Aleix Espargaró a dû attaquer "au-delà de la limite" pour terminer 6e

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Aleix Espargaró a dû attaquer
Par : Léna Buffa
25 sept. 2018 à 17:30

Le pilote Aprilia a déjoué les pronostics sur le Grand Prix d'Aragón, mais ce résultat a beaucoup reposé sur sa hargne et son attaque.

Aleix Espargaró a égalé dimanche son meilleur résultat avec Aprilia, en obtenant une sixième place qui était déjà son classement l'an dernier sur le Grand Prix d'Aragón.

Jusqu'à dimanche après-midi, ce week-end n'avait pourtant pas été beaucoup plus satisfaisant que d'habitude, le pilote espagnol étant empêtré dans des difficultés récurrentes avec sa machine. Mais le bond de sept places qu'il a réalisé au départ a été pour beaucoup dans son résultat, sa hargne faisant le reste pour qu'il puisse se maintenir aussi proche que possible de Dani Pedrosa, cinquième, sur la suite de la course.

"Je suis content, franchement, très content. C'est l'un des plus beaux jours de ma carrière, sincèrement, et ça n'est qu'une sixième place, mais j'ai beaucoup de mal cette année. C'est difficile de rester heureux, de rester motivé", commentait Espargaró à chaud, dimanche.

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"La clé, ça a été les cinq premiers tours. J'ai pris un super départ et j'ai été très fort dans les cinq premiers tours, puis j'ai suivi Pedrosa pendant pratiquement toute la course", retient-il. "On a fait un boulot solide à partir des EL1. En course, j'ai pris un très bon départ et j'ai été très concentré dès le premier tour. Je n'ai commis aucune faute de toute la course et je pense que mon rythme a été très fort, proche de celui du podium. Je suis satisfait."

Malgré ce sucés, Aleix Espargaró n'est pas dupe : la RS-GP a encore beaucoup de chemin à faire pour se porter au niveau des autres machines du championnat. Se confronter à la Honda de Dani Pedrosa lui en a apporté une nouvelle confirmation, si besoin en était.

"L'année dernière, je me souviens que j'ai terminé sixième et en ligne droite j'arrivais à suivre les autres. Aujourd'hui [dimanche], j'ai passé Pedrosa deux ou trois fois, et il m'a 'tué' en ligne droite. Il était 10 km/h plus rapide que moi. C'était très difficile, j'ai perdu beaucoup de temps en ligne droite et j'ai détruit mon pneu avant sur les freinages pour rester avec lui. J'avais peur que le pneu n'aille pas au bout ou que je puisse tomber. Par exemple, dans le dernier virage, après la ligne droite de retour, j'ai freiné plus tard qu'en qualifications. À chaque tour, je prenais beaucoup de risques. Il faut donc qu'on améliore le moteur parce que je ne peux pas piloter comme ça chaque week-end, sinon je vais tomber dix fois sur 18."

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team Gresini
Dani Pedrosa, Repsol Honda Team

Un résultat qui masque les problèmes de la moto

Évoluer sur un circuit qui lui plaît, avant des Grands Prix qui s'annoncent plus difficiles sur les semaines à venir, a motivé Espargaró à donner encore plus de lui-même sur cette course. Aussi, en toute honnêteté, reconnaissait-il avoir joué une part active dans la quête de ce résultat, son attaque ayant d'une certaine manière masqué les déficiences de sa moto.

"Ça n'est pas sympa de dire ça, mais la moto est la même", pointe-t-il, expliquant avoir cependant trouvé des axes de travail intéressants. "On a pas mal modifié l'équilibre de la moto, on a mis plus de poids sur l'avant, on a fait plus travailler la fourche avant et un peu plus tourner la moto. Et puis, bien sûr, j'ai fait moi-même un gros, gros effort. C'est une de mes pistes préférées."

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"Je pense que les personnes autour de moi, les ingénieurs Aprilia, sont suffisamment intelligents pour savoir quel est le niveau de la RS-GP. Beaucoup de pilotes ont roulé avec cette moto par le passé et les résultats ont été ce qu'ils ont été. Je suis le seul à réussir à être compétitif, et encore j'ai beaucoup de mal. Ils savent donc qu'il faut changer beaucoup de choses et beaucoup améliorer la moto de 2019 pour être là. Mais je m'en fiche, j'y vais toujours à fond, je me donne toujours à 100%. J'ai fait une super bonne course aussi à Misano et ce n'était qu'une 14e place, mais j'ai vraiment attaqué du premier au dernier tour. […] Et ici aussi j'ai fait la même chose, mais sur cette piste je suis plus fort et j'ai obtenu la sixième place."

Le dernier test réalisé après le Grand Prix de Saint-Marin, à Misano, a aussi joué son rôle en permettant au pilote de pousser un peu plus son attaque. "On a fait près de 200 tours en deux jours. On a beaucoup modifié l'équilibre de la moto avec Pietro [Caprara, chef mécanicien], on a beaucoup déplacé le poids de la moto, pour essayer d'obtenir une meilleure température dans le pneu, parce que ça a été un des problèmes cette année. Franchement, la moto n'est pas une révolution parce qu'elle est ce qu'elle est, mais je me sens un peu mieux, j'ai retrouvé un peu d'agressivité."

"Aujourd'hui [dimanche], j'ai été très, très agressif pendant la première partie de la course, et c'est grâce aux changements qu'on a faits. Mais on est encore trop à la limite. Je sais que tout le monde est à la limite, mais j'en étais au-delà, j'ai vraiment pris beaucoup de risques dans les 12 premiers tours. Et je savais que les prochaines pistes seraient plus difficiles. Quoi qu'il en soit, on a fait du bon boulot."

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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement GP d'Aragón
Catégorie Course
Lieu Motorland Aragon
Pilotes Aleix Espargaró
Équipes Gresini Racing
Auteur Léna Buffa
Type d'article Réactions