Réactions
MotoGP GP d'Inde

Bagnaia : "Une erreur que je ne peux pas me permettre"

Pecco Bagnaia attribue sa chute au GP d'Inde à un comportement anormal de sa moto dans les phases de freinage, déjà ressenti à Misano. Il reconnaît cependant qu'il aurait dû se montrer plus prudent et assurer des points.

Alors que Pecco Bagnaia semblait avoir trouvé la régularité qui lui faisait défaut par le passé, il a connu sa cinquième chute de l'année en course principale ce dimanche. À terre sous la pluie à Termas de Río Hondo, de nouveau piégé à Austin, pris dans un accrochage au Mans et envoyé en highside à Barcelone, il a brutalement perdu l'avant sur le circuit de Buddh, alors qu'il venait de prendre la deuxième place à Jorge Martín.

Bagnaia fait un lien direct entre sa chute et les problèmes au freinage, évoqués depuis le début du week-end et qu'il ressent en fait depuis le GP de Saint-Marin même si ses douleurs à la jambe masquaient les difficultés. Ce qui est habituellement une force de son pilotage est devenu une véritable faiblesse, avec de grosses secousses ressenties samedi avec le pneu medium à l'avant, ce qui l'a poussé à opter pour le dur ce dimanche. Sa Ducati est cependant restée instable et a fini par provoquer son erreur. 

Malgré cette explication technique, Bagnaia concède qu'il aurait dû faire preuve de prudence et renoncer au duel avec Martín ce dimanche, pour assurer des points. Cet abandon lui coûte en effet très cher puisque l'avance de 62 unités qu'il avait après le GP d'Autriche a complètement fondu, et qu'il ne devance désormais Martín que de 13 petits points au championnat.

Le choix du pneu dur à l'avant est-il la cause de la chute ?

C'est difficile à dire. J'attaquais, on a accepté le risque de rouler avec le dur. On ne sait pas pourquoi mais sincèrement, toutes les autres Ducati acceptaient mieux le medium à l'avant et pas moi ; j'avais des soucis avec le medium, j'avais beaucoup de blocages. C'est pour cette raison que j'ai beaucoup de problèmes au freinage en ce moment. On a accepté le risque de faire la course avec le dur et jusque-là, ça se passait bien. Je me sentais mieux qu'avec le medium, absolument à la limite. Ça peut arriver quand on est trop à la limite, mais c'était la seule possibilité pour se mesurer à eux. Bezzecchi était imbattable aujourd'hui mais on était là, avec Jorge. Dès que je l'ai doublé, je n'ai pas haussé mon rythme, c'était le même, mais à l'instant où l'arrière a arrêté de glisser, ça a poussé l'avant et je l'ai perdu. Ça peut arriver.

Je ne suis pas content parce que je pense que ça ne doit pas m'arriver puisque je joue le championnat. C'est une erreur que je ne peux pas me permettre en ce moment. Mais je pense qu'il ne faut pas être dans la situation de ce week-end ou de Misano. Notre point fort a toujours été le freinage, maintenant c'est notre faiblesse parce que je n'arrive pas à ralentir la moto. L'arrière secoue beaucoup et on ne comprend pas pourquoi, sincèrement. On a eu une réunion hier et aujourd'hui, c'était évidemment impossible de résoudre le problème. Mais c'est sûr qu'on le comprendra mieux pour le Japon.

À quel moment ton point faible est-il devenu une faiblesse ?

À Misano, j'étais sur la réserve le vendredi en raison de la jambe, le samedi aussi, mais le dimanche, j'étais prêt à me battre. Évidemment, je n'étais pas à 100% mais en course, mon problème était le freinage. J'avais des blocages, l'arrière avait beaucoup de chattering, il bougeait beaucoup. Il fallait peut-être que ce soit une alerte pour comprendre que quelque chose ne fonctionnait pas bien, mais j'étais trop concentré sur la jambe, donc je ne pouvais pas dire que quelque chose ne fonctionnait pas bien. Ce week-end, dès le début la jambe allait mieux, ce n'était pas un problème pour piloter.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Pecco Bagnaia a chuté juste après avoir doublé Jorge Martín

Dès que le week-end a commencé, j'ai eu beaucoup de blocages à l'avant et pas les autres. J'ai eu beaucoup de chattering et de secousses à l'arrière. Mon tour de qualifications a été un exemple de ce qui est arrivé à notre moto aujourd'hui et hier. On a réussi à trouver une meilleure solution pour aujourd'hui, on se battait avec Jorge qui était trop rapide hier, et on a réussi à être performants mais je ne me sentais pas bien. Comme je l'ai dit, quand on est trop à la limite, on peut avoir une chute comme ça et il ne faut pas que ça se produise. C'était de ma faute, j'ai déjà présenté mes excuses à l'équipe parce qu'aujourd'hui, il aurait été préférable de le comprendre et de prendre la troisième place. C'est arrivé quand j'étais deuxième. Actuellement, je ne suis pas content de mes sensations sur la moto.

L'arrière de ta moto semblait bouger quand tu es tombé. Est-ce qu'il y a eu un rebond qui a mis trop de charge sur l'avant ?

C'est sûr que notre moto n'accepte pas trop quand on met trop de charge sur le pneu avant. Ça a toujours été un problème, depuis 2016 et l'arrivée de Michelin. C'est ce qu'il s'est passé. J'ai glissé et normalement j'arrive bien à gérer les glissades mais tout au long du week-end, j'ai eu du mal à bien gérer ça. Dès que c'est revenu, la charge a poussé l'avant.

As-tu pu prendre les réglages de Jorge Martín ou sont-ils trop différents ?

C'est très différent parce qu'il a une position différente sur la moto. Notre équilibre sur la moto est assez différent.

Mon équipe a mon soutien à 100% et on va résoudre le problème. On ne renonce jamais dans une telle situation.

Pecco Bagnaia

Est-ce que Motegi arrive au bon moment par rapport à la dynamique de Martín, puisque ce n'est pas un circuit avec de gros freinages ?

J'ai la sensation que mon équipe va corriger ça. Je ne suis pas inquiet parce que mon équipe a mon soutien total sur ça. Je sais parfaitement que l'on va trouver une solution et que le freinage sera à nouveau notre point fort. C'est sûr que ce ne sera pas facile. Jorge est dans une bonne dynamique mais aujourd'hui il a fini à huit secondes de Bezzecchi. Aujourd'hui, et hier déjà, Bezzecchi était trop fort pour lui, mais aussi pour nous dans l'ensemble.

Je veux retrouver ma position. On a fini avec une avance incroyable en Autriche, à Barcelone on se battait avec les Aprilia et la deuxième Ducati était loin derrière. Dès qu'on est arrivés à Misano, il s'est passé quelque chose de différent. C'était mon Grand Prix à domicile et je ne me sentais pas aussi bien que d'habitude. Mon équipe a mon soutien à 100% et on va résoudre le problème. On ne renonce jamais dans une telle situation.

Fallait-il être en forme aujourd'hui ? Martín était détruit à la fin...

J'ai vu ça. C'est étrange mais aussi très singulier [avec la chaleur de Buddh]. Peut-être qu'il a plus souffert de la température. J'ai la chance de ne pas trop souffrir de la chaleur. J'ai fait beaucoup de tours derrière lui et il faisait très chaud mais je n'ai pas ressenti le moindre problème.

Lire aussi :

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article

Voir aussi :

Article précédent Jorge Martín à bout de forces après le GP d'Inde
Article suivant Márquez assume l'erreur qui lui a "coûté le podium"

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France