Bagnaia sait qu'il doit s'améliorer sur un type précis de circuit
Malgré trois podiums consécutifs, Pecco Bagnaia reste conscient qu'il doit encore s'améliorer pour certaines configurations de piste, qui lui posent problème quelle que soit le niveau de sa moto.
Photo de : MotoGP
Absent du podium pendant dix Grands Prix, voici que Pecco Bagnaia vient d'en enchaîner trois. Un premier à Barcelone, hérité des événements que l'on sait et de la pénalité de Joan Mir après-course, puis un second plus convaincant au Mugello, où il a réussi à évoluer à un meilleur niveau puis à résister à Ai Ogura, avant un troisième au Balaton Park.
Cette performance hongroise, Gigi Dall'Igna ne l'a commentée qu'en faisant la moue dans son billet officiel d'après-course, soulignant une troisième place opportuniste grâce au carambolage du départ avant de saluer tout de même la capacité de son pilote à maintenir cette position jusqu'au bout de la course.
Davide Tardozzi, lui, s'est montré bien plus enthousiaste. Le team manager veut voir dans les trois podiums consécutifs du Turinois le signe d'un rebond. "Il est actuellement en train de reconstruire la vitesse qu'il avait il y a deux ans. Je crois qu'il arrive à un set-up idéal sur sa moto et je m'attends à un Pecco très, très compétitif à Brno", a-t-il ainsi déclaré en Hongrie.
Reste que Bagnaia lui-même est conscient de ne pas encore avoir tout réuni pour que l'on puisse véritablement le juger menaçant sur tous les Grands Prix. En Hongrie, il pressentait avant la course qu'il allait souffrir, et plus que sa troisième place dimanche, ses résultats des deux jours précédents - avec un passage par la Q1, une qualification à la cinquième place et un sprint terminé neuvième - étaient un bon indicateur de son niveau réel sur ce circuit.
Le Turinois n'est certes pas encore revenu au niveau de symbiose qu'il a pu connaître avec les Ducati qu'il a pilotées de 2022 à 2024, mais il souligne des progrès notables dans la solidité du train avant, qui lui posait tant de difficultés la saison dernière. En revanche, il pointe une moto instable dans les changements de direction lents, avec un arrière qui lui échappe, ce qu'il identifie comme un manque d'appui.
Néanmoins, il a souligné que ses difficultés sur le circuit hongrois n'étaient pas tant dus à la moto qu'à son manque d'accointance avec ce type de piste, composée de virages beaucoup plus serrés qu'au Mugello, par exemple.
"Avant la course, je savais que je pourrais souffrir ici parce que je sais que je dois progresser dans les virages serrés. C'est mon point faible", expliquait donc Pecco Bagnaia au micro du site officiel du MotoGP à sa descente du podium. "J'ai essayé de faire mieux. Je pense qu'on a progressé depuis l'an dernier parce que j'ai de meilleures sensations sur la moto, mais ce n'est pas suffisant. Je dois apprendre de Marc [Márquez], ou de ces pilotes qui sont très forts dans les virages serrés."
Je sais que je dois progresser dans les virages serrés. C'est mon point faible.
S'il a réussi à se faufiler à la troisième place en Hongrie, Bagnaia est néanmoins resté à une distance très nette des deux premiers, avec lesquels il ne pouvait pas rivaliser. "J'ai eu beaucoup de mal à trouver le grip tout le week-end, à l'avant et à l'arrière. J'ai tout essayé, beaucoup de réglages. À ce stade, je pense que c'est juste mon pilotage qui ne convient pas", admettait-il.
Pecco Bagnaia a sauvé un podium en Hongrie malgré des difficultés dans les virages lents.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
"En regardant les données, j'ai vu que tous les pilotes Ducati avaient de meilleures sensations. Je dois juste progresser", a-t-il ajouté. "En regardant les données, je perdais un peu à l'entrée dans certains virages, au deuxième virage de chaque chicane. Je n'avais pas ces sensations sur l'arrière pour pouvoir forcer à l'entrée, [la moto] m'échappait un peu, comme pendant les essais de vendredi."
"J'ai essayé de progresser. Je me sentais mieux que l'an dernier avec l'avant. C'était un peu bizarre sur le côté droit parce que j'avais beaucoup de blocages. C'était très dur d'arrêter la moto, elle secouait beaucoup au freinage."
Des progrès à faire pour l'avenir
Bien qu'il existe une possibilité de ne plus revoir le Balaton Park au calendrier, progresser sur ce type de circuit au caractère stop-and-go, où s'enchaînent chicanes et virages lents, reste une nécessité aux yeux de Pecco Bagnaia.
"Malheureusement, j'ai vraiment du mal sur cette piste. C'est une limite que j'ai et je dois beaucoup y travailler. Ça n'est pas la faute de la moto, car elle est très bien, mais sur une piste comme celle-ci, où même les années où je me sentais extrêmement bien comme ont pu l'être 2022, 2023 et 2024, je n'aurais pas été rapide ici", a-t-il affirmé auprès de Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat.
"Je dois beaucoup me concentrer sur cette typologie de piste et essayer de travailler beaucoup sur le fait de faire tourner la moto dans les virages étroits, car c'est essentiel sur des pistes comme celle-ci. À l'avenir, on aura plus de pistes étroites, comme Adélaïde ou Buenos Aires, ça va être important de progresser sur ce point."
D'ici-là, la prochaine étape du championnat devrait bien mieux lui convenir puisque le MotoGP prend la direction de Brno, un circuit radicalement différent. Pour autant, Pecco Bagnaia veut absolument améliorer cette faiblesse qui a été la sienne en Hongrie, car elle pourrait à nouveau peser sur sa performance.
"L'année dernière, malgré mes difficultés, j'étais parti de la pole et je n'avais pas été mauvais, ça avait été un bon week-end. Mais il va être fondamental de réussir à trouver de l'appui à l'arrière, parce que là-bas aussi, il y a beaucoup de changements de direction. C'est vrai qu'il y a beaucoup de grip, mais le pneu s'use, alors je dois progresser. Mais c'est une piste que j'aime beaucoup, et c'est bien de pouvoir retourner sur un circuit comme celui-là."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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