Rins : "Il reste encore quelques places en MotoGP, j'attends une réponse"
Alors qu'il lui reste encore 15 Grands Prix à disputer avant de quitter Yamaha, Álex Rins explore les rares options qui s'offrent à lui pour prolonger sa carrière en MotoGP.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Álex Rins sait depuis bien longtemps maintenant qu'il ne défendra plus les couleurs de Yamaha en 2027. Ce sont Jorge Martín et Ai Ogura qui formeront le prochain line-up de l'équipe d'usine, alors que Fabio Quartararo a décidé de s'en aller et que Rins n'a pas obtenu la confiance renouvelée du constructeur.
La rapidité avec laquelle le marché des pilotes a évolué en coulisses – en dépit d'un manque d'officialisations publiques dû aux négociations en cours entre constructeurs et instances – a placé Rins dans une position très compliquée, alimentée par des performances qui n'ont pas été à la hauteur de ce qu'il avait montré sur la Suzuki et la Honda.
Arrivé il y a deux ans, l'Espagnol a subi les limites évidentes de la M1, notamment cette année alors que la marque aux diapasons se consacre au développement d'un tout nouveau V4 et d'une moto de 850cc répondant au règlement de l'année prochaine.
Son week-end au Mugello a été son meilleur à ce stade de la saison, où il s'est qualifié pour la Q2 dès vendredi puis a maintenu sa 12e place de départ à l'arrivée du sprint. Il se trouvait hors des points, certes, mais était le premier pilote Yamaha dans la hiérarchie, comme dimanche au moment où il est tombé dans le 11e tour de la course.
La rareté des places disponibles pour la saison à venir est toutefois préoccupante pour Rins. À 30 ans et après dix saisons en MotoGP, le pilote barcelonais est pleinement conscient qu'il pourrait bien vivre, sans pour autant en profiter, ses dernières courses dans le championnat.
Il ne renonce pas néanmoins, et bien que ses résultats soient restés modestes au Mugello, ils étaient suffisamment bons au regard de ce que permet de faire la Yamaha actuelle pour qu'il puisse s'en satisfaire, conscient de ce qu'est la réalité de la situation actuelle.
"Je n'ai pas de moto qui me permette d'exprimer tout mon potentiel. Que va-t-il se passer l'année prochaine ? Je ne sais pas. J'aimerais rester en MotoGP, mais le temps passe vite. Je suis serein, car je suis conscient de mes capacités. Mais si ça ne se fait pas, la vie continue", résumait Álex Rins dimanche. Et d'ajouter néanmoins : "Il reste encore quelques places en MotoGP, j'attends une réponse."
Une chance de piloter une Aprilia ou une KTM en 2027 ?
Les places libres qu'il évoque sont rares et elles se trouvent chez Trackhouse et Tech3. Concernant l'équipe américaine, tout semble prêt pour accueillir Enea Bastianini. La grande inconnue réside toutefois dans l'identité du second pilote.
Si l'on pensait Raúl Fernández en bonne position pour prolonger son contrat, ses propos après sa victoire dans le sprint de samedi laissent entendre que cela pourrait ne pas être le cas, à moins que sa sixième place au championnat fasse réagir le management de Trackhouse. Il s'avère néanmoins que le pilote Moto2 Manuel González a entamé des négociations pour s'octroyer cette place.
Quant à Tech3, qui vient de sceller son avenir avec KTM après avoir sondé un éventuel passage chez Honda, plusieurs noms circulent, dont ceux de Maverick Viñales et de Brad Binder, déjà au guidon de la RC16 actuellement. Luca Marini et le pilote Moto2 Senna Agius font aussi partie des principaux prétendants.
Álex Rins sait donc ses chances réduites, alors même qu'il peut faire valoir un joli palmarès. Vice-champion du monde dans les catégories Moto3 et Moto2, l'Espagnol s'est ensuite classé trois fois de suite parmi les cinq premiers du championnat MotoGP, catégorie dans laquelle il a gagné six Grands Prix, avec deux marques différentes.
Álex Rins, ici avec Thomas Maubant, le manager de Fabio Quartararo.
Aujourd'hui, le fait que ni lui ni Quartararo ne fassent partie des plans de Yamaha pour 2027 les place tous deux dans une situation délicate, car le constructeur continue de travailler dans cette optique et que certains dossiers sur l'évolution de la M1 sont donc logiquement tenus secrets pour eux.
Les deux pilotes abordent cependant la situation de deux manières différentes. Fabio Quartararo a clairement indiqué qu'au vu de la faiblesse de sa moto actuelle, sa priorité est désormais de ne pas se blesser. Quant à Álex Rins, les doutes entourant son avenir font qu'il ne peut pas se permettre de se limiter s'il veut convaincre une équipe de le recruter.
Comme on peut l'imaginer, cette situation très complexe génère parfois une atmosphère tendue, bien que cela concerne davantage les relations qu'il entretient avec les dirigeants de la marque qu'avec son groupe de travail au quotidien.
"Ce qui est bien, c'est que j'ai une super relation avec mon groupe de travail. Au sein de l'équipe, ce n'est plus comme avant, je ne vais pas vous mentir. Maintenant, j'ai vu comment sont les gens. Il reste beaucoup de courses, mais j'essaie d'être le plus professionnel et le plus respectueux possible, c'est ce qu'on m'a appris chez moi", a conclu Álex Rins.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires