Bagnaia a pris une claque : "Oui, il y a un problème"
Sa défaite au Mugello est plus douloureuse pour Pecco Bagnaia que toutes celles subies jusqu'ici cette saison. Elle confirme, si besoin était que le pilote Ducati est vraiment dans le dur et qu'aucune solution ne semble poindre pour l'aider.
Le bout de ciel bleu entraperçu à Alcañiz a vite cédé la place à un nouvel orage dans la tête de Pecco Bagnaia. Son Grand Prix national, celui qu'il a dominé ces trois dernières années, s'est soldé par un revers plus douloureux que tout autre, une course dont il n'a même pas pu visiter le podium.
Avant d'être privé de la troisième place par Fabio Di Giannantonio en fin de course, alors qu'un pneu qu'il décrit usé à la corde a fait de lui une proie facile, Bagnaia avait pourtant électrisé les tribunes. Il avait livré une superbe lutte dans les premiers tours, rendant coup pour coup à Marc et Álex Márquez. Et puis, soudain, il s'est trouvé face à un mur et n'a plus été qu'un spectateur impuissant face à l'échappée du duo espagnol.
C'est un Pecco Bagnaia en colère, mais surtout ébranlé par la portée de cette claque qu'il a prise aujourd'hui, qui s'est exprimé en fin d'après-midi devant la presse. Un pilote, aussi, qui n'a plus d'espoir réaliste de se battre pour le titre cette année.
Comment as-tu vécu cette course ?
Dans la première partie de la course, j'étais assez confiant, je me sentais bien. Ensuite, au bout de six tours, l'avant a commencé à se dégrader et j'ai dû ralentir parce que je risquais de tomber. Le problème, c'est que c'est toujours comme ça : je ne peux pas faire ce que je veux avec la moto. C'est comme si je devais juste suivre ce que fait la moto, et quand j'essaye de faire ce que je veux, je tombe. Aujourd'hui, j'ai failli me retrouver par terre dans le dernier virage alors que j'avais juste essayé de prendre la même trajectoire que celle que j'ai toujours prise.
C'est dommage mais c'est comme ça, c'est comme ça depuis la première course. Il m'arrive de bien partir, mais ensuite je fais toute la course en regardant les frères et en espérant qu'ils fassent une erreur pour peut-être avoir une chance de dépasser. C'est impossible, parce que je suis bloqué là, entre sept à dix dixièmes. Ensuite, j'essaye de pousser pour les rattraper et j'arrive à trois dixièmes mais je dois à nouveau ralentir parce que l'avant se met à sous-virer partout. Mes courses sont tout le temps comme ça cette année.
Je suis très en colère et déçu parce que je sais ce que je peux faire, je sais que je peux gagner des courses mais je ne suis pas en condition de pouvoir me battre. C'est comme ça.
Tu avais dit au début du week-end que si tu ne pouvais pas te battre ici, ça voudrait dire qu'il y a un problème. On est dans cette situation ?
Oui, il y a un problème. On n'arrive à rien résoudre, personne ne sait m'expliquer comment ça se fait que cette année je n'arrive pas à rouler comme je l'ai toujours fait, donc oui, il y a un problème.
Tu semblais pourtant avoir progressé au GP d'Aragón et au test qui a suivi...
Franchement, c'est comme en Aragón, j'y avais fini la course comme celle d'aujourd'hui, à sept ou huit dixièmes d'Álex. Aujourd'hui, c'était pareil mais dans les derniers tours, les vibrations de l'arrière étaient trop fortes, j'avais un trou dans le pneu arrière parce qu'il était très usé, et ça n'aidait pas, donc il a fallu que je ralentisse encore plus et Diggia m'a passé. C'est dommage.
Ça n'est pas la première fois que tu rencontres ce problème au bout de quelques tours. Maintenant que tu le sais, est-ce que tu t'y attends ?
J'espère juste que ça ne va pas se produire.
Mais tu le crains ?
Oui, parce que ça change en l'espace d'un tour. Tu te sens bien, tu es là, tu pousses, tu es proche, tu peux avoir une opportunité, tu peux dépasser et d'un tour à l'autre, bim, tu te mets à sous-virer à avoir des mouvements et c'est impossible d'être aussi compétitif que dans les premiers tours.
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Tu ne t'énerves jamais, mais est-ce que la solution ne serait pas de taper du poing sur la table ?
Je ne sais pas ce que ça apporterait parce que tout le monde travaille, sans exception, mais on ne va nulle part. On progresse, peu, mais on n'arrive nulle part.
Est-ce que le fait que le moteur soit gelé pour 2026 représente un problème supplémentaire ?
Si on devait garder exactement la même moto, oui. Neuf courses ont passé et mon problème est toujours le même. On change difficilement l'ADN d'une moto. Alors j'espère qu'on va trouver une solution, sinon on risque d'être en difficulté pendant deux ans.
Es-tu tenté de demander à Gigi Dall'Igna de te redonner la moto de l'année dernière ?
C'est impossible. On sait qu'on ne peut pas.
Je ne peux pas penser à gagner un titre avec des courses comme celle-ci.
Tu as 110 points de retard sur Marc et 70 sur Álex : le titre est-il perdu ?
Ce n'est certainement pas le moment de regarder ça. Il faut que je trouve ma vitesse. Je ne peux pas penser à gagner un titre avec des courses comme celle-ci, des courses où, comme depuis le début de l'année, je reste derrière, bloqué, sans ne rien pouvoir faire, juste espérer que quelqu'un devant fasse une erreur.
En l'état, c'est impossible de penser à gagner le titre. Si je fais des courses comme celle-ci et qu'on ne change rien sur la moto, qu'elle reste la même, je pense qu'il sera difficile de penser au titre. On a juste besoin de quelque chose de différent, en espérant trouver une solution et au moins avoir une chance de se battre parce que je pense que le potentiel est là. Je sais que je peux me battre pour la victoire, je sais que ce que j'ai fait dans les six ou sept premiers tours, je peux le faire tout le temps. Il faut juste que je me sente bien avec ma moto.
On va maintenant à Assen, une de tes pistes fétiches : c'est un point positif ?
Oui et non. Assen est une piste sur laquelle les sensations sur l'avant et la stabilité sont fondamentales, alors si je me sens à Assen comme ici, j'aurai beaucoup de mal.
Est-ce que ça pourrait au final être une année riche en enseignements pour toi ?
Étant donné que je suis quelqu'un qui ne baisse jamais les bras et qui s'investit toujours pleinement, comme aujourd'hui, je pense que tout ça ne peut que m'aider à mieux comprendre de nombreuses situations, de nombreuses personnes, et à comprendre quoi faire.
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