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Bagnaia en retard au championnat malgré un Grand Prix gagné sur deux

En retard au championnat alors qu'il a remporté la moitié des Grands Prix disputés jusqu'à présent cette saison, Pecco Bagnaia se sait contraint à la perfection pour tenter de renverser Jorge Martín. En attendant, on sent déjà les regrets poindre chez Ducati.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Davide Tardozzi, team manager de l'équipe officielle Ducati, l'avoue : il est ennuyé de voir le tableau qui se dégage du championnat alors qu'il ne reste plus que deux manches à disputer. Son pilote, Pecco Bagnaia, ressort comme le plus victorieux à ce stade de la saison, avec neuf Grands Prix remportés sur les 18 disputés, contre trois qui sont revenus à Jorge Martín.

La différence entre eux s'est creusée sur des détails, ou presque. Ils affichent en effet le même nombre de podiums au total (14) et six victoires de sprints chacun. En revanche, l'Espagnol a fini plus souvent dans le trio de tête de ces courses du samedi et il a enregistré moins de scores vierges sur l'ensemble : deux le samedi et deux le dimanche, contre quatre et trois respectivement pour Bagnaia. Suffisant pour alimenter cet écart de 17 points entre eux sur les 666 qui ont été distribués jusqu'ici.

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Des chutes, parfois de mauvaises sensations avec ses pneus, mais aussi des erreurs tactiques que le pilote a régulièrement pointées du doigt, et pas plus tard que samedi lorsqu'il a terminé troisième d'un sprint qu'il espérait gagner : voilà autant d'éléments ayant perturbé les plans de Pecco Bagnaia dans sa lutte pour un troisième titre consécutif.

"Au final, si je dois dire ce qui m'ennuie un peu, c'est que Pecco ait gagné la moitié des courses et qu'il soit deuxième du championnat. C'est quelque chose qui doit nous faire réfléchir pour l'avenir, aussi bien lui que nous", admet Davide Tardozzi à l'édition italienne de Motorsport.com, concédant le besoin de minimiser les erreurs qui sont du fait de l'équipe et du pilote. "Nous avons commis quelques erreurs de trop en course, il ne faut pas que cela se reproduise dans un futur proche. Mais avoir un pilote qui a gagné la moitié des courses, c'est important."

Le responsable italien salue aussi le travail psychologique mené par Jorge Martín afin de mieux répondre aux enjeux d'un championnat mené en candidat au titre, avec la pression que cela comporte. "Après avoir perdu le championnat l'année dernière, Jorge a très bien compris qu'il avait besoin de se faire aider sur le plan émotionnel. Je crois que l'hiver dernier, il a beaucoup progressé au niveau mental et il est en train de le mettre en pratique. Ça n'est pas un hasard s'il est leader du championnat. Quand il faut assurer, il assure, ce qu'il n'aurait pas fait l'année dernière ou par le passé", observe Tardozzi.

Le résultat est effectivement sans appel, à en juger par la grande stabilité affichée par Martín, qui se traduit par une régularité payante au championnat. C'est d'autant plus le cas depuis le retour de la pause estivale : il a, entre autres, cumulé sept deuxièmes places et une victoire avec pour seul faux pas sa 15e place à Misano, alors que Bagnaia a obtenu trois victoires, mais seulement une deuxième place et trois troisièmes places, en plus de deux abandons.

Le championnat de Martín et Bagnaia après 18 GP sur 20 :

Pos. Pilote Pts Qatar Portugal United States Spain France Spain Italy Netherlands Germany United Kingdom Austria Spain San Marino Italy Indonesia Japan Australia Thailand
1 SpainJ. Martín 453 28 32 20 12 37 26 16 29 12 29 29 29 13 29 25 26 32 29
2 ItalyP. Bagnaia 436 31 6 13 25 16 25 37 37 32 16 37 1 29 12 28 37 22 32

Malgré les regrets d'ores et déjà exprimés par Bagnaia et son team manager, l'affaire n'est pas encore jouée. Avec deux Grands Prix restants, la situation peut toujours s'inverser et l'écart entre les deux leaders reste suffisamment ténu pour le permettre. Bagnaia mise donc sur son meilleur atout : sa capacité à résister à la pression, voire à se transcender lorsqu'il est ainsi au pied du mur.

"Franchement, je ne baisse jamais les bras", prévient le double champion du monde en titre, sacré en 2022 après avoir effacé le plus gros retard comblé par un champion, puis en 2023 en venant à bout de son rival lors du dernier Grand Prix. "Je crois toujours dans ce que je peux faire, dans mon équipe, mon travail à la maison, en moi. Donc tant que j'ai une chance, je ne vais jamais baisser les bras. J'ai toujours été comme ça, je le serai chaque saison. Je fais toujours le maximum et ça sera toujours le cas."

Soulignant que sa victoire de dimanche compte surtout psychologiquement car elle intervient après cette "erreur" commise samedi par excès de prudence, Bagnaia sait qu'il n'a finalement récupéré que trois petits points sur l'ensemble du week-end thaïlandais et que l'avantage reste à Martín.

"Il a gagné deux points [samedi] mais à cause d'une erreur de notre part. [Dimanche], on en a gagné cinq et pas plus. D'un point de vue mental, cette victoire compte plus pour moi, mais dans une journée difficile il a quand même fini deuxième. C'est très similaire à l'année dernière, au Japon, où il a gagné et où j'ai terminé deuxième. Mais c'est plus pour nous que ça compte, parce que pour la énième fois, on était en difficulté et on a réussi à faire la différence."

"Au final, on est dans une situation où l'on est les plus forts", ajoute Bagnaia pour résumer son duel avec Martín, qui se joue essentiellement parmi les premières places. "Il faut exploiter ça, essayer de faire le maximum. Si je remportais les quatre courses restantes et qu'il faisait deuxième, il gagnerait quand même le titre. Mais j'imagine mal que pouvoir tout gagner et qu'il puisse faire deuxième à chaque fois, alors on verra."

Propos recueillis par Lorenza D'Adderio

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