Aprilia planifie déjà 2023 sans ses concessions

Après sa montée en puissance, l'équipe Aprilia travaille désormais à déjà préparer 2023 comme si elle avait perdu les concessions dont elle bénéficie, et aspire à terminer la saison avec un moteur en moins que ce dont elle dispose.

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Le cap franchi par Aprilia cette année s'est concrétisé de la meilleure des façons lors du troisième Grand Prix en Argentine, où Aleix Espargaró a décroché sa première victoire en MotoGP, offrant par ailleurs son premier succès à la marque de Noale depuis son retour en catégorie reine. Et pour couronner le tout, le #41 a pris la tête du championnat, avant de glisser au troisième rang la semaine suivante, au Texas, mais avec déjà un total de 50 points.

Bien qu'il soit possible de penser que cette prouesse n'ait été qu'une victoire sans lendemain, la performance affichée par Espargaró depuis l'an dernier et les bonnes sensations de Maverick Viñales depuis le GP d'Indonésie permettent d'affirmer que les progrès d'Aprilia sont bien réels. "J'ai l'impression que cette année nous serons en mesure de décrocher plus de victoires", a déclaré l'un de ses responsables techniques à Motorsport.com dans le paddock d'Austin.

Si cela venait à arriver, le constructeur italien perdrait en 2023 les concessions dont il dispose. Selon les informations de Motorsport.com, la Dorna et la Fédération internationale de motocyclisme ont pour projet de supprimer les concessions lorsqu'Aprilia aura perdu les siennes. Pour cela, il lui faut atteindre six points de concessions en deux ans : une victoire en représente trois, une deuxième place deux et une troisième place un. Entre le succès d'Espargaró en Argentine et son podium à Silverstone l'an dernier, Aprilia compte déjà quatre points.

Le système de concessions a été introduit en 2014 avec la volonté de permettre aux marques les plus jeunes de gagner du temps en ayant plus de marge pour développer leurs prototypes et ainsi de voir les forces en présence s'équilibrer. Celles qui en possèdent disposent de neuf moteurs par pilote contre sept pour les autres et ont également la liberté de les développer tout au long de la saison. Elles peuvent aussi faire rouler leurs pilotes titulaires lors de tests sans aucune restriction. Parallèlement à cela, le nombre de wild-cards passe de trois à six sur une saison, et Lorenzo Savadori roulera par ailleurs à Portimão ce week-end et à Jerez ensuite.

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Bien qu'il faudra attendre une annonce officielle pour le confirmer, tout est prévu pour que 2022 soit la dernière saison d'application de ces concessions, indépendamment du fait qu'Aprilia soit l'unique constructeur à encore en disposer.

C'est probablement pour cette raison que la marque italienne a anticipé les choses et fonctionne déjà cette saison comme si elle n'en disposait plus. "Évidemment, perdre les concessions est une possibilité, mais je ne crois pas que cela représente un gros problème pour nous. De fait, nous sommes déjà en train de planifier le projet de 2023 comme si nous n'en avions pas. Être devenu une équipe d'usine, sans lien avec Gresini, en fait partie", a déclaré Massimo Rivola, PDG d'Aprilia Racing, à Motorsport.com.

En conséquence et afin d'anticiper le scénario qu'ils vont rencontrer, les ingénieurs et techniciens de Noale se sont fixés pour objectif de faire rouler Espargaró et Viñales avec huit moteurs chacun sur les 21 Grands Prix de la saison, soit un de moins que ce à quoi ils ont droit. "C'est une bonne stratégie pour planifier l'utilisation des moteurs disponibles en conservant une marge de sécurité. Dans notre cas, essayer d'en économiser un répond à l'éventualité que nous perdions les concessions", a souligné Romano Albesiano, le directeur technique de l'équipe. "De toute façon, si nous avons besoin de tous les utiliser, nous le ferons."

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