Aprilia : "Il y aura toujours des zones d'ombre" dans le règlement

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Aprilia : "Il y aura toujours des zones d'ombre" dans le règlement
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Co-auteur: Matteo Nugnes
25 mars 2019 à 08:26

Alors que le paddock MotoGP devrait bientôt connaître le verdict de la Cour d'appel de la FIM, c'est surtout un nouveau cadre réglementaire qui est attendu par les dirigeants d'Aprilia. Clarté et stabilité sont aujourd'hui nécessaires dans un domaine aussi sensible, selon la marque de Noale.

Après avoir représenté Aprilia au siège de la FIM, vendredi, pour l'audience de la Cour d'appel destinée à apporter un second jugement sur le déflecteur utilisé par Ducati au Grand Prix du Qatar, Massimo Rivola était au Mugello ce week-end dans le cadre de l'Aprilia All Stars, un rassemblement de la marque de Noale autour de ses champions. L'épineux sujet qui fait l'actualité du MotoGP depuis cette première manche ne pouvait, bien entendu, pas manquer d'être évoqué.

"J'ai trouvé le climat auquel je m'attendais", a fait savoir le PDG d'Aprilia Racing au sujet de la journée d'audience, à laquelle participaient également les représentants de Ducati, Honda, Suzuki et KTM. "Il est clair que nous n'allions pas au bar, nous sommes allés présenter notre point de vue. Je crois que nous avons réussi à démontrer sans équivoque qu'une ailette génère de l'appui, ce que comprendrait même un enfant."

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"Le règlement dit qu'il ne doit pas y avoir dans cette zone de la moto d'objets destinés à générer de l'appui", rappelle pour sa part Romano Albesiano, directeur technique. "Pour l'œil de quelqu'un qui s'occupe de ces choses-là, cela apparaît comme quelque chose qui a été pensé pour générer de l'appui. Les calculs le confirment", assure-t-il par ailleurs, confirmant qu'Aprilia avait fait des simulations sur ordinateur sur ce point.

Une nouvelle fois, les responsables de l'équipe italienne ont affirmé ne pas souhaiter qu'Andrea Dovizioso soit destitué de sa victoire, leur volonté étant que le règlement puisse être mieux cadré dans ce domaine sensible et que chacun reparte d'une base saine. "Cela a été surtout une question de principe liée à la clarté du règlement. Dovizioso aurait quand même gagné, il le mérite, cela ne change rien", estime Albesiano, qui juge que le traitement de ces questions est à perfectionner. "Ici [en MotoGP], le règlement énonce trois choses, de principe, et ensuite il s'en remet au jugement d'une personne [le directeur technique, Danny Aldridge]. Peut-être faut-il un peu renforcer les choses et aider cette personne à prendre les décisions, sur des thèmes qui sont très variés et sur lesquels il n'est pas forcément [toujours] très compétent."

Si la volonté d'Aprilia est d'obtenir un règlement mieux défini et donc plus contrôlable, Massimo Rivola précise néanmoins que son intention n'est pas d'aller vers des règles trop restrictives, afin de laisser leur liberté d'interprétation et de création aux ingénieurs. "Je suggère que l'on fasse des règlements un peu plus clairs", pointe le patron d'Aprilia Racing. "Attention, il y aura toujours des zones d'ombre. Ce qu'il y a de beau dans un règlement, et dans ce que font un directeur technique et un directeur sportif, c'est d'aller chercher les zones d'ombre, ce que Ducati a d'ailleurs fait cette fois. Mais il est nécessaire de poser des limites, surtout sur un domaine comme l'aérodynamique, parce que je crois que c'est la volonté de tous – c'est en tout cas celle de quatre constructeurs et cela doit faire réfléchir."

Un coût disproportionné

Il en va aussi du contrôle des coûts, d'aucuns craignant que ceux-ci augmentent d'une façon comparable à celle de la F1, ce qui mettrait particulièrement en difficulté les équipes aux budgets les plus réduits. Une question à laquelle Aprilia est particulièrement sensible. "Si nous ne plaçons pas de verrous, nous risquons de faire augmenter les coûts. Je le dis aussi par rapport à nous, parce qu'en étant le team qui a le budget le plus petit, nous sommes aussi les plus pénalisés. Cela fait donc aussi partie de mon métier de signaler où se trouvent les zones dans lesquelles il faut poser des limites", explique Rivola.

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Par ailleurs, dans une discipline où les écarts sont de plus en plus réduits, l'escalade du développement aérodynamique suggère, selon le PDG d'Aprilia Racing, un budget disproportionné pour le gain envisageable. "Les coûts augmentent et le bénéfice est très réduit, même si c'est probablement suffisant pour gagner les courses. Je regarde la première course de l'année et toutes les motos étaient contenues en 15 secondes [les motos du top 15, ndlr]. L'écart entre le premier et le deuxième – que le hasard a voulu similaire à celui de l'année dernière – était vraiment minuscule."

Aprilia se trouve dans une position particulière, sachant que l'équipe italienne a indiqué avoir soumis au directeur technique du MotoGP une pièce comparable à celle de Ducati pendant les essais de pré-saison et s'être vu refuser son utilisation. Si le verdict de la Cour d'appel établit que cette pièce est conforme au règlement, ouvrant donc la porte à une utilisation par les autres constructeurs, la marque de Noale pourrait donc être en mesure de réagir rapidement. "Pour Austin, nous pourrions y arriver. Ça n'est pas quelque chose d'énorme", estime Albesiano.

Le verdict de la Cour d'appel de la FIM est attendu en ce début de semaine, alors que le MotoGP est également en route vers l'Argentine, où se tiendra le week-end prochain le deuxième Grand Prix de la saison.

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Auteur Léna Buffa
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