MotoGP
04 oct.
-
06 oct.
Événement terminé
18 oct.
-
20 oct.
Événement terminé
25 oct.
-
27 oct.
Événement terminé
01 nov.
-
03 nov.
Événement terminé
15 nov.
-
17 nov.
Événement terminé
70 ans de Grands Prix moto
Dossier

70 ans de Grands Prix moto

Années 1980 : la bannière étoilée flotte sur les Grands Prix

partages
commentaires
Années 1980 : la bannière étoilée flotte sur les Grands Prix
Par :
19 juin 2019 à 19:46

À l'occasion des 70 ans du Championnat du monde moto, dont la première course fut disputée le 13 juin 1949, Motorsport.com vous propose de revivre décennie après décennie l'Histoire de la discipline. Notre flashback nous mène aujourd'hui dans les années 80, âge d'or des pilotes américains.

La décennie 70 avait permis au championnat, désormais trentenaire, d'atteindre l'âge de maturité et les années 80 s'inscrivirent directement dans cette continuité. Les Grands Prix moto avaient en effet vu leurs acteurs prendre en main leur sécurité et obtenir de premières avancées notables, donnant une impulsion fondatrice vers une professionnalisation des Grands Prix qui allait se confirmer lors des années suivantes. Le visage pris par le plateau y ferait écho, avec l'arrivée de nouvelles marques et un engagement plus officiel, dessinant le fonctionnement du championnat que nous connaissons aujourd'hui.

Lire aussi :

Parmi les pilotes aussi, le renouveau était en marche, incarné dans les années 70 par de premiers pionniers. Jarno Saarinen, d'abord, fauché très jeune mais ayant pourtant laissé une trace indélébile grâce à son déhanché. Puis Kenny Roberts, qui insuffla un vent de fraîcheur avec un style tout en glisse, venu du dirt track. Sacré dès ses débuts à temps plein en 1978, le Californien faisait toujours office de référence à l'entrée dans les années 1980, dont le premier titre 500cc fut encore à mettre à son actif. Ce fut le dernier sacre de sa carrière mondiale, mais il courut encore trois ans avant de raccrocher son casque. Un parcours fulgurant de seulement six saisons en 500cc, auréolées de trois titres, et plus conforme là aussi aux habitudes modernes qui finiront peu à peu par s'imposer et consistant à ne disputer qu'un seul championnat à la fois. Durant les années 80, il n'était toutefois pas inhabituel de voir encore des pilotes engagés dans deux catégories, à l'image d'Anton Mang, de Jorge Martínez ou encore d'Ángel Nieto, le champion aux 12+1 titres qui allait poursuivre ainsi jusqu'à la fin de sa carrière en 1986.

Sous l'impulsion de Kenny Roberts, d'autres pilotes américains commençaient eux aussi à se faire un nom au début de cette nouvelle décennie, à l'instar de Randy Mamola qui remporta ses premières victoires en 1980. Cette même année, Freddie Spencer faisait ses premiers pas dans le Championnat du monde, puis c'était au tour d'Eddie Lawson de les rejoindre en 1981. En 1982, Spencer frappa les esprits à double titre, d'une part en ramenant Honda à la victoire en 500cc, pour la première fois en 15 ans, mais aussi en établissant par la même occasion un record de précocité (20 ans et 196 jours) qui tiendra jusqu'à l'émergence d'un certain Marc Márquez, pas encore né à cette époque… Une nouvelle génération était bel et bien en train de s'établir, et celle-ci imposait une nouvelle nation dans un championnat en grande partie centré autour de l'Europe.

Il y eut pourtant une trêve italienne de deux ans. En 1981, c'est Marco Lucchinelli, sur la Suzuki, qui parvint en premier à détrôner Kenny Roberts. Quatrième du championnat dès sa première saison en 500cc, en 1976, le fantasque pilote à l'étoile passa à la vitesse supérieure en remportant sa première victoire en 1980, au Nürburgring, et en s'invitant sur le podium du championnat. Sur sa lancée, il ramena les lauriers à Hamamatsu, en profitant d'un coup de moins bien du binôme Roberts-Yamaha. Ce titre, conquis par l'emblématique équipe de Roberto Gallina, dont le nom rime avec ceux des pilotes transalpins de toute une époque (Reggiani, Chili, Graziano Rossi…), fut doublé en 1982. Cette fois, c'est Franco Uncini qui résista à Roberts. Alors que l'Italien commençait à prendre l'avantage au championnat, le triple Champion du monde fut en effet écarté par une blessure, laissant le champ libre à son rival. Barry Sheene également absent, après avoir été gravement blessé à Silverstone, Uncini remporta ainsi son unique titre. Lucchinelli, lui, jusqu'alors fidèle représentant de Suzuki, avait cédé aux sirènes de Honda après son sacre et voyait déjà sa carrière péricliter.

Lire aussi :

Après ses deux défaites face à la Suzuki de la redoutable équipe Gallina, King Kenny reprit du poil de la bête en 1983, contribuant alors à l'une des campagnes les plus spectaculaires du championnat. Arrivé à maturité avec la NS500, Spencer planta le décor en remportant les trois premières courses, devant tour à tour Roberts, Lucchinelli et Mamola. Mais le jeune Américain allait bientôt voir Roberts revenir comme un boomerang avec une victoire à Hockenheim, la première qu'il décrochait depuis un an. Dès lors, les deux hommes se livrèrent un duel sans merci, de toute beauté. Sur les 12 courses de la saison, chacun d'eux s'adjugea six pole positions et six victoires. Ils enregistrèrent également un abandon chacun, ainsi qu'une quatrième place, trois deuxièmes places… et ne furent départagés qu'à la faveur d'une troisième place de Spencer face à une autre quatrième position pour son rival, soit deux points qui permirent au pilote Honda de signer son premier sacre à seulement 21 ans et de tenir en échec le maître Kenny Roberts, de dix ans son aîné.

Leurs succès s'accompagnèrent des places d'accessit souvent obtenues par Mamola et Lawson, au point que le championnat prit fin avec quatre premières positions verrouillées par les pilotes américains. Uncini, cette année-là, ne parvint pas à défendre sa couronne, dépassé par le superbe mano-a-mano que se livrèrent Spencer et Roberts, mais aussi écarté des pistes à quatre manches de la fin par le dramatique accident dont il fut victime à Assen, heurté par Wayne Gardner et touché à la tête.

Alors que le talent du jeune Spencer avait éclos, le passage de témoin de l'aîné des pilotes américains fut total lorsque Kenny Roberts raccrocha son casque à l'issue de cette intense saison 1983. Il ne quitta pas pour autant le paddock et s'investit dans un rôle de patron d'équipe qui allait se révéler tout aussi important dans les succès américains du championnat. En 1984, c'est d'abord en 250cc qu'officiait le team Roberts, avec dans ses rangs un certain Wayne Rainey, dont on entendrait parler sous peu en catégorie reine.

Lawson, le métronome

Pour le moment, celle-ci accueillait les succès d'un autre pilote américain. À 26 ans, Eddie Lawson avait, comme ses rivaux, écumé les pistes outre-Atlantique et s'était fait repérer par Yamaha, au point d'obtenir la place de coéquipier de Kenny Roberts durant sa dernière saison de compétition. Autant dire qu'il n'y avait pas meilleure école pour prendre ses marques en Championnat du monde et le jeune Californien su retenir les leçons et les mettre en application sans tarder. Une première victoire dès la manche inaugurale de la saison, et le voici qui était lancé dans sa première campagne victorieuse, quadruple Champion du monde en devenir.

Freddie Spencer, Randy Mamola, Ron Haslam

Freddie Spencer, Randy Mamola, Ron Haslam

1984 fut également la meilleure année du Français Raymond Roche. Si la victoire lui a toujours échappé en Grand Prix, le Varois, futur Champion du monde Superbike, capitalisa sur le soutien de Honda pour engranger pas moins de huit podiums cette année-là et s'octroyer la troisième place du championnat, battant même Spencer. Mais l'hymne que l'on entendit immanquablement à la fin des courses 500cc était encore le Star-Spangled Banner. Aux trois victoires de Mamola s'ajoutèrent les quatre succès de Lawson et les cinq de Spencer, véritable carton plein pour les pilotes américains.

S'il gagna moins de courses que Spencer, Lawson profita de la blessure de son rival pour prendre le large. Il mit aussi en pratique la grande qualité qui allait considérablement marquer sa carrière : sa régularité. À l'arrivée de toutes les courses, il ne descendit pas plus bas que la quatrième place et monta sur le podium neuf fois. Sa saison 1985 fut quasi identique en ce sens, cependant un abandon à Assen lui coûta très cher, face à un Spencer remonté à bloc après ses ennuis de la saison précédente : le natif de Louisiane s'engagea en Grand Prix à la fois en 250cc et en 500cc… avec un double titre à la clé !

Depuis Katayama en 1982, aucun pilote non-Américain n'avait plus réussi à ravir la victoire aux Quatre Fantastiques de l'époque – Roberts, Spencer, Lawson et Mamola… jusqu'au Grand Prix d'Allemagne de l'Ouest 1985, remporté par un Frenchy, Christian Sarron ! Sous la pluie d'Hockenheim, le Clermontois, sacré Champion du monde 250cc l'année précédente, s'offrit le luxe de dépasser Fast Freddie pour aller chercher la victoire et faire retentir la Marseillaise en catégorie reine pour la première fois depuis la victoire de Pierre Monneret en 1954 – il n'était pas encore né !

Lire aussi :

Spencer s'éclipse, Gardner vient jouer les trouble-fêtes

À la moitié des années 80, les succès avaient bel et bien changé de camp, et ironie du sort, Lucchinelli et Uncini raccrochèrent en même temps. Pourtant l'année 1986 s'ouvrit sur le visage victorieux d'un nouveau venu au palmarès, Wayne Gardner. Coéquipier de Freddie Spencer, le jeune Australien prit le témoin alors que son acolyte s'effondrait, en proie à des problèmes aux bras et non moins touché au mental. Eddie Lawson su saisir l'opportunité et, bien que Gardner lui opposa une solide résistance, il battit le pilote Honda. Celui-ci prit sa revanche l'année suivante en affichant à son tour cette régularité essentielle dans un contexte aussi concurrentiel : en 15 courses, il obtient 12 podiums, autant que Lawson, mais sept victoires contre cinq pour l'Américain. Celui-ci n'allait pas en rester là, s'emparant des deux titres suivants, en se payant même le luxe de quitter Yamaha fin 1988 et de réussir un transfert victorieux vers Honda. Entre-temps, la marque à l'aile dorée avait définitivement perdu son "E.T.", Spencer ayant enchaîné trois années noires avant de passer chez Yamaha pour, tout juste, retrouver quelques places d'honneur en 1989.

Eddie Lawson, Yamaha, et Wayne Gardner, Honda

Eddie Lawson et Wayne Gardner

Une nouvelle fois, une génération quittait la scène et une autre était en train d'éclore, impatiente de prendre le témoin. Arrivé en 1986, Kevin Schwantz lança la saison 1988 en s'invitant à son tour parmi les vainqueurs des Grands Prix 500cc, ramenant par la même occasion Suzuki sur le devant de la scène. Dans le même temps, un autre Américain, John Kocinski, disputait son premier Grand Prix sous la houlette d'un Kenny Roberts team manager. Puis il y eut Wayne Rainey, que l'on avait découvert en 1984, en 250cc, et qui intégra les 500cc en 1988, toujours sous le patronat de Roberts. Battu par Lawson et Gardner la première année, puis par Lawson uniquement, il parvint à décrocher la timbale en 1990, devant Kevin Schwantz, tous deux donnant alors une nouvelle impulsion à une décennie 1990 qu'ils allaient fortement contribuer à électriser.

Ainsi s'achevaient les années 80, marquées par 71% de victoires américaines en catégorie 500cc. Une décennie beaucoup plus européenne dans les autres cylindrées, avec les Champions déjà expérimentés qu'étaient Anton Mang et Ángel Nieto, ou les petits nouveaux baptisés Jorge Martínez, Luca Cadalora, Fausto Gresini ou encore Sito Pons. Les années 80, ce furent aussi les belles heures de toute une génération de pilotes français, à commencer par Jean-Louis Tournadre, devenu en 1982 le premier Champion du monde tricolore dans l'une des catégories officielles, en l'occurrence les 250cc. Deux ans plus tard, Christian Sarron lui succédait, avant de connaître les succès que l'on sait en 500cc. Dans la catégorie reine, l'Auvergnat retrouverait Raymond Roche, tous deux parvenant à monter sur la troisième marche du podium en 1984, 1985 et 1989 derrière ces indéboulonnables Américains. Et comment ne pas citer Jean-Philippe Ruggia, et son fameux coude au sol, ou encore Alain Michel, dans une catégorie side-cars qui à l'époque figurait encore au programme des Grands Prix, dont il était l'un des grands animateurs et où il fut sacré en 1990.

La décennie 80 fut aussi lourdement endeuillée, et la France paya un lourd tribut avec la mort de Patrick Pons en 1980, lui qui avait tant contribué à animer les catégories 250cc et 350cc dans les années 70, puis celle de son acolyte Michel Rougerie, vice-Champion du monde 250cc en 1975, l'année suivante, pour ne citer qu'eux. Les spectateurs du Grand Prix de France se souviendront aussi du Suisse Michel Frutschi, mort sur l'épreuve tricolore en 1983 après l'avoir remportée l'année précédente. Une époque encore cruelle pour les motards, mais qui rapprochait tout de même peu à peu les Grands Prix vers les progrès considérables qui seraient accomplis dans les années 1990 et qui mèneraient à l'aube des années 2000 à la création du MotoGP.

Article suivant
Rossi : Le virage 10 ? "Comme un parking de supermarché"

Article précédent

Rossi : Le virage 10 ? "Comme un parking de supermarché"

Article suivant

Développement et points : Guintoli fait coup double à Barcelone

Développement et points : Guintoli fait coup double à Barcelone
Charger les commentaires