Iannone réaliste après le sprint : "La limite, c’est ma condition physique"
Andrea Iannone est venu à bout de la course sprint en Malaisie et admet avec humour ne pas avoir du tout la condition physique pour espérer être performant en course, dimanche, lorsque le double de tours sera au menu...
Les points presse d'Andrea Iannone apportent un côté rafraîchissant, ce week-end, de par l'humeur véhiculée par celui qui revendique pleinement le fait qu'il est venu s'amuser et profiter d'une expérience qu'il ne pensait plus jamais avoir la chance de vivre : celle de piloter en MotoGP en Grand Prix.
Aligné par VR46 sur la Ducati GP23 de Fabio Di Giannantonio, l'Italien retrouve ses marques avec la discipline reine après cinq ans d'éloignement et constate le fossé qui s'est creusé entre son "ère" et ce qu'est devenu ce sport aujourd'hui.
À l'heure où même les pilotes les plus réguliers sont époustouflés par les temps réalisés ce week-end par Pecco Bagnaia et Jorge Martín sur le tracé de Sepang, semblant venir d'une autre planète, Iannone admet bien volontiers ne plus du tout avoir la forme physique permettant de réaliser un Grand Prix complet dans de bonnes conditions. Il sent déjà la raideur s'installer dans ses avant-bras après seulement dix tours de sprint et les séances d'essais et de qualifications.
Il a retrouvé les médias pour un point presse très relax dans la zone d'interview du circuit de Sepang après le sprint, dont il a pris le départ 17e et vu l'arrivée 19e et avant-dernier, à 26 secondes de Martín et 13 d'une arrivée dans les points.
Andrea, as-tu appris quelque chose quand tu étais derrière ton équipier, Marco Bezzecchi, en début de qualifications ?
Oui, j'ai appris que j'ai aussi la vitesse. Après tout ce temps, ma vitesse est plus ou moins intacte ! C'est plutôt bien !
Tu as même eu l'air mieux que lui dans certaines portions, mais tu as élargi dans le dernier virage…
Oui, j'avais quelques dixièmes de mieux [en réserve], mais j'ai perdu du temps dans le virage 14. J'ai fait une erreur, je n'ai pas passé la seconde vitesse, j'ai mis la première et j'ai perdu l'arrière de la moto en entrée, et toute l'accélération en ligne droite. À la fin, ça m'a rendu nerveux et je suis aussi arrivé un peu droit dans le dernier virage. Ça m'a coûté deux dixièmes, ou deux et demi.
Hier, tu as mentionné que le plus dur était de comprendre quand relâcher le frein et quelle vitesse prendre en virage.
Oui, mais aujourd'hui, j'ai compris les limites. Plus l'on pousse, meilleure la moto est ! C'est comme ça, c'est impressionnant. Plus tu mets de charge sur la moto, plus tu as de vitesse et de grip. Le package est très bon, le garage marche vraiment bien, les gars sont extraordinaires, c'est comme une équipe d'usine. La limite, c'est moi, ma condition physique. Je ne suis pas prêt pour cette moto.
Je ne suis pas prêt pour cette moto.
Il faudrait t'entraîner différemment ?
Complètement ! Complètement. La Superbike, c'est comme un vélo par rapport à [celle-ci]. L'agilité et le poids, c'est facile.
Comment était la course, avec les motos autour de toi, l'aéro ? Comment as-tu trouvé ça ?
Difficile. Mais le MotoGP est comme ça, et il faut comprendre la situation. Au bout de tellement, tellement de temps − ça fait cinq ans ! − la moto a complètement changé, c'est une autre histoire. Une autre histoire !
Les avant-bras d'Andrea Iannone sont mis à rude épreuve !
À quel point n'es-tu pas prêt physiquement pour ce MotoGP version 2024 ?
Avec mes bras, c'est impossible ! Mes bras sont détruits !
Et demain, pour la course longue, comment appréhendes-tu la gestion de la chute des pneus ?
Oh, je gère ma propre chute ! [rires] Je dois gérer ma propre chute, pas celle des pneus ! La dégradation des pneus, c'est le stand qui le gère, mais moi je dois gérer Andrea. Je dois décider : soit je fais cinq tours comme un roi, soit j'en fais 25 [il y en aura 20 en réalité, ndlr] comme un nobody... C'est la question ! Je peux faire comme en qualifs, cinq tours incroyables, puis arrêter là ma course et rentrer dans le garage et dire : "les gars, c'étaient les cinq meilleurs tours de ma vie, mais la course est terminée !" [rires] Le sprint du sprint ! [rires]
As-tu parlé avec Valentino Rossi ce week-end, vous êtes-vous appelé ?
Oui, hier, il a dit qu'il était content. Mais lui aussi doit se concentrer, car il a une course auto ce week-end et je veux aussi qu'il gagne, alors je crois que je ne suis pas sa première pensée. J'ai pensé à de nombreuses reprises pendant le week-end que je peux remercier Vale et tous les gens de VR46 pour cette opportunité, ce que nous faisons ce week-end. Je pense que l'on en profite beaucoup.
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