L'inquiétante chute de Márquez "difficile à gérer mentalement" pour son coéquipier
Fermín Aldeguer admet avoir été atteint mentalement par l'angoisse qui régnait autour de l'accident d'Álex Márquez, mais aussi celui de Johann Zarco, deux grosses chutes repassées sur les écrans pendant les interruptions au drapeau rouge.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Fermín Aldeguer a décroché dimanche ce qui est son premier podium de la saison. Une récompense bienvenue pour le pilote espagnol, dont la première partie de championnat a été largement compromise par une fracture du fémur subie à l'entraînement dès les premiers jours de janvier. Mais le contexte était particulier pour le pilote Gresini, qui a vu son coéquipier gravement accidenté.
Dans une équipe où l'on ne connaît que trop bien le poids des moments d'angoisse qui accompagnent l'intervention des secours auprès d'un pilote venant de chuter lourdement, Aldeguer a tenté de gérer tant bien que mal cet après-midi particulièrement difficile. Après l'évacuation d'Álex Márquez, dont les nouvelles ont heureusement fini par être relativement rassurantes, il a fallu gérer deux nouveaux départs, entrecoupés par un autre accident effrayant impliquant cette fois Johann Zarco, suivi de la même attente tendue.
Au final, Aldeguer n'a pas caché être éprouvé par les événements lorsqu'il est descendu du podium. "Je suis très fatigué mentalement", a-t-il admis en livrant sa réaction à chaud au site officiel du MotoGP. "On est à 100%, plein d'adrénaline, on s'arrête, on repart et on s'arrête à nouveau. Il a été difficile de gérer cette concentration pendant la course."
"Ça n'est clairement pas agréable de décrocher un résultat comme celui-ci quand d'autres pilotes sont à l'hôpital, et notamment mon coéquipier", a assuré Aldeguer, qui n'était plus monté sur le podium depuis sa victoire en Indonésie, en octobre dernier.
La question de la gestion des interruptions de course s'est déjà posée à maintes reprises en MotoGP, pourtant les images des chutes diffusées en boucle et de l'intervention des secours continuent de toute évidence à beaucoup toucher les pilotes qui les subissent durant leur attente au stand.
"Ça a été difficile à gérer mentalement", a ainsi expliqué Aldeguer. "Quand j'étais dans le box et que j'ai vu les replays des deux chutes… La première était horrible, et il y avait de la tension dans mon box parce que mon coéquipier était au sol et ça n'est pas facile, on ne sait pas ce qui se passe."
"Honnêtement, c'est quelque chose qui n'a pas été facile à gérer à l'intérieur du stand. Quand un pilote est par terre au beau milieu de la piste, et que vous êtes au stand sans comprendre ce qui se passe, c'est difficile à gérer. Mais on est des pilotes professionnels et on doit rester concentrés dans ces moments-là."
Une récompense synonyme de motivation
Au final, Fermín Aldeguer s'estime chanceux d'avoir pu tirer son épingle du jeu dans une journée si mouvementée. Les montagnes russes d'émotions de ce dimanche l'ont finalement mené sur le podium, à sa grande surprise.
"Je ne m'attendais clairement pas à ce résultat. Je savais que mon potentiel me permettait de me battre parmi les cinq ou six premiers, mais en partant 15e c'est toujours difficile. Les autres pilotes ont manqué de chance, mais pour ma part j'ai eu de la chance de pouvoir repartir avec des pneus neufs et depuis la huitième place. Ça m'a permis d'être plus proche du podium."
Fermín Aldeguer a décroché son premier podium de la saison.
Photo de : Eric Alonso / Getty Images
Le pilote espagnol accueille également ce résultat - une deuxième place, à la suite de la pénalité de Joan Mir – comme une récompense après quelques mois compliqués pour lui. "On peut être très satisfaits parce que le début de saison a été difficile avec ma blessure, et avec cette moto aussi", a-t-il souligné, décrivant ce qui le limite avec la version 2025 de la Ducati : "En commençant ma saison au Brésil, je ne me suis pas senti super à l'aise avec cette moto. Il me manquait du turning, et aussi ce grip en fin de course qui faisait que j'étais super rapide l'année dernière et qui me permettait de faire la différence."
"On a fait un gros step au Mans, à la fois dans le sprint et dans la course principale, et ici aussi dès les premiers essais libres. On a un peu manqué de chance dans les Essais et les qualifications, à cause de drapeaux jaunes, et je suis parti 15e, or on sait que ça n'est pas facile de remonter, mais on peut être satisfaits", a ajouté Fermín Aldeguer, avouant, le sourire retrouvé : "Ça motive pour continuer."
Voit-il dans ce résultat le signe qu'il a désormais dépassé ses difficultés et qu'il aura la capacité de se battre pour les podiums dorénavant ? "Honnêtement, je ne suis pas sûr d'avoir le potentiel de figurer dans le top 3 à toutes les courses. J'ai besoin de plus de temps", a-t-il répondu à cette question.
"Je pense pouvoir figurer parmi les six premiers, c'est un objectif clair pour moi, mais il nous faut plus de temps pour nous rapprocher des motos officielles. Et j'ai aussi besoin d'avoir plus confiance en moi quand j'entre dans les virages à gauche par rapport à ma condition physique."
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