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L'Allemagne, le "tournant" dont avait besoin Oliveira avec l'Aprilia ?

Directeur du team Trackhouse, Davide Brivio a vu Miguel Oliveira sortir de l'ornière au GP d'Allemagne. La question est désormais de savoir si ces performances seront durables, mais aussi si le Portugais restera assez longtemps sur l'Aprilia pour en profiter.

Miguel Oliveira, Trackhouse Racing Team

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Davide Brivio a eu le plaisir de voir sa moto #88, pilotée par Miguel Oliveira, figurer parmi les machines de tête lors du récent GP d'Allemagne. Contre toute attente, le Portugais a émergé de ce qui avait jusqu'alors été une première partie de championnat compliquée. Jusqu'ici resté loin de ses cinq victoires conquises avec KTM, Oliveira a obtenu la médaille d'argent lors du sprint du Sachsenring, sa première récompense depuis qu'il est passé sur Aprilia la saison dernière. Son patron d'équipe s'est empressé d'espérer qu'il y ait une suite.

"J'ai [déjà] entendu Miguel dire 'ce week-end, on n'a pas touché à la moto'. En réalité, nous avons travaillé sur la moto, essayé de faire en sorte qu'il s'adapte à la moto de 2024, changé des réglages ici ou là, mais nous avons vu que nous finissions toujours plus ou moins au même stade. Alors nous avons dit 'OK, la moto est celle-ci, pilote-la tout simplement'. C'est probablement ce qui s'est passé", a expliqué Davide Brivio au micro du site officiel du MotoGP.

"Et personnellement, je pense que s'imaginer dans une position de pointe l'a beaucoup aidé à trouver la confiance. Quand on voit que les réglages ne sont pas satisfaisants à 100% mais qu'on est toujours là, au sommet, alors on commence à se sentir bien, à se dire qu'on peut faire quelque chose. Alors je pense que tout a aidé ce week-end. Après, j'espère que c'est un tournant, que cela peut lui apporter de la confiance pendant longtemps, pas uniquement ici, au Sachsenring."

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Ce premier top 3 obtenu au guidon de l'Aprilia pendant la course sprint, Olivera avait toutefois du mal à l'expliquer. "Il est difficile de dire pourquoi, mais tout s'est bien aligné. La piste, l'approche qu'on a eue pendant le week-end, en essayant de ne pas trop toucher à la moto et en travaillant sur les suspensions et l'électronique… C'est tout ce que l'on a fait pendant le week-end. Je suis en capacité d'extraire le meilleur de mon pilotage sur cette moto et c'est la raison, je pense", a-t-il décrypté, tout en pointant l'aide appréciable de techniciens Aprilia libérés par le forfait d'Aleix Espargaró.

"Je ne peux pas dire que ce soit la raison principale mais il est certain qu'un petit quelque chose ici ou là, ça aide", a-t-il souligné. "Je connais la différence, j'ai travaillé deux ans dans une équipe factory, et j'ai été aussi dans une équipe satellite avec un soutien usine auparavant, alors je sais quelles sont les différences. Au final, si tu n'as pas la meilleure moto absolue de la grille qui fonctionne avec tous les styles de pilotage, c'est difficile ! Il faut bosser, comprendre où faire la différence et comment l'équipe peut la régler pour te permettre de piloter comme tu le veux."

Miguel Oliveira, Trackhouse Racing Team

Miguel Oliveira profitera-t-il d'une confiance renouvelée pour la suite de la saison ?

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Sans pouvoir dire pour le moment s'il s'agira véritablement d'un tournant, Oliveira jugeait en quittant l'Allemagne que ce week-end passé aux avant-postes, et conclu par une sixième place en course principale, était un bon signe pour la suite. "C'est bon signe, c'est sûr. C'est bien de voir les points sur lesquels il nous faut travailler, mais de là à savoir comment les résoudre c'est une autre histoire", tempérait-il toutefois. "Et puis, les Ducati sont aussi en évolution constante et cette saison je pense qu'ils assemblent tout pour avoir une moto encore meilleure pour l'avenir. Ça ne va pas être facile."

Le fait est néanmoins que ce premier résultat probant intervient alors même qu'il se murmure qu'Oliveira pourrait quitter son équipe pour intégrer le team Pramac et y piloter une Yamaha. Questionné pour savoir si ce timing n'était pas un peu dommage, il a souri : "Je ne sais pas, on ne choisit pas les bons ou les mauvais moments. On essaie toujours de regarder vers l'avenir, de voir quels outils on peut avoir comparativement à ceux que l'on a sur le moment. Pour le moment, je veux juste profiter du week-end et je penserai ensuite à ce qui est à venir."

Lui que l'on a dit assez critique au fil du temps quant au mode de fonctionnement d'une équipe née sous la bannière RNF et reprise pendant l'hiver par Trackhouse, il a souligné des changements opérés entre les GP des Pays-Bas et d'Allemagne. "Après Assen, j'ai eu un bon debrief avec le team et Aprilia, j'ai essayé de leur expliquer ce qui me manquait et il est ressorti assez clairement qu'on avait besoin de faire quelques changements sur la moto, petits mais qui font une grande différence. Des choses au niveau des suspensions, rien qui soit lié à la géométrie, et ça semble fonctionner", se félicitait-il pendant le week-end, y voyant une base qui va "dans la bonne direction" et qui mérite désormais d'être consolidée.

"Il y avait besoin d'air frais. Commencer par la tête de l'équipe, c'est déjà une direction", a-t-il jugé, questionné sur la restructuration mise en place au sein de l'équipe. "Il est clair que Davide avance, il veut faire de cette équipe une vraie équipe d'usine, il veut faire venir de bonnes personnes. Je pense que ça va dans la bonne direction. Évidemment, ça va prendre du temps mais c'est l'objectif." Mais lorsqu'il lui a été demandé s'il verrait cela se concrétiser, il a ajouté dans un rire : "Ça n'est pas entre mes mains !"

Avec Guillaume Navarro

Lire aussi :

VIDÉO - Le résumé de la course sprint du GP d'Allemagne

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