Distancées, les Ducati n'ont "pas du tout progressé" pour Dovizioso

Andrea Dovizioso s'inquiète de l'absence de progrès sur la Ducati en une semaine au MotorLand Aragón. Les autres pilotes de la marque italienne sont un peu plus optimistes.

Distancées, les Ducati n'ont "pas du tout progressé" pour Dovizioso

Cinq Ducati, dont les deux du team officiel, figuraient aux cinq dernières places à l'issue des Essais Libres 2 du Grand Prix de Teruel. Une semaine après un premier week-end déjà difficile sur le MotorLand Aragón, Andrea Dovizioso dresse un constat alarmiste pour Ducati, déplorant une absence totale de progrès sur sa machine.

"Le problème est que l'on n'a pas du tout progressé et que l'on souffre encore face au vent", a expliqué le pilote italien, 19e à une seconde et demie du leader. "On a également eu un petit problème dans l'après-midi, c'est pour ça que je n'ai pas beaucoup roulé et que je n'ai pas pu faire beaucoup de tours avec le tendre. C'était l'un de nos objectifs parce que le tendre a plus de potentiel, mais pour en être certain, il faut faire environ 23 tours. Je pense qu'on a le même niveau que la semaine dernière et que la plupart de nos concurrents ont progressé."

"Il est clair que quand on fait des journées comme celle-ci, ça n'aide pas" a ajouté Dovizioso, interrogé sur la manière dont il peut, dans ces conditions, garder le moral en vue de la course. "Mais malheureusement j'y suis habitué, alors on garde notre calme et on continue à travailler."

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La température plus élevée que la semaine dernière aurait en théorie dû jouer en faveur de la Desmosedici, mais la machine italienne souffre aussi du vent, qui devrait être moins présent ce samedi. "Je pense que le vent pose un peu plus problème aux pilotes Ducati. Je ne peux pas en être certain, mais tout le monde a souffert de ça", a expliqué Dovizioso au site officiel du MotoGP. "C’est très difficile pour nous. Mais ce n’est pas que ça. Les sensations à l’avant ne sont pas suffisamment bonnes pour être agressif, et c’est difficile de rester avec les pilotes les plus rapides."

Comme la semaine dernière au même stade, Ducati est la seule marque à n'avoir aucun pilote dans le top 10 au cumul des deux séances. "Les pilotes Honda croient un peu plus en leur moto sur cette piste, et ils sont plus rapides que tout le monde, ils avaient un rythme irréel. [...] Les deux Suzuki fonctionnent bien et elles sont rapides", note Dovizioso. "Quand toutes les autres motos sont dedans, c'est qu'il y a une raison, inutile de se voiler la face. Mais il y a différents types de travail", précise-t-il, rappelant qu'il n'a pas réalisé de time attack, préférant économiser ses gommes tendres pour les EL3.

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Pour viser la qualification directe en Q2, Andrea Dovizioso estime qu'il sera "plus difficile" d'accrocher un top 10 en EL3 que vendredi matin, en raison de l'amélioration des chronos qu'il attend de la part de tout le plateau. Mais il craint surtout que Ducati ne soit pas en mesure de briller en course...

"Le problème c'est la vitesse. Quand on n'a pas la vitesse, on ne peut pas avoir de stratégie, il n'y a pas moyen de travailler. À l'heure actuelle, il y a deux préoccupations pour la séance de [samedi] matin. Premièrement, mieux comprendre et améliorer la situation pour la course, qui n'est clairement pas bonne. Deuxièmement, faire le tour parfait, sachant qu'avec les sensations que j'ai ça peut nous permettre d'entrer dans le top 10. Mais il faut vraiment faire un bon tour et c'est très difficile, surtout en n'ayant pas de super sensations avec la moto.

"Après, il n'est pas si fondamental d'être dans le top 10 [samedi] matin, mais il faut qu'on améliore notre vitesse, sinon on ne fera rien en course", prévient-il. "Nous pouvons être dans une meilleure position et c'est sûr que [samedi] nous pourrons nous battre pour être dans le top 10, mais notre objectif n'est pas le top 10, c'est d'être au sommet."

Petrucci, Miller et et Bagnaia voient des points positifs

Bien que logés à la même enseigne au classement, les autres pilotes Ducati sont moins alarmistes que Dovizioso. Son équipier, Danilo Petrucci, ne l'a devancé que d'une position en EL2, mais avec un avantage de près de quatre dixièmes. Le vainqueur du Grand Prix de France se dit satisfait de ses performances dans les runs longs malgré un déficit de vitesse de passage également pointée du doigt par ses collègues, mais il reconnaît que des progrès sont nécessaires pour les qualifications.

"Je suis plutôt satisfait du rythme avec des pneus usés, mais le problème est qu'on est très loin en pneus neufs", a expliqué Petrucci au site officiel du MotoGP. "Il nous manque beaucoup de traction et d’adhérence, surtout sur l’angle. On était déjà en difficulté la semaine dernière. Pour la plupart, on manque d’adhérence au milieu de courbe. J’ai fait des progrès sur la moto mais ce n’était pas vraiment utile en pneus neufs. On verra [samedi] matin. J’espère qu'il ne fera pas trop frais. Il nous manque beaucoup de vitesse en courbe et nous devons encore travailler sur notre rythme."

Jack Miller, Pramac Racing

Dans le team Pramac, Jack Miller n'a pas cherché la performance pure, en préférant préparer la course, et comme la semaine dernière, son meilleur temps a été annulé en raison d'un drapeau jaune. L'Australien se montre assez confiant pour la suite du week-end.

"J’ai juste travaillé sur la course à ce stade", a-t-il précisé au site officiel du MotoGP. "Ce matin, j’ai beaucoup roulé avec le pneu medium, j’ai immédiatement roulé en 1'49, et j’étais plutôt à l'aise. J’ai voulu faire un run en soft dans l’après-midi et je suis resté en 1'49, ce n’était pas trop mauvais. J’ai roulé en 1'48 dans le premier run, mais il y a eu un drapeau jeune au dernier virage que je n’ai pas vu…. Je n'ai vu aucune chute. J’ai encore eu un temps annulé après-coup. À part ça, j'ai juste travaillé pour dimanche. Nous allons tester plusieurs pneus [ce samedi] et si nous n’avons pas de drapeau jaune, cela devrait aller."

Pecco Bagnaia, 20e après ces deux séances et à terre en toute fin de journée, avait de son côté des "sensations très étranges" dans la matinée. "C’était comme si je ne roulais pas avec une Ducati, il y avait quelque chose de bizarre sur ma moto", a expliqué l'Italien au site du MotoGP, tout en se satisfaisant des progrès effectués par la suite, grâce à un "gros changement" dans ses réglages : "Dans l’après-midi, en EL2, j’avais de bonnes sensations au début. Pas suffisamment pour être dans le top 5, c’est sûr, mais c’était bien, mieux que dans la matinée."

"En deux semaines, c'est le premier changement de réglages qui m'aide. On verra [samedi]. Il semble qu'on a fait de gros progrès sur l'avant et on va essayer de mieux l'utiliser [samedi]."

Avec Léna Buffa

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