énervement face à l’obligation de rouler dans des conditions qu’il juge dangereuses sur le circuit de Mandalika.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Le plateau MotoGP a effectué ses premiers tours de piste sur le circuit de Mandalika, en Indonésie, et ceux-ci ne se sont pas passés aussi bien que prévu en raison de fortes pluies tombées dans la nuit qui ont laissé beaucoup de boue. Après une heure de roulage, le drapeau rouge a été agité afin que les commissaires nettoient la piste et les pilotes ont finalement pu repartir pour mener à bien leur journée d’essais.

Si le sentiment général est plutôt bon, certains n'ont pas apprécié les décisions prises par les instances dirigeantes, à l'image d’Aleix Espargaró qui ne s'est pas senti en sécurité et affichait encore beaucoup d'énervement au moment de son debriefing : "La piste n'était pas assez sûre pour rouler. Nous sommes habitués à trouver beaucoup de poussière sur la piste − c'est le cas le premier jour au Qatar, il n'y a pas de soucis − mais aujourd'hui il n'y avait pas que de la poussière. C'était complètement dangereux et les décisions qui ont été prises par les équipes et par Dorna ne m'ont pas du tout plu, j'étais très en colère. Ça a marché puisqu'avec 20 motos en piste, tour après tour elle s'est nettoyée, mais ce n'est pas la solution et je ne suis pas là pour nettoyer la piste."

"Premièrement, c'était dangereux pour rouler, et deuxièmement la seule personne qui peut me pousser à rouler c'est Massimo [Rivola, le PDG d’Aprilia]. Personne d'autre n'est en droit de me pousser à prendre la piste, surtout pour un test. Si c'est sûr, je roule, mais même si ce n'est pas sûr, je décide si je veux y aller ou pas, je dois être libre de le décider. Certains constructeurs ont poussé car ils ont besoin de plus de temps [de piste] que nous. Ce n'était pas juste, mais quand j'ai vu les autres rouler dans des conditions très mauvaises, je me suis senti mal pour eux et j'ai décidé d'y aller. J'étais très énervé, très, très très énervé et contrarié."

Franco Morbidelli, Yamaha Factory Racing

Franco Morbidelli

Malgré sa colère face aux conditions du jour, Espargaró a apprécié cette nouvelle piste du calendrier, sur laquelle les pilotes roulaient pour la première fois. "La piste est sympa. Ça n'est pas un circuit très difficile. Il y a beaucoup de changements de direction rapides et, avec notre moto, j'ai vraiment pris du plaisir aujourd'hui. Je crois qu'il faut encore qu'on la découvre mieux, car aujourd'hui on n'avait qu'une minuscule trajectoire avec du grip, le reste était complètement marron", a-t-il expliqué.

Deuxième du classement au terme des huit heures de test, il a terminé quatre dixièmes derrière son frère Pol et s’est montré satisfait : "Jusqu'à la fin, Maverick [Viñales] a été premier, ensuite je suis passé second avec des pneus qui avaient fait 25 tours, une course entière, et la moto fonctionnait bien. Nous avons beaucoup travaillé : nous avons essayé une nouvelle géométrie, un nouveau châssis et tout a plutôt bien fonctionné."

Certains pilotes moins déstabilisés

Lui-même très critique quant à la dangerosité des conditions observées ce matin, Franco Morbidelli appuie les propos d'Aleix Espargaró. "Le fait est que les pilotes ne sont pas censés faire ça. Ils ne sont pas censés nettoyer la piste. C'est dangereux de rouler sur de la terre avec une MotoGP", résume-t-il.

Mais lorsqu'il est interrogé sur l'union qui aurait peut-être dû mieux s'exprimer entre les pilotes, l'Italien souligne que certaines motos étaient, selon lui, moins déstabilisées par cette saleté. "C'est hyper dangereux ! C'est dangereux, personne ne veut prendre la piste", assure le pilote Yamaha en évoquant cette situation. "La Ducati est une moto qui a beaucoup de grip. Aujourd'hui, je pense que si on tente de lire ce qu'il s'est passé, on a encore vu les différences entre les motos. On a vu que beaucoup de pilotes Ducati roulaient quand il y avait de la terre sur la piste. Ils ont estimé que c'était assez sûr de prendre la piste et de la nettoyer, alors que pour d'autres pilotes ce n'était pas le cas et ils ont attendu un peu plus."

"Mais, heureusement, des pilotes Ducati et KTM ont pris la piste, et selon moi ce sont les motos qui ont le plus de grip mécanique. Ils ont pu faire ce travail. Ce n'était pas à eux de le faire, mais ils l'ont quand même fait. Donc c'était bien de leur part et petit à petit, tous les autres ont suivi. Mais si on devait décider tous ensemble 'hé les mecs, allons en piste', certains auront sûrement plus peur parce que leur package n'offre pas autant d'adhérence que celui des autres."

Avec Léna Buffa

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