70 ans de Grands Prix moto
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Années 1960 : Hailwood vs Agostini, duel au sommet

À l'occasion des 70 ans du Championnat du monde moto, dont la première course fut disputée le 13 juin 1949, Motorsport.com vous propose de revivre décennie après décennie l'Histoire de la discipline. Focus aujourd'hui sur la décennie 1960, et l'émergence de deux pilotes hors du commun : Mike Hailwood et Giacomo Agostini.

Années 1960 : Hailwood vs Agostini, duel au sommet

L'année 1960 fut marquée par la fin d'une période de domination, celle de John Surtees, qui décrochait cette année-là son quatrième sacre dans la catégorie reine, et la poursuite d'une autre, celle du constructeur MV Agusta, entamée en 1956 avec le pilote anglais, qui prit finalement la direction de la F1 au début de la nouvelle décennie.

Rarement une domination fut aussi nette en sports mécaniques alors que le constructeur italien, déjà invaincu depuis 1958, allait maintenir son invincibilité jusqu'en 1975, année où Yamaha décrocha son premier sacre par l'intermédiaire de Giacomo Agostini. Passés le dernier titre de Surtees en 1960 et celui du Rhodésien (actuel Zimbabwe) Gary Hocking l'année suivante, un nouveau pilote britannique imposa sa botte sur la catégorie reine à compter de 1962, toujours au service de MV Agusta : Mike Hailwood.

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Ce dernier n'était en rien un nouveau venu dans l'univers des Grands Prix, lui qui avait triomphé l'année précédente en 250cc. De quoi se faire repérer par le comte Domenico Agusta, qui recourut à ses services pour le GP des Nations 1061, qui se disputait à Monza. Et pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître, l'Anglais signant sa première victoire en 500cc à cette occasion, ce qui annonçait une hégémonie quasiment sans partage à compter de la saison suivante.

Mike Hailwood

Mike Hailwood

Rivalité et amitié entre Hailwood et Agostini

En effet, Hailwood s'adjugea par la suite quatre titres d'affilée entre 1962 et 1965, entrant ainsi au panthéon des pilotes les plus prolifiques en 500cc. Mais il est aussi et surtout resté dans les mémoires pour son duel de légende avec Agostini, apparu pour sa part dans la catégorie reine en 1965, et qui allait le supplanter par la suite au niveau du palmarès, devenant ainsi l'homme le plus titré en Championnat du monde, toutes catégories confondues, encore aujourd'hui.

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Les deux hommes nouèrent une solide amitié au fil des années, malgré une rivalité bien affirmée. Agostini et Hailwood avaient en effet en commun le fait de provenir d'un milieu social très aisé, et d'afficher un caractère affable qui les rendait sympathiques aux yeux du public. D'abord coéquipiers chez MV Agusta, où Hailwood tint donc le haut du pavé face à l'Italien, le rapport de force s'inversa à partir de 1966 lorsque l'Anglais prit la direction de Honda. Une période faste s'ouvrit alors pour Agostini, qui remportera sept titres consécutifs dans la catégorie reine de 1966 à 1972, sans oublier un huitième, son dernier, obtenu en 1975 pour le compte de Yamaha.

À autre époque, autres mœurs, Agostini resta également dans les mémoires pour avoir été la référence dans la catégorie 350cc sur cette même période. Non content de défendre ses intérêts dans la catégorie reine, l'Italien dominait alors aussi outrageusement cette autre discipline, demeurant invaincu entre 1968 et 1974. Imaginerait-on un Marc Márquez ou un Valentino Rossi mener les championnats MotoGP et Moto2 de front aujourd'hui ?

Une période d'expansion pour le Championnat du monde

Au-delà des talents incroyables qui émergèrent sur cette période, les années 1960 gagnèrent leurs galons d'âge d'or grâce à l'internationalisation qui toucha le Championnat du monde moto. Internationalisation d'abord sur le plan des calendriers, car en effet l'intégralité des courses disputées jusqu'ici l'avaient été sur le continent européen. Il fallut ainsi attendre 1961 pour voir le Championnat prendre la direction de l'Argentine, avant l'inscription au programme du Japon en 1963.

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L'arrivée du pays du Soleil-Levant au calendrier n'avait cependant rien à voir avec le hasard, celle-ci étant étroitement liée à la présence japonaise accrue dans les différentes catégories. Car si Honda avait fait office d'éclaireur en 1959, les années 1960 virent l'arrivée de nombreux autres constructeurs nippons, à savoir Suzuki et Yamaha, et un peu plus tard Kawasaki.

L'année 1962 allait quant à elle voir le Championnat du monde gonflé d'une nouvelle catégorie, avec l'apparition des 50cc, qui allait elle-même favoriser l'arrivée de nouveaux constructeurs, tels que Derbi ou bien encore Kreidler. Les Japonais jetèrent d'emblée leur dévolu sur cette nouvelle catégorie, Suzuki décrochant son premier sacre en Grand Prix cette année-là par le biais de Ernst Degner, qui au-delà de son titre allait par la suite passer à la postérité en donnant son nom au double-droite du circuit de Suzuka, où il fut gravement accidenté en 1966.

Ascension et retrait partiel du Japon

De façon générale, le Japon allait tenir le haut du pavé dans les catégories inférieures au cours des années 1960. Honda remporta donc son premier titre en Grand Prix en 1961 par le biais de Mike Hailwood en 250cc et de Tom Phillis en 125cc. Passé son premier titre en 1962 avec Degner, Suzuki poussa pour sa part son avantage l'année suivante en 125cc avec le sacre de Hugh Anderson.

Yamaha ne tarda pas non plus à obtenir sa part du gâteau, avec l'obtention d'une première couronne en 1964 en 250cc, avec Phil Read au guidon, prenant ainsi la relève de Honda qui s'était imposé dans la catégorie les trois années précédentes, d'abord avec Hailwood en 1961, puis avec Jim Redman en 1962 et 1963.

Jim Redman

Jim Redman

Les deux hommes allaient ensuite porter haut les couleurs de la marque à l'aile dorée avec cinq sacres successifs de 1962 à 1967 en 350cc, avant que MV Agusta ne reprenne enfin ses droits en 1968 avec Agostini. À noter que Kawasaki n'allait pas être en reste, avec un premier titre obtenu en 1969 en 50cc avec le Britannique Dave Simmonds. Mais cette période glorieuse pour le Japon allait bien vite connaître un coup d'arrêt à la fin des années 60, avec le retrait de ses constructeurs des différentes catégories dans lesquelles ils étaient engagés.

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Si les changements de réglementation, et notamment l'interdiction faite aux usines de développer des moteurs multi-cylindres à partir de 1967 (obligeant ainsi tout acteur souhaitant se maintenir dans la discipline dans l'obligation d'élaborer de tout nouveaux modèles) ont dans un premier temps été avancés pour expliquer cette prise de distance, la véritable raison semble davantage renvoyer à un aspect extra-sportif. En effet, l'économie nippone se trouvait alors en pleine phase de surproduction, ce qui lui faisait courir le risque d'une crise de grande ampleur.

Yamaha n'allait cependant pas tarder à revenir dans le jeu, enchaînant au début des années 1970 les titres dans la catégorie 250cc, avant de grimper progressivement les échelons jusqu'à la catégorie reine et un premier sacre avec Agostini en 1975 en 500cc. Cette nouvelle décennie allait par ailleurs être le témoin d'un tournant du point de vue technologique, avec l'avènement des moteurs à deux cylindres, et favoriser le retour des constructeurs japonais au plus haut niveau.

Giacomo Agostini à Goodwood en 2015, sur sa MV Agusta 500cc de 1969

1969 MV Agusta 500: Giacomo Agostini

1969 MV Agusta 500: Giacomo Agostini

Photo de: Dave Dyer

1969 MV Agusta 500: Giacomo Agostini

1969 MV Agusta 500: Giacomo Agostini

Photo de: Dave Dyer

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